Imaginary interview

Imaginary interview with Etty Hillesum

by Charactorium · Etty Hillesum (1914 — 1943) · Spirituality · Literature · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'une vieille maison d'Amsterdam, leur carnet à la main. Une jeune femme aux yeux vifs les accueille avec un sourire. Elle s'appelle Etty, elle aimait écrire, et elle a accepté de tout leur raconter.

Vous aviez quel âge quand vous avez commencé à écrire votre journal ?

J'avais vingt-sept ans, mon enfant. C'était en mars 1941, et figure-toi que je ne savais même pas par où commencer. C'est un homme étrange qui m'a poussée à le faire : Julius Spier. Il lisait dans les mains des gens, leur caractère, comme on lit une carte de pays. On appelait ça un chirologue. Il m'a dit : écris pour mieux te connaître. Alors j'ai pris des cahiers d'écolier, tout simples, comme les tiens. Imagine huit petits cahiers remplis jour après jour. Au début, j'écrivais sur mes peurs, mes amours, mes colères. Je ne pensais pas une seconde que ces pages te parviendraient un jour.

Écris pour mieux te connaître, m'avait-il dit.

Et vos cahiers, comment ils ont fait pour ne pas être perdus ?

Ah, ça, c'est grâce à une amie au grand cœur, Maria Tuinzing. Tu sais, quand on est emporté loin de chez soi, on ne peut presque rien emporter. Alors avant de partir, j'ai confié mes huit cahiers à Maria. Elle les a cachés, gardés précieusement pendant des années. C'était comme garder une bougie allumée dans le noir. Sans elle, mes mots auraient disparu pour toujours. Imagine un trésor enveloppé dans du papier, qui attend patiemment, des années et des années, que quelqu'un ose enfin l'ouvrir. C'est ça qui s'est passé. Mes pensées de jeune femme ont traversé le temps jusqu'à toi.

C'était comme garder une bougie allumée dans le noir.

Vous pouviez vous cacher pour échapper aux nazis. Pourquoi vous êtes pas partie ?

C'est la question que tout le monde me posait, mon enfant. Mes amis me suppliaient : cache-toi, fuis ! J'avais des occasions de me sauver, c'est vrai. Mais j'ai écrit ceci, un jour de juillet 1942 : « Je ne veux pas me défiler. Je ne peux pas. Si je me planquais, je perdrais ma raison d'être. » Tu comprends ? Si je me sauvais seule, je trahissais tous les autres. Je voulais rester avec mon peuple, partager exactement ce qu'ils vivaient. Pas pour souffrir bêtement. Pour être un cœur qui pense au milieu d'eux, pour aider, pour témoigner. Fuir, ça aurait été m'éteindre par l'intérieur.

Si je me planquais, je perdrais ma raison d'être.

C'était quoi, le Conseil juif, où vous avez travaillé ?

C'était une drôle de chose, et plutôt triste, je te préviens. Les nazis avaient obligé les Juifs à créer un bureau, le Conseil juif, pour s'occuper de la paperasse entre eux et nous. Le problème, c'est qu'on y gérait aussi les listes des gens à emmener loin. Tu imagines la position terrible ? J'y suis entrée comme employée en 1942. Beaucoup détestaient ce bureau, et je les comprenais. Mais moi, j'y ai vu une porte pour aller vers ceux qui souffraient le plus, au camp. C'était comme tenir la main de quelqu'un au bord d'un précipice. On ne peut pas toujours empêcher la chute, mais on peut rester présent.

C'était comment, le camp de Westerbork, où vous viviez ?

Westerbork, c'était un camp de baraquements en bois, posé au milieu d'une lande plate et venteuse, dans le nord du pays. On y était entassés à des centaines, sur des lits superposés en planches. Le froid mordait, et une couverture de laine valait plus qu'un trésor. Mais ce n'était pas une prison comme tu imagines : c'était une salle d'attente. Une salle d'attente vers l'horreur. Les gens arrivaient, restaient un peu, puis repartaient en train. Pourtant, même là, j'ai écrit ces mots : « Malgré tout, je trouve cette vie belle. » Au milieu de la boue, je regardais encore le ciel et les fleurs de bruyère.

