Al-Kindi(801 — 870)

Al-Kindi

califat abbasside

6 min de lecture

PhilosophieSciencesPhilosopheMathématicien(ne)Moyen ÂgeÂge d'or de l'Islam, califat abbasside de Bagdad au IXe siècle

Al-Kindi est considéré comme le premier grand philosophe de langue arabe. Polymathe du IXe siècle, il œuvra à la maison de la sagesse de Bagdad et joua un rôle majeur dans la transmission de la pensée grecque au monde islamique.

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Questions fréquentes

Al-Kindi (801-870) est le premier grand philosophe de langue arabe, actif à Bagdad sous les califes abbassides. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il a su concilier la pensée grecque (Aristote, Platon) avec l'islam, sans pour autant renier sa foi. Il travaillait à la Maison de la Sagesse (Bayt al-Hikma), où il supervisait des traductions du grec vers l'arabe. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a ouvert la voie à la falsafa (philosophie) dans le monde musulman, d'où son surnom.

Faits marquants

  • Né vers 801 à Koufa et mort vers 873 à Bagdad
  • Actif à la maison de la sagesse (Bayt al-Hikma) sous les califes al-Ma'mun et al-Mu'tasim
  • Supervise et corrige des traductions d'œuvres grecques (Aristote, néoplatoniciens) en arabe
  • Auteur de plus de 250 traités touchant à la philosophie, aux mathématiques, à la médecine et à la musique
  • Pionnier de la cryptanalyse avec sa méthode d'analyse des fréquences pour déchiffrer les messages

Œuvres & réalisations

Fi al-Falsafa al-Ula (Sur la philosophie première) (vers 830-840)

Son œuvre philosophique majeure, dédiée au calife al-Mu'tasim, qui cherche à concilier la philosophie grecque avec la pensée islamique.

Risala fi Istikhraj al-Mu'amma (Sur le déchiffrement des messages chiffrés) (IXe siècle)

Le plus ancien traité connu de cryptanalyse, qui décrit l'analyse des fréquences des lettres, fondement du décodage moderne.

De aspectibus (Traité d'optique) (IXe siècle)

Traité sur la vision et la lumière qui influença l'optique médiévale en Europe après sa traduction en latin.

Risala fi al-Musiqa (Traités sur la musique) (IXe siècle)

Parmi les premiers écrits de théorie musicale en arabe, où il étudie les notes, les rythmes et l'harmonie.

Sur l'usage des chiffres indiens (IXe siècle)

Œuvre qui contribua à diffuser le système de numération indien (les « chiffres arabes ») dans le monde islamique.

Traités de médecine et de pharmacologie (IXe siècle)

Écrits où Al-Kindi tente d'appliquer les mathématiques au dosage des médicaments, démarche pionnière en pharmacologie.

Traduction et commentaire de la Théologie d'Aristote (IXe siècle)

Il supervisa et corrigea des traductions d'œuvres grecques, participant à l'introduction d'Aristote et du néoplatonisme dans la pensée arabe.

Anecdotes

Al-Kindi travailla à la « Maison de la Sagesse » (Bayt al-Hikma) de Bagdad, où il supervisa la traduction d'œuvres grecques en arabe. On le surnommait « le philosophe des Arabes » car il fut le premier penseur de langue arabe à embrasser l'héritage d'Aristote et de Platon.

Al-Kindi rédigea un traité de cryptanalyse dans lequel il décrit la méthode d'« analyse des fréquences » : compter combien de fois chaque lettre apparaît dans un message chiffré pour le déchiffrer. C'est le plus ancien texte connu sur ce procédé, ancêtre du décodage moderne.

Esprit universel, Al-Kindi écrivit sur des sujets aussi variés que la musique, la médecine, l'astronomie, l'optique et les parfums. On lui attribue plus de 260 traités, même si beaucoup ont aujourd'hui disparu.

Sous le calife al-Mutawakkil, Al-Kindi tomba en disgrâce : sa bibliothèque lui fut confisquée et il aurait subi des coups. Ses rivaux, jaloux de son savoir, contribuèrent à sa mise à l'écart de la cour.

Al-Kindi fut l'un des premiers à appliquer les mathématiques à la médecine, en cherchant à quantifier l'effet des médicaments. Il tenta aussi de mesurer la puissance des remèdes selon des degrés, une démarche pionnière pour son époque.

Sources primaires

Sur la philosophie première (Fi al-Falsafa al-Ula), dédié au calife al-Mu'tasim (vers 830-840)
Nous ne devons pas avoir honte d'admettre la vérité et de l'assimiler, de quelque source qu'elle vienne, même si elle nous est apportée par des races antérieures et des peuples étrangers.
Manuscrit sur le déchiffrement des messages cryptographiques (Risala fi Istikhraj al-Mu'amma) (IXe siècle)
Une façon de déchiffrer un message chiffré, si nous en connaissons la langue, est de trouver un autre texte clair de la même langue, assez long, et de compter combien de fois chaque lettre y apparaît.
Notice biographique d'Ibn al-Nadim, Kitab al-Fihrist (987 (Xe siècle))
Al-Kindi était le plus illustre des hommes de son temps, unique dans la connaissance de l'ensemble des sciences antiques. On l'appelait le philosophe des Arabes.
De aspectibus (De optica), traduction latine médiévale d'un traité d'optique d'Al-Kindi (IXe siècle (texte) / XIIe siècle (traduction latine))
La vision se produit par les rayons qui sortent de l'œil en lignes droites et tombent sur l'objet vu.

Lieux clés

Koufa (Irak)

Ville d'Irak où naquit Al-Kindi vers 801. Son père y était gouverneur.

Bassora (Irak)

Grand centre intellectuel où Al-Kindi reçut une partie de sa formation initiale avant de gagner Bagdad.

Bagdad (Irak)

Capitale abbasside où Al-Kindi travailla à la Maison de la Sagesse et passa l'essentiel de sa carrière. Il y mourut vers 870.

Maison de la Sagesse (Bayt al-Hikma), Bagdad

Institution savante où l'on traduisait et étudiait les textes grecs, persans et indiens. Al-Kindi y joua un rôle central dans la transmission du savoir grec.

Samarra (Irak)

Capitale fondée en 836 où Al-Kindi séjourna comme précepteur du fils du calife al-Mu'tasim.

Voir aussi