Imaginary interview

Imaginary interview with Constantine I

by Charactorium · Constantine I (272 — 337) · Politics · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Le Grand Palais de Constantinople, un soir de l'an 336. Depuis la loge impériale, on entend encore la rumeur de l'Hippodrome qui achève de se vider. L'empereur Constantin, diadème ôté pour la nuit, accepte de répondre, le regard tourné vers les eaux du Bosphore.

Revenons à l'automne 312. Que s'est-il passé avant l'affrontement avec Maxence ?

C'était l'automne 312. Maxence tenait Rome, et mes légions étaient moins nombreuses que les siennes. Un jour, avant la bataille, j'ai vu dans le ciel, au-dessus du soleil, un signe de lumière en forme de croix — mes soldats l'ont vu aussi, demande à ceux qui vivent encore. La nuit, j'ai reçu l'ordre de marquer ce signe sur leurs boucliers : le chrisme, ces deux lettres grecques entrelacées qui ouvrent le nom du Christ. Au matin, près du pont Milvius, Maxence est tombé dans le Tibre avec sa garde. Par ce signe, tu vaincras : je ne l'ai pas lu dans un livre, je l'ai porté sur l'étendard. Depuis, ce labarum marche devant mes armées.

Je ne l'ai pas lu dans un livre, je l'ai porté sur l'étendard.

On raconte cette vision de plusieurs manières. Laquelle est la vôtre ?

Mon ami Lactance, qui a instruit mon fils, dit que l'ordre m'est venu en songe, la nuit d'avant : marquer sur leurs boucliers le signe envoyé du ciel. L'évêque Eusèbe de Césarée, lui, qui a recueilli mes paroles bien plus tard, parle d'un trophée de lumière au-dessus du soleil, et jure que toute l'armée en fut témoin. Les deux disent vrai à leur façon — un homme qui marche au combat ne tient pas le compte exact de ses songes et de ses veilles. Ce que je sais, c'est que j'ai changé de signe sur mes enseignes, et que j'ai vaincu. Le reste appartient à ceux qui écriront mon histoire.

Pourquoi quitter Rome pour bâtir une ville neuve à Byzance ?

Rome m'étouffait. Trop de temples, trop de sénateurs jaloux de leurs ancêtres, et le Tibre tourné vers l'Occident quand l'Empire respirait déjà vers l'Orient. J'ai cherché une ville neuve et je l'ai trouvée à Byzance, sur ce promontoire où deux mers se touchent. De 324 à 330, j'y ai dessiné un sénat, un hippodrome, des forums, des églises. J'ai voulu mon palais collé à la loge des courses, qu'on passe du trône à l'Hippodrome sans toucher la rue. On l'a appelée de mon nom, et j'ai juré qu'aucune cité ne lui serait comparée. Je l'ai bâtie non pour mon règne, mais pour qu'elle dure bien après que ma cendre se sera tue.

Les cités grecques vous ont reproché d'avoir dépouillé leurs sanctuaires. Que leur répondez-vous ?

Une ville ne naît pas nue. Pour parer Constantinople, j'ai envoyé mes hommes dans toute la Grèce et l'Asie : ils m'ont rapporté des statues, des colonnes, des trépieds arrachés aux vieux sanctuaires. Les cités ont crié qu'on les dépouillait de leurs dieux — et c'est vrai, j'ai vidé des temples pour orner mes forums. Mais à quoi servaient ces bronzes, sinon à dormir dans l'ombre d'autels que plus personne n'arrosait de sang ? Je leur ai rendu le grand jour, le long de mes places. Que les prêtres de l'ancien monde se lamentent : leurs idoles font désormais l'ornement d'une ville chrétienne, et c'est, à mes yeux, leur plus belle fin.

En 325, vous avez réuni les évêques à Nicée. Qu'attendiez-vous d'eux ?

En 325, l'Église se déchirait pour une question : le Fils est-il l'égal du Père, ou sa créature ? Un prêtre d'Alexandrie, Arius, le tenait pour créé, et la moitié de l'Orient se rangeait derrière lui. Je n'allais pas laisser ma maison se fendre quand je venais à peine de la réunir, après ma victoire sur Licinius. J'ai convoqué les évêques à Nicée, je les ai nourris, logés, écoutés. Moi qui ne suis qu'un laïc, je me suis assis parmi eux pour qu'ils tranchent. Ils ont écrit un Credo, ils ont nommé l'arianisme hérésie. La concorde de l'Empire valait bien que l'empereur se fît portier d'un concile.

