Imaginary interview

Imaginary interview with Dorothy Day

by Charactorium · Dorothy Day (1897 — 1980) · Society · Spirituality · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Dorothy Day
Wikimedia Commons, Public domain — Foulke, William Dudley, 1848-1935

Fin d'après-midi au 55 East Third Street, à Maryhouse, dans le Lower East Side. Une vieille dame en robe sombre, un châle sur les épaules, fait chauffer de l'eau pour le thé tandis que, derrière la porte, la file des sans-abri s'allonge déjà. Dorothy Day s'assoit près de la fenêtre, un chapelet entre les doigts, et accepte de revenir sur soixante années de journaux, de prisons et de soupières.

Avant la foi, il y a eu Greenwich Village. Comment cette jeune femme des cafés bohèmes est-elle devenue catholique ?

J'ai été de ces nuits de Greenwich Village où l'on refaisait le monde entre deux verres, et où Eugene O'Neill me récitait par cœur The Hound of Heaven, ce lévrier du Ciel qui poursuit l'âme sans relâche. Je me croyais insaisissable. Puis ma fille Tamar est née, en 1926, sur ma petite maison de plage de Staten Island, et une joie m'a submergée, trop grande pour être adressée à personne. Il fallait bien qu'elle aille quelque part, cette gratitude. J'ai voulu la faire baptiser, puis j'ai franchi le pas moi-même, l'année suivante — au prix de la rupture avec son père, qui ne pouvait souffrir la religion. On m'a dit que je trahissais les travailleurs. J'ai écrit un livre entier pour répondre à cela.

Cette joie était trop grande pour être adressée à personne — il fallait bien qu'elle aille quelque part.

Ce livre, From Union Square to Rome, s'adresse à votre frère. Pourquoi cette forme d'une lettre à un proche ?

Parce qu'un frère ne se paie pas de belles phrases. Dans From Union Square to Rome, en 1938, j'écris pour ceux qui, comme lui, croyaient que devenir catholique c'était déserter la cause des pauvres. J'ai ouvert le livre par cet aveu : « J'écris ce livre parce que je suis catholique, et parce que tu crois que je t'ai trahi, toi et la cause des travailleurs, en le devenant. » Rien n'est plus faux. Je n'avais pas quitté Union Square pour Rome comme on change de camp ; j'y étais retournée avec un feu de plus. La foi ne m'a pas retiré des rangs des ouvriers, elle m'y a plantée pour de bon, les pieds dans la boue et le regard levé.

Le 1er mai 1933, sur Union Square, naît un journal vendu un centime. Que vouliez-vous y mettre ?

Ce jour de mai, en pleine Grande Dépression, Peter Maurin et moi avons vendu le premier numéro de The Catholic Worker au milieu de la foule d'Union Square, un centime le numéro — un prix qui n'a jamais bougé depuis. Je tenais à ce qu'il fût moins cher qu'un tract communiste. L'éditorial disait tout : « Ce petit journal est publié pour ceux qui, assis sur les bancs des parcs par cette saison froide, croient que la société les a oubliés. » Je voulais qu'un homme transi, sur un banc du parc, sache que des catholiques travaillaient pour lui, et non seulement priaient pour son âme. Un journal ne réchauffe personne. Mais il peut dire à un homme gelé qu'il n'est pas seul.

Un journal ne réchauffe personne — mais il peut dire à un homme gelé qu'il n'est pas seul.

Très vite, le journal ne suffit plus : viennent les maisons d'hospitalité. Comment cela a-t-il commencé ?

Les mots appellent les actes, sinon ils pourrissent sur le papier. Dès 1936, notre bureau du Lower East Side s'est mis à déborder : on venait pour lire The Catholic Worker, on restait parce qu'on avait faim. Alors nous avons sorti la grande marmite, mis la soupe à chauffer, ouvert les lits. Ce fut cela, une maison d'hospitalité : gîte, couvert et dignité, sans questionnaire ni sermon. Peter parlait des œuvres de miséricorde — nourrir, vêtir, héberger — non comme d'une théorie, mais comme d'une chose à faire ce soir-même, avec ce qu'on a. La soupière est notre vraie table d'autel. On y sert le Christ déguisé en clochard, et il ne faut surtout pas lui demander ses papiers.

Votre première arrestation date de 1917, à vingt ans, devant la Maison-Blanche. Vous en souvenez-vous ?

Comme si c'était hier. Novembre 1917 : j'avais vingt ans, et je manifestais pour le droit de vote des femmes quand on nous a embarquées. À la prison d'Occoquan, en Virginie, nous avons réclamé le statut de prisonnières politiques et refusé de manger — ma première grève de la faim. J'y ai découvert la faim volontaire, celle qu'on choisit, si différente de celle qu'on subit. Étendue sur ce grabat, j'ai lu les Psaumes qu'une gardienne m'avait laissés, et je me suis sentie confondue avec tous les prisonniers du monde, les justes et les brigands mêlés. Je ne le savais pas encore, mais cette cellule fut ma première leçon : on ne comprend les pauvres qu'en partageant, même un peu, leur enfermement.

J'y ai découvert la faim volontaire, si différente de celle qu'on subit.
Dorothy Day 1916
Dorothy Day 1916Wikimedia Commons, Public domain — Unknown photographer

Et la dernière, en 1973, aux côtés de César Chávez ? Cinquante-six ans séparent ces deux prisons.

