Imaginary interview

Imaginary interview with Charles VII

by Charactorium · Charles VII (1403 — 1461) · Politics · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Mehun-sur-Yèvre, hiver 1460. Dans une chambre tendue de tapisseries où crépite une cheminée immense, le roi Charles VII reçoit, le visage marqué par l'inquiétude. Au-dehors coule l'Yèvre ; au-dedans, un homme qui fut « roi de Bourges » et qui mourra roi de toute la France, hormis Calais, accepte de revenir sur sa longue marche.

On vous a longtemps appelé le « roi de Bourges ». Comment avez-vous porté ce surnom dans vos premières années de règne ?

Ce nom, mes ennemis me le jetaient comme une pierre. À la mort de mon père Charles VI en 1422, je ne tenais que le centre et le midi du royaume ; Paris, Reims, le nord obéissaient aux Anglais et au duc de Bourgogne. Je tenais ma cour à Bourges, et l'on me nommait par dérision « le soi-disant dauphin ». Le pire n'était pas la perte des villes, mais le traité de Troyes de 1420, signé de la main de mon propre père, qui me chassait du trône au profit d'Henri d'Angleterre. Quand on doute déjà de vous dans votre maison, le sarcasme du dehors entre jusqu'à l'os. J'ai vécu ces années comme une attente : que Dieu, qui connaît les vrais rois, finisse par parler.

Quand on doute déjà de vous dans votre maison, le sarcasme du dehors entre jusqu'à l'os.

Le sacre de Reims, en juillet 1429, fut-il pour vous une cérémonie politique ou une réponse à une blessure plus intime ?

Les deux ne font qu'un. On murmurait, depuis que ma mère Isabeau avait laissé planer le doute, que je n'étais peut-être pas fils de roi. Comment régner sur un peuple quand le sang même vous est contesté ? Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, l'archevêque m'oignit de l'huile de la Sainte Ampoule, celle-là même qui sacre les rois de France depuis Clovis. Sous la couronne du sacre, je n'étais plus le « roi de Bourges » : j'étais l'oint du Seigneur, et nul traité d'homme ne pouvait défaire ce que le ciel scellait. Ce jour-là, la huile sainte a répondu à ce que ni mon père ni ma mère n'avaient voulu affirmer. Je suis sorti de cette église un autre homme que celui qui y était entré.

Sous la couronne du sacre, nul traité d'homme ne pouvait défaire ce que le ciel scellait.

Racontez-nous cette première rencontre avec Jeanne d'Arc, à Chinon, au début de l'année 1429.

On m'avait dit qu'une fille de Lorraine prétendait être envoyée de Dieu pour me mener au sacre. Méfiant — car les temps étaient aux folies et aux faux prophètes —, je me suis dissimulé parmi mes courtisans, dans la grande salle de Chinon, laissant un autre prendre ma place. Selon ce qu'on rapporte, elle traversa la foule sans hésiter et vint droit à moi, comme si une lumière me désignait. Je ne sais ce qu'elle voyait ; je sais ce que j'ai ressenti : qu'une force au-dessus de la mienne avait choisi cette enfant pour me parler. Cette reconnaissance fit plus pour ma résolution que tous les conseils de mes capitaines. Je lui confiai une armée, et elle leva le siège d'Orléans.

Je ne sais ce qu'elle voyait ; je sais qu'une force au-dessus de la mienne avait choisi cette enfant.

Lorsqu'elle fut capturée par les Bourguignons en 1430, vous n'avez rien tenté pour la sauver. Comment vivez-vous ce silence ?

Vous touchez là où la conscience d'un roi se trouble. Prise devant Compiègne en 1430, vendue aux Anglais, jugée et brûlée à Rouen en 1431, et moi — je n'ai ni racheté ni négocié. Les uns disent que mes coffres étaient vides, les autres que mes conseillers la jugeaient encombrante. Un roi n'agit pas toujours selon son cœur, mais selon ce que ses gens lui pressent de faire ; et pourtant cela ne lave rien. Vingt-cinq ans plus tard, en 1456, j'ai ordonné le procès en réhabilitation qui annula sa condamnation pour hérésie. On y rétablit son honneur — et, je l'avoue, la légitimité de mon propre sacre, qu'une sorcière condamnée aurait souillé. Mais nul jugement ne ramène une âme du bûcher. Cela, je le porte.

Nul jugement ne ramène une âme du bûcher. Cela, je le porte.

Votre œuvre la plus durable fut peut-être militaire. Pourquoi avoir voulu une armée permanente là où vos prédécesseurs s'en remettaient à leurs vassaux ?

Parce que l'ost féodal m'a trahi cent fois. Les seigneurs venaient avec leurs hommes quand il leur plaisait, repartaient aux moissons, et entre deux campagnes leurs soudards démobilisés — les routiers — pillaient mes propres villages comme des loups. Un roi qui dépend du bon vouloir de ses barons n'est pas un roi, c'est un suppliant. En 1445, j'ai institué les compagnies d'ordonnance : des cavaliers soldés, disciplinés, payés de ma main et n'obéissant qu'à moi. En 1448, j'y ai joint les francs-archers, un homme d'armes par paroisse, exempté de taille en échange de son service. Pour la première fois, la force du royaume cessa d'être prêtée par d'autres : elle était mienne. C'est avec cette armée-là, et non avec les promesses des grands, que j'ai bouté les Anglais hors de France.

