Imaginary interview

Imaginary interview with William Tell

by Charactorium · William Tell · Mythology · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Deux élèves de douze ans, en classe découverte dans les montagnes d'Uri, ont gravi un sentier jusqu'à un vieux chalet de bois. Un homme à l'arbalète les attend devant la porte. C'est Guillaume Tell. Il pose son arme, sourit, et les invite à s'asseoir près du foyer.

Vous habitiez où, exactement ? C'était comment, votre village ?

Bienvenue chez moi, mes petits. Je viens de Bürglen, un village du canton d'Uri, niché tout en haut, là où les montagnes touchent le ciel. Imagine une vallée sans aucun bruit de moteur, juste le vent, les cloches des vaches et l'eau qui dévale. Ma maison est simple : du bois, de la pierre, un grand foyer au milieu pour cuire et se chauffer. On y dort, on y mange, parfois les bêtes partagent le toit l'hiver. Je suis un homme libre des montagnes, tu sais. Pas riche, mais personne au-dessus de moi pour me dire comment vivre. Et ça, mon enfant, ça vaut tout l'or du monde.

Pas riche, mais personne au-dessus de moi : et ça vaut tout l'or du monde.

Vous mangiez quoi le matin avant de partir ?

Oh, rien de bien grand ! Je me lève avant le jour, comme tous les paysans d'ici. Un morceau de pain bis, ce pain sombre et dense, avec du lait encore chaud et un bout de fromage dur. C'est ça, mon repas du matin. Puis, avant même de sortir, je vérifie mon arbalète et mes flèches. Toujours. Chez nous, savoir tirer n'est pas un jeu, c'est un devoir : chaque homme doit pouvoir défendre sa vallée. Imagine que tu apprends à tirer comme tu apprends à lire et à compter. Le soir venu, on se retrouve entre voisins près du feu, et on parle des choses du village. Une vie rude, mais droite.

Pourquoi vous avez refusé de saluer un simple chapeau sur un bâton ?

Ah, ce chapeau ! Tu trouves ça bête, n'est-ce pas ? Tu as raison. Le bailli Gessler — un bailli, c'est l'homme envoyé par un seigneur pour commander et juger à sa place — avait planté son chapeau au bout d'une perche, sur la place d'Altdorf. Et il ordonnait à chacun de s'incliner devant ce chapeau vide ! S'incliner devant un objet, comme si c'était lui le maître. Moi, je suis passé sans courber l'échine. Pas par orgueil, mon enfant. Mais parce qu'un homme libre ne salue pas un bout de feutre planté pour l'humilier. C'est ça, l'oppression : t'obliger à plier devant rien, juste pour te rappeler que tu obéis.

Un homme libre ne salue pas un bout de feutre planté pour l'humilier.

C'est vrai que vous avez visé une pomme posée sur la tête de votre fils ?

Oui... et même aujourd'hui, j'en frémis. Gessler était furieux de mon refus. Pour me punir, il a inventé une épreuve cruelle : poser une pomme sur la tête de mon petit garçon, et m'ordonner de la transperser d'une flèche. À cette distance ! Un seul geste de trop, et c'était mon enfant que je frappais. Imagine ta main qui doit rester ferme alors que ton cœur tremble. J'ai pris mon arc, j'ai respiré, j'ai visé. La flèche a traversé la pomme — et mon fils est resté sain et sauf. On raconte que ma main n'a pas tremblé. C'est faux. Elle tremblait. Mais l'amour tient l'arc plus droit que la peur.

L'amour tient l'arc plus droit que la peur.

Vous aviez gardé une deuxième flèche dans votre manteau, non ? Pour quoi faire ?

Tu as l'œil, toi ! Oui. Avant de tirer, j'avais glissé une seconde flèche à ma ceinture, près de mon carquois — l'étui où l'on range les traits. Quand l'épreuve fut finie, Gessler m'a demandé pourquoi. Je lui ai répondu la vérité : si ma première flèche avait blessé mon enfant, la deuxième aurait été pour lui. Pour lui seul. Ça l'a rendu fou de rage. Tu vois, mon petit, je n'étais pas un soldat avec une grande armure et une épée brillante. Juste un montagnard avec son arbalète. Mais un père qui défend son fils est plus dangereux que n'importe quel chevalier. Ça, Gessler l'a compris trop tard.

