Imaginary interview

Imaginary interview with Charles VII

by Charactorium · Charles VII (1403 — 1461) · Politics · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Deux élèves de cinquième visitent une forteresse du Val de Loire avec leur classe. Dans une grande salle voûtée, un vieux roi fatigué accepte de répondre à leurs questions. Il s'appelle Charles VII.

C'est vrai qu'on vous appelait « le roi de Bourges » ? Ça vous vexait ?

Oui, mon enfant, et ce surnom me blessait. Quand mon père Charles VI est mort en 1422, je me suis proclamé roi. Mais je ne tenais qu'une partie du centre et du sud du royaume. Les Anglais et les Bourguignons, eux, tenaient Paris et tout le nord. Alors mes ennemis riaient : « Regardez, il n'est même pas roi de France, juste roi de Bourges ! » Imagine qu'on te donne un grand titre, mais que tu n'aies presque rien dans les mains. C'était ma situation. Bourges abritait ma cour et mon administration. C'était ma capitale par défaut. Et chaque jour, je devais prouver que j'étais bien le vrai roi.

On me donnait un grand titre, mais je n'avais presque rien dans les mains.

Pourquoi votre propre famille ne voulait pas que vous soyez roi ?

Ah, c'est la chose la plus dure de mon enfance. En 1420, mon père a signé le traité de Troyes. Par ce texte, il me déshéritait et donnait la couronne au roi d'Angleterre. Tu imagines ? Mon propre père. Et ma mère, Isabeau de Bavière, laissait courir une rumeur affreuse : que je n'étais peut-être pas le fils du roi. Quand on est jeune et qu'on entend ça, on doute de tout, même de soi. Moi-même, parfois, je me demandais si j'avais vraiment le droit de régner. Ce doute m'a suivi longtemps. C'est pour ça que plus tard, le sacre comptera tant pour moi.

Quand ton propre père te déshérite, tu finis par douter de qui tu es.

On dit que vous vous étiez caché pour tester Jeanne d'Arc. C'est vrai ?

Oui ! C'était à Chinon, en 1429, dans la grande salle de ma forteresse. Cette jeune paysanne disait être envoyée par Dieu pour me faire sacrer roi. Moi, je me méfiais. Alors je me suis glissé au milieu de mes courtisans, habillé simplement, pour voir si elle me reconnaîtrait. Et tu sais quoi ? Elle est venue droit vers moi. Sans hésiter. Comme si elle me connaissait déjà. Ça m'a bouleversé. Souviens-toi que je doutais de ma légitimité depuis l'enfance. Et voilà qu'une bergère me regardait comme le seul vrai roi de France. Ce jour-là, j'ai accepté de lui confier une armée.

Une bergère m'a regardé comme le vrai roi, alors que j'en doutais moi-même.

C'était comment, le jour de votre sacre à Reims ?

Le plus beau jour, et pourtant je tremblais. Le 17 juillet 1429, j'entre dans la cathédrale de Reims, Jeanne à mes côtés avec sa bannière. On m'oint le front avec l'huile de la Sainte Ampoule, cette fiole sacrée qui sert depuis des siècles à sacrer les rois de France. Tu comprends ce que ça veut dire ? Le sacre, c'est la cérémonie où le roi devient roi pour de vrai, choisi par Dieu. À cet instant précis, le traité de Troyes ne valait plus rien. Mes ennemis pouvaient dire ce qu'ils voulaient. J'étais désormais le roi sacré. Personne ne pouvait plus me l'enlever.

Une fois oint à Reims, plus aucun papier ne pouvait m'enlever ma couronne.

Pourquoi vous n'avez rien fait pour sauver Jeanne quand elle a été prise ?

Tu touches là à mon plus grand remords. En 1430, Jeanne est capturée devant Compiègne par les Bourguignons, puis vendue aux Anglais. Et moi… je n'ai rien tenté. Ni racheter, ni négocier, ni envoyer une armée. Pourquoi ? La guerre était compliquée, j'avais peur de tout perdre, et certains conseillers se méfiaient d'elle. Mais ce sont des excuses, mon enfant. Elle a été brûlée à Rouen en 1431. Vingt-cinq ans plus tard, en 1456, j'ai enfin ordonné un procès pour annuler sa condamnation et laver sa mémoire. C'était juste, mais bien tard. On ne répare jamais vraiment un silence comme celui-là.

On ne répare jamais vraiment le silence qu'on a gardé trop longtemps.

C'était quoi le problème avec les soldats, à votre époque ?

Un vrai fléau, mon enfant. Entre les batailles, les soldats n'étaient plus payés. Alors ces bandes, qu'on appelait les routiers, pillaient les villages, volaient les paysans, brûlaient les récoltes. Imagine des hommes armés qui débarquent chez toi et prennent tout, sans que personne ne les arrête. C'était ça, la France de ma jeunesse. Chaque seigneur amenait ses propres hommes, et le roi ne commandait rien vraiment. Il fallait que ça cesse. Un royaume où les soldats font peur à leur propre peuple, ce n'est pas un royaume, c'est un désordre. J'ai compris qu'un vrai roi devait tenir ses armées lui-même.