Den Haag - Mauritshuis - Peter Paul Rubens (1577-1640) - The triumph of Rome, The youthful Emperor Constantine honouring Rome c. 1622-1623
Den Haag - Mauritshuis - Peter Paul Rubens (1577-1640) - The triumph of Rome, The youthful Emperor Constantine honouring Rome c. 1622-1623Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Txllxt TxllxT

On s'étonne que le protecteur des chrétiens ait gardé le titre de grand pontife des dieux de Rome.

On s'en étonne, et moi je n'y vois nulle contradiction. Je porte le titre de pontifex maximus parce qu'un empereur ne déchire pas d'un coup le manteau de ses pères : Rome est née de ses dieux, et trop de mes sujets leur brûlent encore l'encens. Dès 314, j'avais réuni les évêques à Arles pour apaiser le donatisme, ce schisme d'Afrique où l'on se disputait de savoir si un prêtre faible pendant la persécution gardait ses pouvoirs. Je tranche les querelles des chrétiens, mais je tiens aussi le bâton des anciens cultes. La foi nouvelle gagnera par la lumière, non par l'arrachement. Mon temps fut celui d'un passage, non d'une cassure.

Vous avez changé jusqu'à l'allure de l'empereur. Pourquoi tout ce faste ?

Parce qu'un maître qu'on touche n'est plus un maître. Mes prédécesseurs se montraient en Augustus ceints d'un simple laurier, comme un général un soir de triomphe. Moi, je porte en permanence le diadème serti de gemmes et la pourpre agrafée à l'épaule, et nul autre n'a droit à cette couleur du murex sous peine de loi. Quand je reçois, mes conseillers se tiennent debout dans le consistorium tandis que je siège seul, surélevé. Ce n'est pas vanité : qui veut qu'on obéisse à un homme comme à un ordre venu du ciel doit l'entourer d'or et de silence. J'ai fait de l'empereur une image qu'on vénère avant même de l'écouter.

Hand of the monumental bronze statue of Constantine emperor 1
Hand of the monumental bronze statue of Constantine emperor 1Wikimedia Commons, Public domain — Tangopaso

Au-delà des symboles, comment tient-on un empire aussi vaste ?

Un empire se tient aussi par sa monnaie. Quand j'ai pris le pouvoir, l'or des Romains avait maigri de fraude en fraude, et plus personne n'y croyait. Vers 309, j'ai frappé le solidus, une pièce d'or à son juste poids, que l'on taille à soixante-douze dans une livre, et que nul ne pourrait rogner sans qu'on le voie. Sur l'une des faces, mon profil ceint du diadème : un visage stable pour une valeur stable. Les marchands de la Propontide, les soldats de mes frontières, tous ont retrouvé une mesure commune. On m'a fait bâtisseur d'églises et fondateur de villes ; je tiens autant à cette petite chose d'or qui, je le crois, voyagera plus loin que mes légions.

Il est un silence dans votre règne : la mort de votre fils Crispus, puis celle de votre épouse Fausta. Que pouvez-vous en dire ?

Tu touches là où la pourpre ne couvre rien. Crispus était mon aîné, mon meilleur capitaine sur le Rhin — et en 326, je l'ai fait mettre à mort. Peu après, Fausta, ma femme, est morte enfermée dans la chaleur d'un bain. On murmure qu'elle avait accusé Crispus, et qu'elle a payé son accusation de sa vie. Je ne te déroulerai pas ce que j'ai cru, ce que j'ai craint, ce qu'on m'a soufflé à l'oreille. Un empereur qui se trompe sur les siens ne se trompe qu'une fois, et le sang ne se reverse pas dans les veines. J'ai bâti bien des basiliques après cela ; certains y ont vu un homme cherchant à laver quelque chose. Qu'ils le pensent.

Il est des nuits qu'aucun labarum n'éclaire.

Vous avez attendu l'extrême fin pour recevoir le baptême. Pourquoi si tard ?

Parce que l'eau du baptême lave une seule fois, et qu'un empereur a les mains trop pleines pour se laver tôt. Toute ma vie j'ai gouverné, jugé, condamné, fait la guerre — un homme chargé de l'Empire ne peut rester sans tache. J'ai voulu garder ce bain pur pour la fin, quand je n'aurais plus rien à souiller. En 337, à Nicomédie, sentant venir le terme, j'ai dépouillé la pourpre et reçu l'eau des mains de l'évêque Eusèbe. J'avais gardé jusque-là le titre de pontifex maximus ; je l'ai quitté blanc, en simple croyant. On s'étonnera d'avoir tant attendu. Mais je n'ai jamais cru aux ruptures.

J'ai passé ma vie à faire glisser un monde d'un dieu vers un autre, sans le briser.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Constantine I's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.