Imaginary interview

Imaginary interview with Mary Shelley

by Charactorium · Mary Shelley (1797 — 1851) · Literature · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Mary Shelley
Wikimedia Commons, Public domain — After Amelia Curran

Chester Square, Londres, un après-midi de brume victorienne. Dans un salon encombré de manuscrits et de portraits, une femme aux yeux graves nous reçoit près d'une lampe à huile qu'elle n'a pas éteinte malgré le jour. Mary Shelley a cinquante ans passés ; sa main repose sur une pile de feuillets — les poèmes de son mari, qu'elle édite encore.

Que gardez-vous de cet été 1816 au bord du lac Léman ?

Le froid, d'abord. On l'appelait déjà l'année sans été — un printemps de pluie sans fin, un ciel de plomb qu'aucun de nous ne comprenait, et que je sais aujourd'hui venu d'un volcan lointain. Nous étions enfermés à la Villa Diodati, au-dessus du lac : Percy, Lord Byron, le pauvre Polidori, et moi qui n'avais pas dix-huit ans. Byron, s'ennuyant de la pluie, nous lança un défi — que chacun écrive une histoire de fantômes. Les autres abandonnèrent vite. Moi je cherchais, nuit après nuit, une idée qui glacerait le sang comme le mien s'était glacé. Elle vint enfin, entre veille et sommeil : un étudiant pâle agenouillé près de la chose qu'il avait assemblée.

Byron nous lança un défi — que chacun écrive une histoire de fantômes.

D'où vous est venue l'idée d'un homme fabriqué de mains humaines ?

De l'air du temps, si l'on veut. On ne parlait autour de moi que de galvanisme — ces expériences où l'on faisait tressaillir la jambe d'une grenouille morte sous l'étincelle, où l'on prêtait à l'électricité le pouvoir de rappeler la vie. La philosophie naturelle ouvrait alors des portes devant lesquelles nos pères se seraient signés. J'ai imaginé un homme qui les franchirait toutes. Mon docteur ne vole pas le feu aux dieux comme le Prométhée antique ; il l'arrache aux cadavres. Voilà pourquoi j'ai sous-titré mon livre le Prométhée moderne : non pour glorifier l'audace, mais pour rappeler que tout feu dérobé se paie. La question n'est jamais peut-on créer — mais que devons-nous à ce que nous créons.

Mon docteur ne vole pas le feu aux dieux ; il l'arrache aux cadavres.

Beaucoup ont lu Frankenstein comme un simple récit d'épouvante. Cela vous blesse-t-il ?

On y a vu un monstre, et l'on a bien voulu frémir. Mais ma créature n'est pas née mauvaise — elle est née seule, abandonnée par celui qui l'avait tirée du néant, chassée pour sa laideur. Le vrai crime de Victor Frankenstein n'est pas d'avoir donné la vie ; c'est d'avoir fui devant elle, de n'avoir tendu ni main ni parole. J'ai grandi assez près de la solitude pour connaître ce qu'elle enfante. Quand Frankenstein parut en 1818, anonyme, précédé d'une préface de Percy, chacun crut qu'un homme l'avait écrit. On excusait la noirceur du sujet. Qu'aurait-on dit en sachant que la main était celle d'une jeune femme ? La responsabilité du créateur : voilà mon seul monstre.

Ma créature n'est pas née mauvaise — elle est née seule.

Vous n'avez jamais connu votre mère. Comment a-t-elle pourtant pesé sur votre vie ?

Elle est morte onze jours après ma naissance, et l'on m'a élevée dans son ombre plus que dans ses bras. Enfant, à Somers Town, j'allais apprendre à lire sur sa tombe, au cimetière de Saint-Pancras, en épelant les lettres de son nom gravé. Mary Wollstonecraft — l'auteure de la Vindication of the Rights of Woman — était devenue pour moi un portrait accroché au mur et des livres que je relisais sans fin. Mon père, William Godwin, m'a donné les idées ; ma mère, absente, m'a donné une exigence. J'ai grandi persuadée qu'une femme pouvait penser aussi haut qu'un homme, quoi qu'en dît le monde qui bruissait autour de mon berceau de deux philosophes.

J'allais apprendre à lire sur sa tombe, en épelant les lettres de son nom.

Écrire, pour la fille de deux célébrités des lettres, était-ce un fardeau ou une évidence ?

Une évidence, et j'en ai laissé l'aveu dans l'introduction de 1831 : fille de deux personnes d'une célébrité littéraire distinguée, il n'était guère singulier que j'eusse songé très tôt à écrire. Enfant, je griffonnais ; mon passe-temps favori, aux heures de récréation, était d'inventer des histoires. Mais l'évidence n'est pas la facilité. Dans un milieu où les poètes portaient tous des noms d'hommes, il fallait avancer avec prudence, publier sans nom, laisser Percy signer la préface. Je réclamais l'héritage wollstonecraftien tout en marchant sur une glace mince. On peut être née pour écrire et devoir malgré tout, chaque jour, demander la permission d'exister.