Eugène Du Faget - Costume designs for Guillaume Tell - 1-3. Laure Cinti-Damoreau as Mathilde, Adolphe Nourrit as Arnold Melchtal, and Nicolas Levasseur as Walter Furst
Eugène Du Faget - Costume designs for Guillaume Tell - 1-3. Laure Cinti-Damoreau as Mathilde, Adolphe Nourrit as Arnold Melchtal, and Nicolas Levasseur as Walter FurstWikimedia Commons, Public domain — Adam Cuerden

Et après, qu'est-ce qui est arrivé au bailli Gessler ?

Gessler m'a fait enchaîner pour me jeter dans son cachot. On m'a embarqué sur une barque, à travers le lac des Quatre-Cantons. Mais une tempête s'est levée, terrible, et les vagues secouaient le bateau comme une coquille. J'étais le seul assez fort pour tenir la rame ! Ils m'ont détaché. À l'approche du rivage, j'ai bondi sur un rocher et je me suis enfui. Plus tard, j'ai attendu Gessler sur son chemin, et c'est lui qui est tombé sous ma flèche. Ce n'était pas une vengeance d'orgueil, mon enfant. C'était la fin d'un tyran. Quand un homme te traite comme une bête, un jour la bête se redresse.

Vous n'étiez pas tout seul à vous révolter, j'imagine ?

Oh non, jamais seul ! C'est ça le plus beau de l'histoire. Sur une prairie cachée au bord du lac, le Rütli, des hommes des trois vallées se sont retrouvés en secret, la nuit. Uri, Schwyz et Unterwald — trois petits pays de montagne. Là, ils ont juré ensemble de s'entraider et de ne plus jamais courber la tête devant les Habsbourg, cette grande famille de seigneurs autrichiens qui voulait tout commander chez nous. On appelle ça le serment du Rütli. Imagine trois mains qui se serrent dans le noir, et qui décident d'être libres ensemble. Un homme seul, on le brise. Trois vallées unies, on ne les plie plus.

Un homme seul, on le brise. Trois vallées unies, on ne les plie plus.
2019 Tell Monument Statue (Telldenkmal) Altdorf Uri Switzerland Ank Kumar Infosys Limited 02
2019 Tell Monument Statue (Telldenkmal) Altdorf Uri Switzerland Ank Kumar Infosys Limited 02Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Ank Kumar

C'est de là que la Suisse est née, alors ?

C'est bien là que tout commence, oui. De ce serment est née ce qu'on appelle une Confédération — un grand mot pour dire une alliance. Plusieurs cantons, plusieurs vallées, qui restent chacun maîtres chez eux, mais qui se promettent de se défendre ensemble si l'ennemi revient. Un canton, c'est une petite région qui se gouverne seule, tu comprends ? Au fil des années, d'autres vallées sont venues nous rejoindre, et la Confédération a grandi. Nous n'avions pas de roi, nous. Pas un seul maître assis sur un trône. Des hommes libres qui se donnaient la main, voilà tout. C'est petit, une poignée de main. Mais parfois, ça fait naître un pays entier.

Comment ça se fait qu'on parle encore de vous, des siècles plus tard ?

Ah, ça me touche que tu poses la question ! Tu sais, mon histoire, on ne l'a pas écrite tout de suite. Pendant longtemps, elle a voyagé de bouche à oreille, d'un grand-père à son petit-fils, au coin du feu, l'hiver. Bien plus tard, des chroniqueurs l'ont enfin couchée sur le papier, dans de vieux livres comme le Weisse Buch, ce qu'on appelle la Chronique blanche. Et mon histoire a grandi à chaque fois qu'on la racontait. C'est ça, une légende, mon enfant : une braise qu'on se passe de main en main pour qu'elle ne s'éteigne jamais. Tant qu'un enfant veut l'écouter, le feu reste vivant.

Une légende, c'est une braise qu'on se passe de main en main.

Si vous reveniez aujourd'hui, qu'est-ce que vous voudriez qu'on retienne de vous ?

Pas mon arc, ni mon adresse au tir. Ces choses-là, on les oublie. Beaucoup plus tard, un grand poète, Friedrich Schiller, a écrit une pièce de théâtre sur moi, jouée devant des foules. Il n'a pas parlé de mon habileté à viser. Il a parlé d'un homme qui refuse de plier. Voilà ce que j'aimerais que tu gardes, mon enfant. Pas la pomme, pas la flèche — mais le courage tranquille de dire non quand on veut t'écraser. Tu n'as pas besoin d'une arbalète pour ça. Tu as ta voix, ta tête droite, et des amis à tes côtés. Sois libre, et fais-toi des alliés. C'est tout mon secret.

Tu n'as pas besoin d'une arbalète pour dire non : tu as ta voix et ta tête droite.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in William Tell's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.