En 1973, en Californie, j'avais soixante-quinze ans et je me suis assise dans un champ avec les ouvriers agricoles de César Chávez, en grève pour un salaire d'homme. Les policiers m'ont entourée ; on m'a photographiée là, une vieille femme sur son pliant au milieu des uniformes. Cette image a fait le tour du pays, et j'en ris encore : il aura fallu que je devienne vieille et lente pour qu'on me trouve enfin photogénique. Entre Occoquan et ce champ de raisins, rien n'a changé au fond : ce sont toujours des hommes qu'on traite comme des choses, et une loi qu'il faut désobéir doucement. La désobéissance civile n'est pas de la rébellion. C'est de la fidélité.

Il aura fallu que je devienne vieille et lente pour qu'on me trouve enfin photogénique.

Votre pacifisme vous a coûté cher, notamment quand la guerre a éclaté en 1939. Regrettez-vous cette intransigeance ?

Dès 1939, quand tout le pays s'apprêtait à la guerre, j'ai maintenu dans le journal que nous ne bénirions aucun fusil. Beaucoup de lecteurs nous ont quittés, des évêques ont froncé les sourcils, et nos ventes se sont effondrées. Mais l'Évangile ne connaît pas d'exception patriotique : « tu ne tueras point » ne comporte pas de note de bas de page pour les temps de guerre. On m'a traitée de naïve, de dangereuse. Je préférais perdre des abonnés que perdre l'Évangile. Plus tard, dans les années cinquante, j'ai refusé les exercices de défense civile, ces répétitions d'apocalypse où l'on faisait mine de se cacher d'une bombe atomique. On m'a arrêtée plusieurs fois pour cela. S'abriter d'une telle folie, c'était encore l'accepter.

« Tu ne tueras point » ne comporte pas de note de bas de page pour les temps de guerre.

En 1963, l'encyclique Pacem in Terris paraît. Qu'a-t-elle représenté pour vous, après tant d'années à contre-courant ?

Un soulagement immense, je l'avoue. Pendant des décennies, mon pacifisme avait paru une lubie, presque une insubordination à l'Église elle-même. Puis, en 1963, le pape Jean XXIII publie Pacem in Terris, et voilà que Rome parle de la paix comme je m'échinais à le faire depuis Union Square. Je n'ai pas éprouvé de triomphe — je n'aime pas ce mot. J'ai plutôt senti que le fil ténu que je tenais depuis trente ans était soudain relié à quelque chose de plus vaste que moi. Un vieux militant apprend à se passer d'être approuvé. Mais entendre l'Église dire tout haut ce qu'on murmurait dans le froid, cela réchauffe autant qu'un bol de soupe.

Dorothy Day, 1916 (cropped)
Dorothy Day, 1916 (cropped)Wikimedia Commons, Public domain — Unknown photographer

Vous avez choisi de vivre pauvre parmi les pauvres, sans jamais posséder de logement. Comment se déroulait une journée ordinaire ?

Elle commençait avant le jour, par la messe et le chapelet — sans ces deux-là, je ne tiendrais pas une heure. L'après-midi filait entre l'écriture pour The Catholic Worker, l'accueil des visiteurs, et la besogne très concrète des lits et des repas. Je recevais dans la même pièce un professeur venu débattre et un ivrogne venu dormir, et je vous assure qu'il n'était pas toujours facile de dire lequel des deux était le plus insupportable. Le soir, je lisais — l'Évangile, Dostoïevski, les vies de saints — et je répondais à un courrier qui n'en finissait pas. Je n'ai jamais eu de maison à moi, jamais de bien propre. Ma chambre était une cellule dans la maison des autres, et cela me convenait.

On vous appelle déjà « Servante de Dieu ». Comment recevez-vous l'idée qu'on pourrait un jour faire de vous une sainte ?

De grâce, qu'on ne me change pas en statue de plâtre. Faire de quelqu'un un saint, c'est parfois une manière commode de le ranger sur une étagère pour ne plus avoir à l'imiter. Ma pauvreté volontaire, mon chapelet, ma soupière n'ont rien d'héroïque : ce sont les gestes ordinaires que l'Évangile demande à n'importe qui. Ce que j'ai voulu tenir toute ma vie, c'est ceci, que j'ai écrit un jour : « le plus grand défi de notre temps est de mettre en œuvre les moyens d'une révolution du cœur, une révolution qui doit commencer en chacun de nous. » Une sainte serait une femme qui a réussi cette révolution. Moi, je la recommence chaque matin, et chaque matin je la rate un peu.

Faire de quelqu'un un saint, c'est parfois le ranger sur une étagère pour ne plus avoir à l'imiter.

Votre autobiographie s'intitule The Long Loneliness, la longue solitude. Un titre étrange pour une femme entourée de foules. Pourquoi ?

Parce que la foule ne guérit pas de la solitude — elle la rend seulement plus criante. Toute ma vie, j'ai vu des hommes seuls au milieu des autres, sur les bancs des parcs, dans nos dortoirs bondés, et j'ai connu moi-même ce gouffre. J'ai fini The Long Loneliness, en 1952, sur la seule chose dont je sois sûre : « nous avons tous connu la longue solitude, et nous avons appris que la seule solution est l'amour, et que cet amour naît dans la communauté. » Voilà pourquoi les maisons d'hospitalité existent. Non pour distribuer de la soupe — la soupe n'est qu'un prétexte — mais pour qu'un homme, en s'attablant, cesse un instant d'être seul. C'est cela, et rien d'autre, que j'aurai tenté de faire.

La foule ne guérit pas de la solitude — elle la rend seulement plus criante.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Dorothy Day's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.