Mystique et sainte hindoue du Bengale, vénérée comme une figure majeure de la spiritualité indienne du XXe siècle. Considérée par ses disciples comme une incarnation du divin, elle attira de nombreux fidèles à travers l'Inde sans avoir reçu d'enseignement religieux formel.
Anandamayi Ma(1896 — 1982)
Mâ Ananda Moyî
Inde, Raj britannique
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1896 à Kheora, dans le district de Tripura (Bengale, actuel Bangladesh)
- Surnommée « Mâ » (Mère) par ses disciples, vénérée comme une figure maternelle du divin
- Fonda et inspira de nombreux ashrams à travers l'Inde au cours du XXe siècle
- Comptait parmi ses admirateurs des personnalités comme Indira Gandhi et le Premier ministre Jawaharlal Nehru
- Morte en 1982 à Dehradun, en Inde
Œuvres & réalisations
Son « œuvre » principale fut sa présence : des milliers de personnes venaient recevoir son darshan (vision) et ses brèves paroles spirituelles, transmises de bouche à oreille.
Recueils de ses propos transcrits par ses disciples, formant le cœur écrit de son enseignement sur le détachement et la quête du divin.
Autre compilation d'aphorismes spirituels attribués à la sainte, largement diffusée parmi ses dévots.
Organisation regroupant les nombreux ashrams créés autour d'elle à travers l'Inde, perpétuant les rassemblements et la pratique dévotionnelle.
« Semaine de retenue » de prière, jeûne et méditation collective qu'elle institua, encore célébrée aujourd'hui dans ses ashrams.
Le chapitre que lui consacra Paramahansa Yogananda dans « Autobiography of a Yogi » contribua à faire connaître sa figure hors de l'Inde.
Anecdotes
Née Nirmala Sundari dans un village du Bengale oriental (actuel Bangladesh), elle fut mariée très jeune, à environ 13 ans, selon la coutume. Mais son mari, Ramani Mohan Cakravarti (dit Bholanath), raconta plus tard qu'il vécut un mariage purement spirituel : elle aurait entrée dans des états d'extase dès qu'il s'approchait d'elle, et il finit par la reconnaître comme sa propre guru.
Anandamayi Ma n'avait reçu presque aucune instruction scolaire et ne se réclamait d'aucun maître humain. À ceux qui lui demandaient qui était son guru, elle répondait que c'était elle-même, ou que tout l'univers était son enseignant. Ce statut d'autodidacte spirituelle frappa beaucoup d'observateurs indiens et occidentaux.
On l'appela d'abord « la mère de joie » (Anandamayi Ma) à cause des états de béatitude qui la saisissaient pendant les chants dévotionnels (kirtan) : son corps pouvait se figer, trembler ou s'illuminer d'un sourire pendant des heures. Ses proches durent parfois la nourrir et la veiller pendant ces périodes.
Le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru et sa fille Indira Gandhi vinrent la voir, tout comme de nombreuses personnalités. Paramahansa Yogananda lui consacra un chapitre admiratif dans son célèbre livre « Autobiographie d'un yogi » (1946), où il la surnomme « la mère pleine de joie ».
Elle ne dirigea jamais d'organisation au sens strict, mais ses disciples fondèrent autour d'elle de nombreux ashrams à travers l'Inde, de l'Himalaya (Dehradun, Kankhal) jusqu'au Bengale. Elle passa une grande partie de sa vie à voyager de l'un à l'autre, refusant de se fixer durablement.
Sources primaires
« Father, there is little to tell. » She spread her graceful hands in a deprecatory gesture. « My consciousness has never associated itself with this temporary body. Before I came on this earth, Father, 'I was the same.' As a little girl, 'I was the same.' »
« Cherchez à connaître Celui qui est éternel, immuable. Tout ce qui apparaît et disparaît n'est pas réel ; ce qui demeure pour toujours, voilà votre vraie nature. »
« Tant que la moindre trace de désir subsiste, la paix parfaite ne peut être atteinte ; abandonnez-vous entièrement et laissez se dérouler ce qui doit advenir. »
« Quand elle chantait le nom du divin, son corps tout entier semblait fondre dans l'extase, et ceux qui la regardaient sentaient leur cœur s'apaiser. »
Lieux clés
Village natal de Nirmala Sundari, dans une famille brahmane vaishnava du Bengale rural.
Capitale du Bengale oriental où, dans les années 1920, son cercle de dévots se forma et un temple fut établi à Ramna.
Localité du Bengale où le couple s'installa vers 1918 et où débutèrent ses états d'extase et ses pratiques spirituelles intenses.
Ville au pied de l'Himalaya où elle séjourna souvent et où elle mourut en 1982 ; site d'un de ses principaux ashrams.
Lieu sacré sur le Gange où se trouve son samadhi (tombeau) et l'un des ashrams majeurs du mouvement né autour d'elle.
Ville sainte de l'hindouisme sur le Gange, qu'elle fréquenta régulièrement et où un ashram fut établi en son nom.
Objets typiques