On peut être née pour écrire et devoir chaque jour demander la permission d'exister.
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Mary Wollstonecraft Shelley title QS:P1476,en:"Mary Wollstonecraft Shelley "label QS:Len,"Mary Wollstonecraft Shelley "label QS:Lsl,"Mary Wollstonecraft Shelley"Wikimedia Commons, Public domain — Richard Rothwell

En 1822, la mer vous a pris Percy. Comment survit-on à un tel naufrage ?

On ne survit pas ; on continue, ce qui n'est pas la même chose. Nous nous étions installés près de Lerici, dans le golfe de La Spezia — la beauté même de l'Italie, ces eaux que Percy aimait tant sillonner à la voile. Une tempête a suffi. Il avait aimé la barque comme il avait aimé le sublime, sans mesurer que la mer ne rend pas toujours ce qu'on lui confie. Je me suis retrouvée veuve à vingt-quatre ans, avec un enfant, Percy Florence, et un désert devant moi. J'ai refusé qu'on me remarie. J'avais mieux à faire : garder vivant ce qui pouvait l'être encore.

On ne survit pas ; on continue, ce qui n'est pas la même chose.

Vous avez consacré des années à publier l'œuvre de votre mari plutôt que la vôtre. Pourquoi ce choix ?

Parce que sa voix risquait de se taire, et que je ne pouvais le souffrir. En 1839, j'ai donné les Poetical Works of Percy Bysshe Shelley, chaque poème annoté, préfacé, arraché à l'oubli — un travail de fourmi et de veuve. Le monde le tenait pour un scandaleux ; je voulais qu'il le tînt pour un grand poète. On m'a jugée trop effacée d'avoir servi sa mémoire avant ma gloire. Mais j'écrivais aussi pour nous nourrir, romans et nouvelles, biographies pour les libraires. J'ai avoué un jour à Leigh Hunt combien je manquais de cette suffisance nécessaire pour affronter le monde, que je ressentais chaque dureté trop vivement. Servir une œuvre aimée fut ma manière de tenir debout.

Le monde le tenait pour un scandaleux ; je voulais qu'il le tînt pour un grand poète.
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Mary Wollstonecraft Shelley title QS:P1476,en:"Mary Wollstonecraft Shelley "label QS:Len,"Mary Wollstonecraft Shelley "label QS:Lsl,"Mary Wollstonecraft Shelley"Wikimedia Commons, Public domain — Richard Rothwell

Après Frankenstein, vous avez imaginé la fin de l'humanité entière. Qu'est-ce qui vous a menée là ?

Le deuil, sans doute. En 1826, j'ai publié The Last Man — un roman où une épidémie efface peu à peu les hommes de la terre, jusqu'au dernier, seul sur un monde vidé. On l'a trouvé sombre, on l'a mal reçu, on m'a reproché ce désespoir. Mais j'avais enterré tant des miens : mes enfants Clara et William, emportés à quelques mois d'écart en 1819, puis Percy. J'avais moi-même éprouvé ce que c'est d'être la dernière d'un cercle, la survivante d'un été de Diodati où nous étions cinq, brillants, et dont il ne restait presque personne. Écrire la fin du monde, c'était écrire la mienne.

J'avais éprouvé ce que c'est d'être la dernière d'un cercle.

Il existe un roman de vous que votre père a refusé de publier. Que renfermait-il de si redoutable ?

Mathilda. Je l'ai écrit vers 1820, dans les mois où le chagrin m'avait rendue presque étrangère à moi-même, après la mort de mes petits. C'est un récit de deuil et de ténèbres intimes, trop nu peut-être, trop proche de mes propres blessures. William Godwin, mon père, l'a jugé insoutenable et l'a gardé sous le boisseau ; il n'a paru que bien après moi, dans un siècle que je ne verrai pas. Certaines pages, on les écrit non pour les lecteurs mais pour ne pas suffoquer. J'ai passé mes nuits penchée sur ces feuillets, à la lampe à huile, quand la maisonnée dormait — comme mon docteur veillait sur son ouvrage clandestin.

Certaines pages, on les écrit non pour les lecteurs mais pour ne pas suffoquer.

Si vous pouviez imaginer qu'on vous lise dans un siècle, que voudriez-vous qu'on retienne de votre créature ?

Qu'on cesse de la confondre avec son maître. On appellera Frankenstein le monstre, je le crains, alors que Frankenstein est l'homme, et le monstre n'a pas de nom — c'est là toute sa détresse. Si l'on me lisait encore quand toutes ces querelles seront cendres, je voudrais qu'on entende la question et non le frisson : jusqu'où l'homme peut-il pousser sa philosophie naturelle avant de devoir répondre de ses œuvres ? Chaque âge aura son feu dérobé, son étincelle nouvelle arrachée à l'inconnu. Je n'ai fait qu'écrire, à dix-huit ans et par une nuit de pluie, l'avertissement le plus vieux du monde : prends garde à ce que tu appelles à la vie, car cela te réclamera des comptes.

Prends garde à ce que tu appelles à la vie, car cela te réclamera des comptes.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Mary Shelley's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.