Averroès(1126 — 1198)
Averroès
Al-Andalus
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Philosophe, théologien et médecin andalou (1126-1198), Averroès est le plus grand commentateur d'Aristote du Moyen Âge islamique. Ses travaux ont profondément influencé la philosophie médiévale européenne et la pensée islamique en réconciliant la raison aristotélicienne avec la foi religieuse.
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1126 : Naissance à Cordoue en Al-Andalus
- 1153 : Devient cadi (juge) de Cordoue et développe ses commentaires sur Aristote
- 1169-1195 : Rédige ses trois types de commentaires sur les œuvres d'Aristote (résumés, commentaires moyens, grands commentaires)
- 1195 : Disgracié par le calife Yacoub al-Mansour et exilé pour ses positions philosophiques
- 1198 : Meurt à Marrakech ; son influence majeure s'exerce ensuite en Europe chrétienne via les traductions latines
Œuvres & réalisations
Œuvre monumentale couvrant presque tout le corpus aristotélicien. Ces commentaires valurent à Averroès le surnom de « le Commentateur » dans l'Europe médiévale et influencèrent profondément la scolastique latine.
Traité fondamental démontrant que la philosophie et la religion islamique ne sont pas contradictoires. Averroès y défend le droit et même le devoir religieux de pratiquer la philosophie.
Réfutation point par point de L'Incohérence des philosophes d'Al-Ghazali. Averroès y défend la causalité naturelle et la rationalité philosophique contre les attaques des théologiens.
Encyclopédie médicale en sept livres couvrant l'anatomie, la pathologie, la pharmacologie et l'hygiène. Traduite en latin, elle fut utilisée comme manuel dans les universités européennes.
Traité de droit islamique comparé, présentant les divergences entre les différentes écoles juridiques. Ouvrage encore étudié aujourd'hui dans les facultés de droit islamique.
Traité de théologie rationnelle où Averroès examine les preuves de l'existence de Dieu et critique les méthodes des théologiens ash'arites et mu'tazilites.
Anecdotes
Averroès raconte lui-même qu'il fut présenté au calife almohade Abu Yaqub Yusuf par le philosophe Ibn Tufayl vers 1169. Le calife lui demanda si le ciel était éternel ou créé. Averroès, intimidé, hésita à répondre, mais le calife le mit à l'aise en exposant lui-même les arguments des philosophes, révélant une culture impressionnante.
Averroès occupait la fonction de grand cadi (juge suprême) de Cordoue, héritant ce poste de son père et de son grand-père avant lui. Cette famille de juristes était si respectée que le titre semblait presque héréditaire. Il rendait la justice selon le droit malékite tout en poursuivant ses travaux philosophiques.
Vers 1195, Averroès tomba en disgrâce auprès du calife Al-Mansur, qui céda à la pression des théologiens conservateurs. Ses livres de philosophie furent brûlés publiquement et il fut exilé à Lucena, une petite ville près de Cordoue. Il fut réhabilité peu avant sa mort en 1198, mais mourut à Marrakech sans revoir sa ville natale.
Averroès était aussi un médecin reconnu. Il rédigea le Colliget, une encyclopédie médicale monumentale, et servit comme médecin personnel du calife almohade. On rapporte qu'il ne cessa d'écrire que deux jours dans sa vie : le jour de son mariage et le jour de la mort de son père.
Sources primaires
Il est donc évident, d'après ce que nous avons dit, que l'étude des livres des Anciens est obligatoire selon la Loi religieuse, puisque leur but et leur propos, dans leurs livres, est justement le propos même que la Loi nous incite à poursuivre.
La doctrine d'Aristote est la vérité suprême, parce que son intellect fut la limite de l'intellect humain. C'est pourquoi on a dit de lui qu'il fut créé et donné par la providence divine pour montrer le degré suprême de la perfection humaine.
Dire que les philosophes sont incohérents parce qu'ils affirment la causalité naturelle, c'est nier l'ordre même que Dieu a instauré dans sa création. Car la connaissance de Dieu passe par la connaissance de ses créatures.
La médecine n'est pas un art conjectural mais une science fondée sur des principes certains. Le médecin doit connaître les causes générales des maladies avant de traiter les cas particuliers.
Lieux clés
Ville natale d'Averroès et capitale intellectuelle d'Al-Andalus. Il y exerça comme grand cadi et y passa la majeure partie de sa vie, entouré de ses bibliothèques.
Capitale de l'empire almohade où Averroès rencontra le calife et où il mourut en 1198. C'est dans cette ville qu'il reçut la commande de commenter Aristote.
Centre religieux et intellectuel de Cordoue où Averroès enseignait et débattait. Ce monument exceptionnel symbolise le rayonnement culturel d'Al-Andalus.
Petite ville proche de Cordoue où Averroès fut exilé en 1195 après sa disgrâce. Il y vécut dans l'isolement pendant environ deux ans.
Grande ville d'Al-Andalus où Averroès séjourna à plusieurs reprises. Il y exerça également des fonctions de cadi avant d'être nommé à Cordoue.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Commentaires sur Aristote (Grand, Moyen et Petit)
1169-1198
Fasl al-Maqal (Discours décisif)
vers 1179
Tahafut al-Tahafut (L'Incohérence de l'Incohérence)
vers 1180
Kulliyyat fi al-Tibb (Colliget)
vers 1162
Bidayat al-Mujtahid (Le Commencement pour celui qui fait l'effort)
vers 1167
Kashf 'an Manahij al-Adilla (Dévoilement des méthodes de preuve)
vers 1179






