Imaginary interview

Imaginary interview with Ulugh Beg

by Charactorium · Ulugh Beg (1394 — 1449) · Sciences · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Ulugh Beg
Wikimedia Commons, Public domain — Stanley Lane-Poole

Le ciel est encore clair au-dessus de Samarcande lorsque nous rejoignons Ulugh Beg dans la galerie souterraine de son observatoire, à quelques pas du grand arc du sextant Fakhri. Le souverain-astronome, en robe de brocart, quitte un instant ses tables de calcul pour répondre à nos questions, entre deux observations.

Vous êtes le petit-fils de Tamerlan, l'homme qui fit trembler l'Asie. Comment avez-vous vécu ce contraste, jeune, entre son héritage et votre propre inclination ?

Mon grand-père a fait plier des royaumes ; moi, je n'ai voulu plier que des colonnes de chiffres. Quand Tamerlan est mort, en 1405, j'avais onze ans, et l'empire s'est fendu comme une jarre trop pleine entre ses héritiers. On attendait de moi que je marche sur ses traces, l'épée à la main. Mais très tôt, ce sont les astres qui m'ont saisi, pas les batailles : je préférais compter les étoiles que compter mes ennemis. On raconte que je répugnais à la guerre plus qu'aucun prince de mon sang, et c'est vrai — je n'y voyais qu'une arithmétique de pertes, quand le ciel, lui, offrait une arithmétique de certitudes. J'ai choisi de régner sur Samarcande par le savoir plutôt que par la conquête, et je ne l'ai jamais regretté.

Je préférais compter les étoiles que compter mes ennemis.

On vous nomme gouverneur de Samarcande à quinze ans à peine. Saviez-vous déjà, à cet âge, où vous mèneraient vos ambitions ?

En 1409, mon père Shah Rukh m'a confié cette ville comme on confie un joyau encore brut. Deux ans plus tard, il m'a remis toute la Transoxiane — cette terre au-delà de l'Oxus dont Samarcande est le cœur. J'étais un enfant chargé d'un royaume, et je crois que c'est précisément cette solitude du pouvoir qui m'a poussé vers les livres : gouverner des hommes m'a appris l'incertitude, gouverner des nombres m'a appris la patience. Je n'ai pas su, si jeune, que je bâtirais un observatoire ; je savais seulement que je voulais comprendre l'ordre des choses avant de prétendre l'imposer aux hommes. Cette ambition-là ne m'a plus quitté.

Vous avez fait creuser une tranchée de quarante mètres pour y enterrer un sextant. Pourquoi une telle démesure ?

Un instrument petit ment un peu, toujours : plus l'arc est grand, plus l'erreur se dilue. C'est pour cela que j'ai voulu le sextant Fakhri immense, enterré dans le roc entre 1424 et 1429, plutôt que perché sur un trépied de bronze comme le veut l'usage. On m'a dit que c'était une folie de prince, que la démesure ne sied pas à la science. Je réponds que la précision a un prix, et que ce prix se paie en pierre et en patience. Chaque degré gravé sur cet arc représente des mois de calculs vérifiés, revérifiés. Quand je descends dans cette tranchée au crépuscule, je ne vois pas un caprice architectural : je vois la seule manière honnête de mesurer la hauteur d'une étoile sans se mentir à soi-même.

Un instrument petit ment un peu, toujours.

Vous ne travaillez pas seul dans cet observatoire. Qui vous entoure, et comment se déroulent vos journées de savant ?

Mes après-midi appartiennent aux tables et aux disputes savantes — je vérifie les calculs avec al-Kashi et Qadizadeh, deux esprits que je tiens pour aussi précieux que mes conseillers d'État. Nous discutons parfois une heure entière pour trancher une décimale. C'est de ces échanges qu'est né notre travail sur les tables de sinus et de tangentes, où al-Kashi a montré une rigueur que je n'ai vue nulle part ailleurs. Le soir venu, nous rejoignons ensemble l'observatoire pour observer le passage des astres au méridien, durant de longues heures sous le ciel sec de Transoxiane. Un souverain seul ne fait rien de grand ; c'est cette assemblée de géomètres et d'astronomes qui a fait la valeur de Samarcande, bien plus que mon seul nom.

Comment avez-vous pu calculer la durée de l'année avec une exactitude que l'on croirait moderne, sans le moindre instrument optique ?

Nous n'avions ni lunette ni lentille, seulement la patience et la pierre. J'ai fixé la durée de l'année sidérale à trois cent soixante-cinq jours, cinq heures, quarante-neuf minutes et quinze secondes, en croisant des années d'observations du sextant Fakhri avec les calculs consignés dans mon Zij-i Sultani. Une erreur d'à peine une minute, m'a-t-on dit plus tard par ceux qui ont comparé mes tables aux leurs — mais à l'époque, je ne pouvais que répéter la mesure, encore et encore, jusqu'à ce que le doute s'épuise avant moi. Ce n'est pas le génie qui donne ce chiffre, c'est l'obstination : recommencer une observation cent fois plutôt que de se satisfaire d'une fois suffisante.

