Imaginary interview

Imaginary interview with Julia Domna

by Charactorium · Julia Domna (165 — 217) · Politics · Philosophy · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Julia Domna
Wikimedia Commons, Public domain — Nicolai Abildgaard

Antioche, printemps 217. Dans les appartements que la cour orientale a dressés pour l'Augusta, une femme malade reçoit encore les visiteurs, entourée de coffres à correspondance et de rouleaux grecs. Elle a régné par la plume plus que par l'épée ; elle accepte, une dernière fois, de parler à visage découvert.

Avant d'être impératrice de Rome, qui étiez-vous dans votre Syrie natale ?

Avant Rome, il y eut Émèse, sur l'Oronte, où mon père servait le dieu-soleil. Chez nous, Élagabal n'a pas de visage : il habite une pierre noire et conique, un baetyle que les prêtres promènent sur un char tiré de chevaux blancs. Enfant, j'ai respiré la fumée de l'encensoir bien avant de connaître l'odeur du Tibre. Les Romains me trouvaient étrange, cette fille d'Orient qui priait un caillou et murmurait l'araméen entre deux prières latines. Je n'ai jamais rougi de cette pierre. Un peuple qui adore ce qu'il ne peut sculpter garde le sens du mystère, et ce mystère, je l'ai porté jusque sur le Palatin.

Comment une prêtresse d'Orient est-elle devenue l'épouse d'un futur maître du monde ?

Septime Sévère ne m'a pas choisie pour mes yeux : il consultait les astres avant d'écouter son cœur. On lui rapporta qu'une fille de Syrie portait dans son thème un roi pour époux — et il me demanda pour cette raison, non pour une autre. J'avais quelques années à peine, lui gouvernait la Gaule lyonnaise. Je n'ai pas ri de la prédiction : je l'ai accomplie. Quand il ceignit la pourpre en 193, je devins Augusta, et l'horoscope de mon enfance cessa d'être une rumeur pour devenir une charge. Les dieux promettent ; c'est aux vivants de tenir la promesse jusqu'au bout.

Vous avez confié au sophiste Philostrate une tâche singulière. Racontez-nous.

J'aime les hommes qui savent, et j'aime davantage les faire écrire. Autour de moi j'avais réuni des rhéteurs, des géomètres, des médecins comme Galien — un thiase, disaient les Grecs, un cercle. À Philostrate, le plus fin de mes sophistes, j'ai remis de vieux mémoires sur Apollonios de Tyane, ce sage errant que d'aucuns prenaient pour un mage. Il l'a reconnu lui-même dans sa dédicace, où il écrit que je lui avais ordonné « de remettre en ordre et de corriger les mémoires sur Apollonios de Tyane… car tu estimes digne d'attention tout ce qui touche à la sagesse ». Il disait vrai. Un volumen bien rempli me console mieux qu'un trône.

Pourquoi un thaumaturge, plutôt qu'un empereur ou un dieu, pour héros de ce livre ?

On m'a surnommée Augusta philosopha, et ce mot me plaît davantage que Mater Castrorum qu'on grava sur les camps. Pourquoi Apollonios ? Parce qu'un homme qui traverse les empires sans armée, qui guérit et qui prophétise, en dit plus long sur le pouvoir que dix généraux victorieux. Rome adore ses conquérants ; moi, j'ai voulu qu'on se souvînt d'un sage. Dans mon cercle du Palatin, entre deux audiences, nous débattions de l'âme comme d'autres du prix du blé. Je savais que la pourpre passe. La sagesse, elle, se recopie de volumen en volumen, et voyage plus loin que les légions.

Que représentait, pour vous, tenir la correspondance officielle de l'Empire ?

Après 212, mon fils Caracalla courait les frontières, et il fallait bien que quelqu'un tînt la plume de l'Empire. Ce fut moi. Je recevais les ambassades, je répondais aux cités grecques dans leur langue et aux gouverneurs latins dans la mienne. Mes secrétaires m'apportaient les tabulae ceratae dès le lever du jour, et je dictais jusqu'à ce que la cire fût pleine. Aucune femme avant moi n'avait siégé de la sorte au consilium principis, aux côtés de juristes tels que Papinien et Ulpien. On me nommait mère des camps ; je fus aussi la mère de l'encre et du sceau.

