Anandamayi Ma(1896 — 1982)

Mâ Ananda Moyî

Inde, Raj britannique

6 min de lecture

SpiritualitéMystiqueXXe siècleInde coloniale britannique puis Inde indépendante, première moitié et milieu du XXe siècle, période de renouveau spirituel hindou

Mystique et sainte hindoue du Bengale, vénérée comme une figure majeure de la spiritualité indienne du XXe siècle. Considérée par ses disciples comme une incarnation du divin, elle attira de nombreux fidèles à travers l'Inde sans avoir reçu d'enseignement religieux formel.

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Questions fréquentes

Anandamayi Ma, née Nirmala Sundari en 1896 au Bengale, est une mystique hindoue dont l'enseignement reposait sur sa seule présence. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle n'a reçu aucune formation religieuse formelle et s'est initiée elle-même en 1922, un geste exceptionnel dans l'hindouisme. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne une spiritualité vécue comme une expérience directe du divin, sans médiation d'un maître humain. Attirant des milliers de fidèles, de simples villageois jusqu'au Premier ministre Nehru, elle a fondé un réseau d'ashrams à travers l'Inde et son rayonnement a dépassé les frontières grâce à l'Autobiography of a Yogi de Paramahansa Yogananda en 1946.

Faits marquants

  • Née en 1896 à Kheora, dans le district de Tripura (Bengale, actuel Bangladesh)
  • Surnommée « Mâ » (Mère) par ses disciples, vénérée comme une figure maternelle du divin
  • Fonda et inspira de nombreux ashrams à travers l'Inde au cours du XXe siècle
  • Comptait parmi ses admirateurs des personnalités comme Indira Gandhi et le Premier ministre Jawaharlal Nehru
  • Morte en 1982 à Dehradun, en Inde

Œuvres & réalisations

Enseignement oral et darshan (années 1920-1982)

Son « œuvre » principale fut sa présence : des milliers de personnes venaient recevoir son darshan (vision) et ses brèves paroles spirituelles, transmises de bouche à oreille.

Matri Vani (« Paroles de la Mère ») (à partir des années 1950)

Recueils de ses propos transcrits par ses disciples, formant le cœur écrit de son enseignement sur le détachement et la quête du divin.

Sad Vani (« Paroles de Vérité ») (années 1950-1960)

Autre compilation d'aphorismes spirituels attribués à la sainte, largement diffusée parmi ses dévots.

Réseau d'ashrams Shree Shree Anandamayee Sangha (fondé à partir de 1929-1950)

Organisation regroupant les nombreux ashrams créés autour d'elle à travers l'Inde, perpétuant les rassemblements et la pratique dévotionnelle.

Rassemblements annuels Samyam Saptah (à partir des années 1950)

« Semaine de retenue » de prière, jeûne et méditation collective qu'elle institua, encore célébrée aujourd'hui dans ses ashrams.

Diffusion en Occident via Yogananda (1946)

Le chapitre que lui consacra Paramahansa Yogananda dans « Autobiography of a Yogi » contribua à faire connaître sa figure hors de l'Inde.

Anecdotes

Née Nirmala Sundari dans un village du Bengale oriental (actuel Bangladesh), elle fut mariée très jeune, à environ 13 ans, selon la coutume. Mais son mari, Ramani Mohan Cakravarti (dit Bholanath), raconta plus tard qu'il vécut un mariage purement spirituel : elle aurait entrée dans des états d'extase dès qu'il s'approchait d'elle, et il finit par la reconnaître comme sa propre guru.

Anandamayi Ma n'avait reçu presque aucune instruction scolaire et ne se réclamait d'aucun maître humain. À ceux qui lui demandaient qui était son guru, elle répondait que c'était elle-même, ou que tout l'univers était son enseignant. Ce statut d'autodidacte spirituelle frappa beaucoup d'observateurs indiens et occidentaux.

On l'appela d'abord « la mère de joie » (Anandamayi Ma) à cause des états de béatitude qui la saisissaient pendant les chants dévotionnels (kirtan) : son corps pouvait se figer, trembler ou s'illuminer d'un sourire pendant des heures. Ses proches durent parfois la nourrir et la veiller pendant ces périodes.

Le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru et sa fille Indira Gandhi vinrent la voir, tout comme de nombreuses personnalités. Paramahansa Yogananda lui consacra un chapitre admiratif dans son célèbre livre « Autobiographie d'un yogi » (1946), où il la surnomme « la mère pleine de joie ».

Elle ne dirigea jamais d'organisation au sens strict, mais ses disciples fondèrent autour d'elle de nombreux ashrams à travers l'Inde, de l'Himalaya (Dehradun, Kankhal) jusqu'au Bengale. Elle passa une grande partie de sa vie à voyager de l'un à l'autre, refusant de se fixer durablement.

Sources primaires

Autobiography of a Yogi, Paramahansa Yogananda, chapitre « The Bengali 'Joy-Permeated Mother' » (1946)
« Father, there is little to tell. » She spread her graceful hands in a deprecatory gesture. « My consciousness has never associated itself with this temporary body. Before I came on this earth, Father, 'I was the same.' As a little girl, 'I was the same.' »
Matri Vani (« Paroles de la Mère »), recueil d'enseignements oraux d'Anandamayi Ma transcrits par ses disciples (publié à partir des années 1950)
« Cherchez à connaître Celui qui est éternel, immuable. Tout ce qui apparaît et disparaît n'est pas réel ; ce qui demeure pour toujours, voilà votre vraie nature. »
Sad Vani (« Paroles de Vérité »), enseignements d'Anandamayi Ma (années 1950-1960)
« Tant que la moindre trace de désir subsiste, la paix parfaite ne peut être atteinte ; abandonnez-vous entièrement et laissez se dérouler ce qui doit advenir. »
Ma Anandamayi Lila, témoignages de Bhaiji (Jyotish Chandra Roy), premier disciple proche (1929-1937)
« Quand elle chantait le nom du divin, son corps tout entier semblait fondre dans l'extase, et ceux qui la regardaient sentaient leur cœur s'apaiser. »

Lieux clés

Kheora (district de Tripura, Bengale oriental, aujourd'hui Bangladesh)

Village natal de Nirmala Sundari, dans une famille brahmane vaishnava du Bengale rural.

Dhaka (Shahbagh et Ramna)

Capitale du Bengale oriental où, dans les années 1920, son cercle de dévots se forma et un temple fut établi à Ramna.

Bajitpur

Localité du Bengale où le couple s'installa vers 1918 et où débutèrent ses états d'extase et ses pratiques spirituelles intenses.

Dehradun (Kishenpur, Himalaya)

Ville au pied de l'Himalaya où elle séjourna souvent et où elle mourut en 1982 ; site d'un de ses principaux ashrams.

Kankhal (près de Haridwar)

Lieu sacré sur le Gange où se trouve son samadhi (tombeau) et l'un des ashrams majeurs du mouvement né autour d'elle.

Varanasi (Bénarès)

Ville sainte de l'hindouisme sur le Gange, qu'elle fréquenta régulièrement et où un ashram fut établi en son nom.

Voir aussi