Collier de perles, souvent en rudraksha ou en bois de tulsi, servant à compter les répétitions du nom divin (japa). Objet central de la dévotion hindoue.

Vêtement de coton blanc, couleur du renoncement et de la pureté, qu'Anandamayi Ma portait habituellement. Le blanc marque le détachement des biens matériels.

Petit orgue à soufflet accompagnant les chants dévotionnels collectifs (kirtan), au cœur desquels la sainte entrait en extase. Accompagné de tambours (mridanga) et de cymbales.

Statues et images des divinités (Krishna, Kali) installées dans les temples et ashrams où l'on offrait fleurs, encens et nourriture (puja).

Colliers de soucis, de jasmin ou de roses offerts en signe de respect aux saints et aux divinités. Les dévots en couvraient Anandamayi Ma lors des darshan.

Petite lampe que l'on agite devant la divinité ou le saint lors de la cérémonie d'arati. La flamme symbolise la lumière de la conscience.
📷 CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons ↗Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Les journées dans les ashrams commençaient avant l'aube par des chants dévotionnels (kirtan), la récitation de mantras et la cérémonie d'arati. Anandamayi Ma, souvent éveillée très tôt, accordait ses premiers darshan aux dévots venus la voir.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux entretiens spirituels, aux questions des visiteurs et à l'organisation des fêtes religieuses. Elle se déplaçait fréquemment d'un ashram à l'autre, ne restant jamais longtemps au même endroit.
Soir
Le soir ramenait de nouveaux kirtan et l'arati du crépuscule. Lors de ces chants, elle pouvait entrer dans de profonds états d'extase (bhava), absorbée pendant des heures dans la contemplation du divin.
Alimentation
Elle mangeait extrêmement peu et, durant certaines périodes, on rapporte qu'elle devait être nourrie à la main par ses proches lorsqu'elle était plongée dans l'extase. Son alimentation était strictement végétarienne, conforme à la tradition hindoue.
Vêtements
Elle portait habituellement un simple sari blanc de coton, couleur du renoncement, parfois recouvert des guirlandes de fleurs offertes par les fidèles. Sa longue chevelure et son sourire sont restés des traits marquants de son image.
Habitat
Elle vivait dans les ashrams construits pour elle par ses disciples, de Dhaka au Bengale jusqu'aux contreforts de l'Himalaya. Refusant de posséder ou de se fixer, elle menait une existence itinérante, accueillie partout par ses dévots.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Enseignement oral et darshan
années 1920-1982
Matri Vani (« Paroles de la Mère »)
à partir des années 1950
Sad Vani (« Paroles de Vérité »)
années 1950-1960
Réseau d'ashrams Shree Shree Anandamayee Sangha
fondé à partir de 1929-1950
Rassemblements annuels Samyam Saptah
à partir des années 1950
Diffusion en Occident via Yogananda
1946