Ce n'est pas le génie qui donne ce chiffre, c'est l'obstination.
Ulugh Beg dispensing justice in Khurasan. Rawzat al-Safa, 1599 (British Library, Or. 5736)
Ulugh Beg dispensing justice in Khurasan. Rawzat al-Safa, 1599 (British Library, Or. 5736)Wikimedia Commons, Public domain — 1599 artist, Turkey

Vous avez aussi mesuré l'inclinaison de l'axe terrestre. Pourquoi cette question précise vous importait-elle tant ?

L'écliptique — cette route apparente que suit le soleil dans le ciel au fil de l'année — porte en elle le secret des saisons, du calendrier, de l'heure des prières. Mesurer son inclinaison, c'était toucher du doigt l'architecture même du monde céleste. J'y ai consacré autant de nuits qu'à mon catalogue d'étoiles, car une erreur sur cet angle aurait faussé tous les calculs qui en dépendent, jusqu'aux dates les plus sacrées. Je n'agissais pas en curieux : un prince qui gouverne doit savoir quand semer, quand prier, quand attendre la crue. Cette mesure n'était donc pas un luxe de savant oisif, mais un devoir presque aussi grave que celui de rendre la justice à Samarcande.

Le Zij-i Sultani recense plus de mille étoiles. Quel sens donniez-vous à un travail d'une telle ampleur ?

Cataloguer plus de mille étoiles, ce n'est pas seulement dresser une liste : c'est offrir à ceux qui viendront après moi un socle sur lequel bâtir sans tout recommencer. Depuis Ptolémée, aucun zij n'avait été refait avec cette exigence d'observation directe plutôt que de recopiage aveugle des Anciens. J'ai voulu que chaque position soit vérifiée depuis notre sextant, et non simplement héritée. Quand je pense à ce recueil, je ne pense pas à ma gloire, mais à la madrasa du Registan, où de jeunes esprits pourront un jour ouvrir ces tables sans avoir à refaire, seuls, le chemin que nous avons mis tant d'années à tracer.

Vous avez fondé une madrasa sur la place du Registan, et l'on dit que vous y enseigniez vous-même. Est-ce vrai ?

C'est vrai, et je ne m'en suis jamais caché, même si certains à ma cour trouvaient étrange qu'un prince descende parmi les élèves. La madrasa que j'ai fait bâtir entre 1417 et 1420 sur le Registan n'était pas un décor pour ma piété : j'y venais donner des leçons de mathématiques et d'astronomie, comme n'importe quel maître. Un souverain qui gouverne doit aussi savoir transmettre, sinon son savoir meurt avec lui. Je me souviens de ces matinées où, après les affaires d'État et la prière, je traversais la ville pour rejoindre mes élèves — cela me semblait plus urgent que bien des audiences.

Ulugh Beg Observatory Museum 02
Ulugh Beg Observatory Museum 02Wikimedia Commons, CC0 — Bgag

Qu'espériez-vous transmettre à vos élèves, au-delà des seules formules mathématiques ?

Les nombres s'oublient, la méthode reste. Je voulais leur apprendre à douter d'une mesure avant de la croire, à revérifier plutôt qu'à répéter ce que les Anciens avaient écrit sans jamais lever les yeux vers le ciel eux-mêmes. La Transoxiane que je gouverne n'a de force que si ses savants savent penser par eux-mêmes, et non seulement réciter. J'espérais que certains d'entre eux quitteraient un jour le Registan pour porter ailleurs ce que nous avions bâti ici — et je crois que quelques-uns l'ont fait, portant nos tables jusque dans des cours bien plus lointaines que la mienne.

Les nombres s'oublient, la méthode reste.

À la mort de votre père Shah Rukh, en 1447, vous devenez seul maître de l'empire timouride. Comment avez-vous porté ce pouvoir nouveau ?

J'avais cinquante-trois ans, et pour la première fois je n'avais plus personne au-dessus de moi pour trancher les affaires les plus lourdes. J'aurais voulu que ce pouvoir me laisse plus de nuits encore pour l'observatoire, mais un empire timouride ne se gouverne pas depuis une galerie de calculs : il exige des décisions que je n'avais jamais eu à prendre seul. Je n'étais pas homme de guerre comme mon grand-père, et cela, à la cour, certains l'ont vu comme une faiblesse plutôt que comme un choix. Je pressentais déjà que ce trône serait plus difficile à tenir que n'importe quelle table d'étoiles.

Aviez-vous pressenti le danger qui allait venir de votre propre fils, Abd al-Latif ?

Je partais en pèlerinage vers La Mecque, en cette année 1449, quand tout s'est effondré. Je n'avais pas voulu croire qu'un fils puisse lever la main contre celui qui l'avait élevé, même en sachant nos rapports tendus depuis longtemps. On m'a renversé, puis on m'a tué, et avec moi c'est tout ce petit monde de savants réunis autour du sextant Fakhri qui s'est dispersé, l'année suivante, quand Abd al-Latif fut à son tour assassiné. Si je pouvais imaginer qu'un jour on relirait mes tables loin de Samarcande, je dirais que c'est ma seule consolation : on m'a dit qu'un de mes disciples, Ali Qushji, porterait nos travaux jusqu'à Istanbul. Un règne peut être tranché net par un poignard ; un catalogue d'étoiles, lui, continue de tourner avec le ciel.

Un règne peut être tranché net par un poignard ; un catalogue d'étoiles, lui, continue de tourner avec le ciel.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Ulugh Beg's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.