Des soldats qui pillent leur propre peuple, ce n'est pas une armée, c'est un désordre.
German:  Bildnis des Kurprinzen Karl Albrecht von Bayern (1697-1745) Elector Charles Albert of Bavieratitle QS:P1476,de:"Bildnis des Kurprinzen Karl Albrecht von Bayern (1697-1745) "label QS:Lde,"Bil
German: Bildnis des Kurprinzen Karl Albrecht von Bayern (1697-1745) Elector Charles Albert of Bavieratitle QS:P1476,de:"Bildnis des Kurprinzen Karl Albrecht von Bayern (1697-1745) "label QS:Lde,"BilWikimedia Commons, Public domain — Pierre Goudreaux

Et comment vous avez réussi à arrêter ça ?

En 1445, j'ai créé les compagnies d'ordonnance. C'était la première armée permanente de France. Des cavaliers professionnels, disciplinés, payés régulièrement par moi, le roi. Tu vois la différence ? Avant, les soldats pillaient pour vivre. Maintenant, ils touchaient une solde, alors ils obéissaient. J'ai même créé les francs-archers en 1448 : chaque village devait fournir un archer, dispensé d'impôt en échange. Petit à petit, la force des armes est devenue celle du roi seul, plus celle des seigneurs. Et grâce à cette armée moderne, avec les terribles canons des frères Bureau, j'ai pu enfin chasser les Anglais.

Un soldat qu'on paie obéit ; un soldat qu'on abandonne pille.

C'était quoi votre arme la plus impressionnante contre les Anglais ?

La bombarde ! Un énorme canon de bronze qui crachait des boulets de pierre dans un fracas terrible. Mes maîtres de l'artillerie, les frères Bureau, en étaient les rois. Imagine le sol qui tremble, la fumée, le bruit qui fait fuir les chevaux. À Castillon, en 1453, leurs canons ont écrasé l'armée anglaise du fameux Talbot. Ce fut la dernière bataille de la guerre de Cent Ans, après plus d'un siècle de combats ! Les Anglais quittaient enfin le continent, sauf Calais. Mon armée était devenue la plus moderne d'Europe. Et tout ça, grâce à la poudre et au métal, pas seulement au courage des chevaliers.

Ce n'est plus la lance des chevaliers qui gagna la guerre, mais le canon.

Pour faire tout ça, il vous fallait de l'argent. Vous le preniez où ?

Bonne question, jeune homme ! Une armée permanente, ça coûte très cher. Or, avant moi, le roi devait demander l'argent aux États généraux, une grande assemblée. Long et compliqué. Alors en 1439, j'ai obtenu le droit de lever un impôt direct, la taille, sans devoir leur demander la permission à chaque fois. C'était une petite révolution. Désormais, j'avais des revenus réguliers, année après année, pour payer mes soldats. Comprends bien : qui tient l'argent et l'armée tient le royaume. Ce pouvoir-là, aucun roi de France ne l'avait jamais eu aussi solidement. C'est ainsi qu'on bâtit un État qui dure.

Qui tient l'argent et l'armée tient le royaume.

Vous avez aussi changé des lois ? Pourquoi c'était important ?

Oui, et j'en suis fier. À mon époque, chaque région avait ses propres coutumes, ses propres règles, souvent transmises de bouche à oreille. Un vrai casse-tête ! En 1454, par l'ordonnance de Montils-lès-Tours, j'ai ordonné qu'on mette toutes ces coutumes par écrit, officiellement. Le texte disait qu'elles soient « rédigez et mis en escript ». Pourquoi ? Pour que la justice soit la même pour tous et qu'on arrête les disputes sans fin. J'ai aussi affirmé, par la Pragmatique Sanction de 1438, que l'Église de France garde son autonomie face au pape. Petit à petit, je construisais un royaume mieux organisé, plus juste.

Une règle écrite vaut mieux que cent souvenirs qui se contredisent.

Vous aviez peur de quelque chose, à la fin de votre vie ?

Oui, mon enfant, et c'est triste à dire. À la fin, je vivais au château de Mehun-sur-Yèvre, dans le Berry. Le soir, la mélancolie me prenait souvent. Mais surtout, j'avais une peur terrible : celle d'être empoisonné. Par qui ? Par mon propre fils, le futur Louis XI, avec qui j'étais en conflit. Imagine la solitude d'un roi qui se méfie de tous les plats qu'on lui sert, jusqu'à ne plus oser manger. C'est ainsi que je me suis éteint en 1461. J'avais reconquis tout un royaume, fini la guerre de Cent Ans… et je mourais en craignant ceux de mon sang.

J'avais reconquis un royaume entier, mais je tremblais devant mon propre fils.

Si on se souvient de vous aujourd'hui, vous aimeriez qu'on retienne quoi ?

Tu sais, on m'a longtemps vu comme un roi faible, indolent, celui qui se cachait à Chinon. Mais regarde ce qu'il reste après moi. J'ai trouvé un royaume déchiré, occupé, déshérité. Je l'ai laissé uni, libéré des Anglais, avec une vraie armée, un impôt solide et des lois écrites. Jeanne d'Arc m'a donné le courage de commencer ; mon obstination a fait le reste. Si tu retiens une chose, jeune visiteur, que ce soit celle-ci : on peut partir de presque rien, douter de soi, et pourtant relever un pays entier. Il faut juste ne jamais cesser d'avancer, même quand on a peur.

On peut partir de presque rien, douter de soi, et pourtant relever un pays entier.
See the full profile of Charles VII

This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Charles VII's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.