Imaginary interview

Imaginary interview with William Tell

by Charactorium · William Tell · Mythology · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

C'est sur le pré du Rütli, au bord du lac des Quatre-Cantons, qu'un soir de brume Walter Fürst retrouve Guillaume Tell, son gendre. L'eau clapote contre les galets, une arbalète repose contre une souche, et l'odeur de la résine descend des forêts d'Uri. Les deux hommes ont prêté serment côte à côte contre les baillis des Habsbourg ; Walter vient écouter celui qu'il a vu trembler à Altdorf, là où nul autre n'aurait osé bander son arc.

Guillaume, mon fils, j'étais sur la place d'Altdorf ce jour-là. Pourquoi avoir refusé de saluer ce chapeau planté sur la perche ?

Tu y étais, Walter, tu sais donc ce que j'ai vu : un bonnet de feutre posé sur une pique, et l'ordre de m'incliner devant lui comme devant le duc lui-même. Un chapeau ! Saluer le vide, voilà ce que Gessler exigeait pour mieux nous courber l'échine. Je passe sur la place comme un homme libre passe : la tête droite, mon enfant à la main. M'agenouiller devant ce chiffon, c'eût été agenouiller tout le pays d'Uri. Le bailli voulait un signe de soumission ; il a eu un homme qui regarde devant lui. Je n'ai pas pensé au châtiment, je te le jure. J'ai seulement pensé que ployer là, ce jour-là, c'était ployer pour toujours.

Saluer le vide, voilà ce que Gessler exigeait pour mieux nous courber l'échine.

Puis vint l'épreuve. Le bailli posa la pomme sur la tête de ton garçon. Toi qui tiens l'arc mieux que personne, qu'as-tu senti en visant ?

Je ne sentais plus le froid, Walter, ni la foule, ni même Gessler qui ricanait. Le monde s'était réduit à trois choses : la pomme, mon trait, et le front de mon fils en dessous. J'ai tiré une première flèche de mon carquois, et j'en ai glissé une seconde dans ma chemise — celle-là, tu sais pour qui je la gardais. Mes mains, qui n'avaient jamais tremblé à la chasse au chamois, voulaient trembler. Je leur ai défendu. Puis j'ai relâché la corde, et la pomme s'est ouverte en deux pendant que l'enfant restait debout, vivant. On a crié autour de moi. Moi, je n'entendais que mon propre souffle qui revenait enfin.

Le monde s'était réduit à trois choses : la pomme, mon trait, et le front de mon fils.

Cette seconde flèche que tu cachais dans ta tunique, je l'ai vue moi aussi. À qui la destinais-tu, dis-le-moi enfin franchement ?

Tu l'as vue, et tu t'es tu, en ami. Je te le dis donc tout net : si ma première flèche avait touché l'enfant, la seconde aurait trouvé le cœur de Gessler, et tant pis pour ma vie. Quand il m'a demandé pourquoi je cachais ce second trait, je n'ai pas menti — un homme qui vient de risquer son fils n'a plus de raison de mentir. C'est cette franchise qui l'a rendu fou de rage, car il a compris que la peur ne me tenait plus. Une flèche pour obéir, une flèche pour me venger : voilà ce qu'il avait fait de moi, ce bailli, en jouant avec un enfant. Il a réveillé un homme qu'il aurait mieux fait de laisser dormir.

Une flèche pour obéir, une flèche pour me venger : voilà ce qu'il avait fait de moi.

On t'a chargé de liens et jeté dans la barque sur le lac. Comment as-tu échappé à Gessler sur ces eaux tumultueuses ?

La tempête s'est levée sur le lac des Quatre-Cantons comme si le ciel lui-même prenait parti. Les rameurs du bailli, terrifiés, ne savaient plus tenir la barque ; et Gessler, ce fanfaron, a fait délier mes mains, car nul autre que moi ne connaissait assez les courants pour nous sauver. Voilà l'orgueilleux contraint de remettre sa vie à son prisonnier ! J'ai mené la barque contre une dalle de rocher, j'ai saisi mon arbalète et j'ai bondi sur la pierre plate, repoussant l'embarcation d'un coup de talon dans les vagues. Puis j'ai couru par les hauteurs, par les chemins que seul un homme d'Uri connaît. Le lac qui devait me noyer m'avait rendu libre.

Voilà l'orgueilleux contraint de remettre sa vie à son prisonnier.
Eugène Du Faget - Costume designs for Guillaume Tell - 1-3. Laure Cinti-Damoreau as Mathilde, Adolphe Nourrit as Arnold Melchtal, and Nicolas Levasseur as Walter Furst
Eugène Du Faget - Costume designs for Guillaume Tell - 1-3. Laure Cinti-Damoreau as Mathilde, Adolphe Nourrit as Arnold Melchtal, and Nicolas Levasseur as Walter FurstWikimedia Commons, Public domain — Adam Cuerden

Et le bailli ? On murmure dans les cantons que tu l'as attendu au passage. Raconte-moi ce qui s'est joué là.