Un roi qui dépend du bon vouloir de ses barons n'est pas un roi, c'est un suppliant.
German:  Bildnis des Kurprinzen Karl Albrecht von Bayern (1697-1745) Elector Charles Albert of Bavieratitle QS:P1476,de:"Bildnis des Kurprinzen Karl Albrecht von Bayern (1697-1745) "label QS:Lde,"Bil
German: Bildnis des Kurprinzen Karl Albrecht von Bayern (1697-1745) Elector Charles Albert of Bavieratitle QS:P1476,de:"Bildnis des Kurprinzen Karl Albrecht von Bayern (1697-1745) "label QS:Lde,"BilWikimedia Commons, Public domain — Pierre Goudreaux

Une armée coûte cher. Comment avez-vous trouvé l'or pour la nourrir ?

Voilà la question que mes prédécesseurs craignaient de poser. Une armée permanente exige une bourse permanente ; or jusqu'à moi, l'impôt se mendiait aux États généraux, qui marchandaient chaque écu. En 1439 et 1440, j'ai obtenu le droit de lever la taille sans convoquer les États — un impôt direct, régulier, levé sur les roturiers du royaume. Dès lors je n'avais plus à tendre la main : mes compagnies étaient soldées, mes maîtres de l'artillerie, les frères Bureau, fondaient leurs bombardes. L'argent et le canon vont ensemble. Certains m'ont reproché d'avoir affranchi la couronne du consentement des sujets ; je réponds qu'un royaume sans armée payée est un royaume livré aux Anglais et aux pillards. La taille fit la paix bien plus sûrement que les prières.

Une armée permanente exige une bourse permanente : l'argent et le canon vont ensemble.

La reconquête s'acheva par une série de victoires. Vous souvenez-vous du tournant qui rendit la fin de la guerre inévitable ?

Tout bascula par la Normandie. En 1449, mes armées y entrèrent méthodiquement, ville après ville, et à Formigny, en 1450, l'armée anglaise fut brisée en rase campagne. Ce n'était plus le temps des chevauchées désespérées : nous avancions comme une marée qui ne reflue pas. Puis vint la Guyenne, anglaise depuis trois siècles, qu'il fallut reprendre. Ce qui changea tout, ce fut le canon : les bombardes des frères Bureau réduisaient les murailles que jadis on assiégeait des années. L'Angleterre, qui m'avait nommé « soi-disant dauphin », voyait désormais ses forteresses tomber au fracas de la poudre. La confiance que Jeanne avait rendue aux Français à Orléans s'était muée en une machine de guerre patiente et implacable.

Nous avancions comme une marée qui ne reflue pas.

Castillon, en 1453, mit fin à plus d'un siècle de guerre. Que représente pour vous cette dernière bataille ?

À Castillon, le 17 juillet 1453 — vingt-quatre ans jour pour jour après mon sacre, comme si Dieu avait voulu boucler le cercle —, l'artillerie de mes frères Bureau écrasa l'armée du vieux Talbot, ce capitaine que les Anglais croyaient invincible. Il tomba dans la boue de Guyenne avec ses hommes, fauchés par les bombardes retranchées dans leur parc. Ce jour-là, la guerre de Cent Ans s'éteignit ; il ne resta aux Anglais que Calais, une épine sur ma côte. Songez : j'avais commencé roi d'un demi-royaume moqué, et je finissais maître de presque toute la terre de France. Je n'ai pas crié victoire dans les rues — la mélancolie ne me quitte guère —, mais ce soir-là, j'ai rendu grâce, car un siècle de malheur s'achevait sous mon règne.

J'avais commencé roi d'un demi-royaume moqué ; je finissais maître de presque toute la France.

Au-delà des armes, vous avez voulu réformer l'Église de France. Qu'est-ce qui vous y poussait ?

Un roi sacré par l'huile sainte a charge de l'Église de son royaume autant que de ses armées. En 1438, à Bourges, j'ai promulgué la Pragmatique Sanction : les évêques de France seraient élus par leur clergé et non plus nommés depuis Rome, et le pape cesserait de puiser dans les bénéfices de mon royaume comme dans sa propre escarcelle. On nomma plus tard cette voie le gallicanisme : une Église de France fidèle au Saint-Siège dans la foi, mais libre dans son gouvernement. Je ne combattais pas le pape — Dieu m'en garde, je suis fils obéissant de l'Église —, je défendais l'ordre de mon royaume contre des ingérences lointaines. Le roi très-chrétien doit veiller sur ses clercs comme un père sur sa maisonnée.

Une Église de France fidèle au Saint-Siège dans la foi, mais libre dans son gouvernement.

Vous avez aussi voulu mettre le droit par écrit. Que cherchiez-vous en ordonnant la rédaction des coutumes ?

Une terre où chaque pays a sa coutume, transmise de bouche en bouche, est une terre où la justice flotte au gré des mémoires et des intérêts. En avril 1454, par l'ordonnance de Montils-lès-Tours, j'ai prescrit que « les coustumes, usages et stilles de chascun pays de nostre royaume soient rédigez et mis en escript ». Ce qui est écrit ne se dispute plus comme ce qui se raconte : le sujet sait son droit, le juge sait sa règle, et le roi sait que sa justice est une partout. J'ai voulu pour le droit ce que j'avais voulu pour l'armée et l'impôt : non plus le hasard des hommes, mais l'ordre durable. On bâtit un royaume avec des murailles et des canons, mais on le tient avec des lois couchées sur le parchemin.

Ce qui est écrit ne se dispute plus comme ce qui se raconte.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Charles VII's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.