Malgré tout, je trouve cette vie belle.
Etty Hillesum
Etty HillesumWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Ytzen

Pourquoi vous parlez tout le temps des mardis dans vos lettres ?

Parce que le mardi était devenu le jour le plus terrible de la semaine, mon enfant. Dinsdag, on disait, « mardi » en néerlandais. Chaque mardi, un long train de wagons partait du camp vers l'Est, vers un endroit dont personne ne revenait. Toute la nuit d'avant, on entendait des pleurs, on lisait les listes des noms. On appelait ça doorsturen, « envoyer plus loin », un mot froid de bureau pour cacher une chose épouvantable. J'écrivais des lettres à mes amis d'Amsterdam pour raconter ces matins-là. Elles circulaient en cachette. Imagine une lettre qui passe de main en main, lue à voix basse, parce que la vérité devait sortir des barbelés.

Comment vous faisiez pour rester courageuse, enfermée derrière les barbelés ?

Tu sais, le courage ne venait pas d'un coup, comme par magie. Il venait des livres et du silence. J'emportais toujours deux compagnons : la Bible, surtout les Psaumes, et un petit livre de Rilke, un poète, les Lettres à un jeune poète. Le soir, je les lisais et je priais. Et puis j'ai écrit cette phrase, qui m'a sauvée : « Je vis librement à l'intérieur, même si je suis entourée de barbelés. » Tu comprends ? On pouvait fermer mon corps dans un camp, mais pas mon âme. Imagine une fenêtre tout en haut d'une tour : même prisonnière, je pouvais regarder le ciel par cette fenêtre-là.

Je vis librement à l'intérieur, même si je suis entourée de barbelés.
EttyHillesum
EttyHillesumWikimedia Commons, Public domain — Unknown photographer

Vous aviez pas peur de mourir ?

Bien sûr que j'avais peur, parfois, comme tout le monde. Ce serait mentir de dire le contraire. Mais j'ai compris une chose étrange en écrivant mon journal. J'ai noté : « Il faut accepter la mort pour pouvoir vivre pleinement. » Tant qu'on passe sa vie à trembler de la fin, on ne vit pas vraiment, on se cache. Le jour où j'ai regardé la mort en face, sans la fuir, chaque petite chose est devenue précieuse : un morceau de pain, un rayon de soleil sur la lande, un visage ami. Imagine que tu serres très fort la main d'un être cher, justement parce que tu sais que le temps est court. C'était ça, mon secret.

Il faut accepter la mort pour pouvoir vivre pleinement.

C'est vrai que vous avez jeté une carte postale par la fenêtre du train ?

C'est tout à fait vrai, mon enfant. Le 7 septembre 1943, on nous a fait monter, ma famille et moi, dans un wagon de marchandises, de ceux où l'on transporte les bêtes. La porte était presque fermée, mais par une fente, j'ai pu lancer une carte postale griffonnée à la hâte. Elle est tombée sur les rails. Un paysan l'a ramassée, et il a eu le cœur de la poster pour moi. Dessus, j'avais écrit : « Nous avons quitté le camp en chantant. » Imagine un petit bout de papier jeté d'un train, comme une bouteille à la mer. C'était mon dernier signe, ma dernière façon de dire : je reste libre, jusqu'au bout.

Nous avons quitté le camp en chantant.

Si on vous lisait aujourd'hui, qu'est-ce que vous voudriez qu'on retienne de vous ?

Quelle belle question pour finir. Je ne voudrais pas qu'on retienne seulement la tristesse, vois-tu. Mon journal n'a été publié que bien après, en 1981, longtemps après ma mort à vingt-neuf ans. Et des enfants comme toi le lisent encore. Ce que j'aimerais te laisser, c'est tout simple : même dans les pires moments, on peut choisir de garder un cœur qui pense et qui aime. Personne ne peut t'enlever ça. J'ai écrit dans une baraque glacée que la vie restait belle. Alors quand un jour tu auras peur, ou de la peine, souviens-toi de la petite Etty et de sa fenêtre vers le ciel. Et regarde, toi aussi, vers le haut.

Personne ne peut t'enlever un cœur qui pense et qui aime.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Etty Hillesum's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.