Je l'ai devancé sur le chemin creux qu'il devait prendre pour regagner son château, là où la route se resserre entre les rochers. Je n'ai pas frappé un homme dans son sommeil, Walter : j'ai attendu celui qui avait mis ma famille en joue, celui qui pressurait nos vallées et riait de nos serments. Quand il a paru, ma flèche est partie — la même adresse qui avait sauvé mon fils a abattu son bourreau. Certains diront que c'est un meurtre. Moi je dis que c'est la fin d'un tyran, et qu'il n'y avait pas d'autre tribunal pour le juger que celui des montagnes. Ce jour-là, la peur a changé de camp dans tout le pays d'Uri.

La même adresse qui avait sauvé mon fils a abattu son bourreau.

Te souviens-tu de la nuit où nous nous sommes réunis ici même, sur ce Rütli, hommes d'Uri, de Schwyz et d'Unterwald ?

Comment l'oublierais-je, toi qui m'as pris la main dans la tienne sous les étoiles ? Nous étions venus en secret, par les barques et par les sentiers, pour ne pas réveiller les espions du bailli. Trois vallées, trois peuples, mais un seul cœur ce soir-là. Nous avons juré de nous porter secours comme des frères, de ne plus souffrir de juge étranger sur nos terres, et de tenir ce serment jusque dans nos fils. Ce n'était pas une révolte d'un seul homme, Walter — c'était une Confédération qui naissait dans la rosée du matin. Moi, l'archer d'Uri, je n'étais qu'une voix parmi les vôtres. Mais quelle voix, quand mille bouches disent ensemble : plus jamais.

Trois vallées, trois peuples, mais un seul cœur ce soir-là.
2019 Tell Monument Statue (Telldenkmal) Altdorf Uri Switzerland Ank Kumar Infosys Limited 02
2019 Tell Monument Statue (Telldenkmal) Altdorf Uri Switzerland Ank Kumar Infosys Limited 02Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Ank Kumar

Pourquoi un homme simple comme toi, chasseur de Bürglen, a-t-il rejoint notre serment contre une si grande maison que les Habsbourg ?

Parce qu'un homme simple est justement celui qui a tout à perdre, Walter. Les Habsbourg sont une grande maison, dis-tu ? Moi je n'ai qu'une maison de bois à Bürglen, une femme, des enfants, et un bout de pâturage commun. Mais cette petite maison, je la veux libre. Le bailli voulait nous traiter en serfs, lever ses droits, planter ses chapeaux et ses baillis partout où nous passons. Un seigneur lointain peut bien posséder des couronnes ; il ne possédera pas le souffle d'un montagnard d'Uri. J'ai rejoint ton serment parce que la liberté d'un seul ne vaut rien si celle du voisin est en chaînes. Nous nous tenons debout ensemble, ou nous tombons l'un après l'autre.

La liberté d'un seul ne vaut rien si celle du voisin est en chaînes.

Les bardes chantent déjà ton tir et ta flèche. Cela t'inquiète-t-il, mon fils, de te voir devenir une histoire qu'on raconte au coin du feu ?

Tu poses là une étrange question, Walter. Je ne sais pas ce qu'on dira de moi quand nos os seront poussière. Peut-être m'oubliera-t-on ; peut-être grossira-t-on mon arc jusqu'à en faire une arme de géant. Ce que je crains, ce n'est pas qu'on me raconte — c'est qu'on raconte si bien le tir à la pomme qu'on oublie le serment du Rütli. Moi, je ne suis qu'une flèche ; le vrai arc, c'est l'alliance des cantons. Si les conteurs ne gardent que l'archer et perdent la liberté qu'il défendait, alors ma légende sera un beau mensonge. Garde-leur la mémoire entière, toi qui sais. Qu'ils retiennent la pomme, soit, mais qu'ils n'oublient jamais pourquoi j'ai tiré.

Je ne suis qu'une flèche ; le vrai arc, c'est l'alliance des cantons.

Une dernière chose, Guillaume. Si l'on ne devait retenir qu'un mot de toi pour les enfants à naître, lequel laisserais-tu ?

Un seul mot ? Tu demandes beaucoup à un homme qui parle peu. Je leur dirais : tenez-vous droits. Devant le chapeau du bailli, devant la peur, devant celui qui veut vous faire ployer pour le seul plaisir de vous voir courbés — tenez-vous droits. Je n'ai pas été plus brave qu'un autre, Walter ; j'ai seulement refusé de m'agenouiller une fois, et puis une autre, jusqu'à ce que le pays entier se relève avec moi. La liberté n'est pas un don des seigneurs, c'est une chose qu'on garde chaque matin, comme on aiguise une lame. Dis-leur que l'archer d'Uri n'avait rien d'extraordinaire, sinon qu'il aimait mieux mourir debout que vivre à genoux.

Tenez-vous droits — devant le chapeau du bailli, devant la peur, devant celui qui veut vous voir courbés.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in William Tell's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.