Je fus aussi la mère de l'encre et du sceau.
Tondo showing the Severan dynasty Septimius Severus with Julia Domna, Caracalla and Geta, whose face has been erased, probably because of the damnatio memoriae put against him by Caracalla, from Djemi
Tondo showing the Severan dynasty Septimius Severus with Julia Domna, Caracalla and Geta, whose face has been erased, probably because of the damnatio memoriae put against him by Caracalla, from DjemiWikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Carole Raddato from FRANKFURT, Germany

Comment les hommes de l'Empire toléraient-ils qu'une femme exerçât ce pouvoir ?

Mal, et bien à la fois. Mal, car aucun sénateur n'aime obéir à une lettre scellée d'une main de femme. Bien, car cette main portait la pourpre et mon nom courait sur les monnaies — IVLIA AVGVSTA, frappé dans le bronze jusqu'aux confins de la Bretagne. Une pierre de Rome me nomme encore mater castrorum et senatus et patriae, mère des camps, du sénat et de la patrie. Que répondre à cela ? Le pouvoir d'une femme, à Rome, doit se draper : je le drapais dans le deuil, dans la piété filiale, dans le service de mes fils. On tolère chez une mère ce qu'on refuse à une reine. J'ai gouverné en mère, faute qu'on m'eût laissée gouverner en Augusta.

Vous souvenez-vous du jour où Caracalla a tué son frère ?

Il n'est pas de jour plus long dans une vie. Géta était venu me trouver, croyant ma chambre un sanctuaire. Caracalla entra avec ses centurions. J'ouvris les bras pour les séparer — et c'est dans mes bras qu'il l'a frappé. Dion l'a écrit sans rien adoucir : « Julia, sa mère, était avec lui lorsqu'il frappa Géta ; elle reçut une blessure à la main en voulant s'interposer, et fut aspergée du sang de son fils mourant. » Voilà tout. Le sang d'un fils sur les mains d'une mère, versé par l'autre fils. J'ai porté cette tache sans linge pour l'essuyer.

C'est dans mes bras qu'il l'a frappé.
Roman Era Bronze Statue of Empress Julia Severus (Julia Domna), Found at Sparta, 221-222 AD (28392286512)
Roman Era Bronze Statue of Empress Julia Severus (Julia Domna), Found at Sparta, 221-222 AD (28392286512)Wikimedia Commons, CC0 — Gary Todd from Xinzheng, China

Après ce meurtre, on a effacé le nom de Géta partout. Comment avez-vous traversé cela ?

Ce fut la seconde mort de Géta, plus froide que la première. Le Sénat prononça la damnatio memoriae : on martela son nom sur les inscriptions, on gratta son visage des tableaux, on fondit ses effigies. Et moi, sa mère, je devais sourire. Caracalla m'interdisait le deuil ; pleurer mon fils, c'eût été accuser l'autre. Alors j'ai reçu les félicitations comme on reçoit des coups, le visage sec et la gorge nouée. On croyait voir une impératrice sereine ; on voyait une femme qui s'interdisait de mourir de chagrin en public. Le pouvoir exige parfois qu'on trahisse jusqu'à sa propre douleur.

À Antioche, en apprenant l'assassinat de Caracalla, quelle fut votre première pensée ?

J'étais à Antioche, déjà rongée par un mal au sein qu'aucun médecin ne savait guérir. Quand on m'apprit que Macrin, ce préfet sorti de rien, avait fait tuer mon dernier fils, je n'ai pas crié. J'ai calculé. Je n'étais plus mère d'empereur, plus Augusta de rien ; on allait me renvoyer parmi les femmes ordinaires, moi qui avais tenu l'encre de l'Empire. Cela, je ne le pouvais pas. Alors j'ai cessé de m'alimenter, doucement, comme on rend une charge. Puisque le mal me prenait déjà le corps, je lui ai simplement ouvert la porte. Mourir fut ma dernière décision libre.

Mourir fut ma dernière décision libre.

Regrettez-vous d'avoir tout misé sur le pouvoir plutôt que sur une existence plus paisible ?

Paisible ? Une prêtresse d'Émèse mariée à quelque obscur officier aurait vieilli tranquille, sans doute. Mais on ne me proposa pas ce marché-là. J'ai eu la pourpre, deux fils, un cercle de sages, et le droit de commander à Philostrate comme à mes scribes — qui, née femme, pouvait rêver davantage ? Le prix fut lourd : un enfant tué par l'autre, et la solitude d'Antioche. Si je pouvais imaginer qu'on me lira dans un siècle ou deux, je voudrais qu'on retînt ceci : non la mère qui pleura, mais celle qui tint la plume quand les hommes tenaient l'épée. Le volumen survit aux légions ; c'est là, peut-être, ma seule victoire durable.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Julia Domna's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.