Chika Kuroda(1884 — 1968)

Chika Kuroda

Japon, empire du Japon

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SciencesScientifiqueXXe siècleJapon de l'ère Meiji à l'après-guerre (Showa), période d'ouverture progressive de l'enseignement supérieur scientifique aux femmes japonaises.

Chika Kuroda (1884-1968) est une chimiste japonaise pionnière, l'une des premières femmes du Japon à obtenir un diplôme universitaire scientifique. Elle s'est illustrée par ses recherches sur la structure des pigments naturels.

Questions fréquentes

Chika Kuroda (1884-1968) est l'une des premières femmes japonaises à obtenir un doctorat en sciences, et la première en chimie. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a ouvert la voie aux femmes dans l'enseignement supérieur scientifique au Japon, à une époque où les universités nationales leur étaient encore largement fermées. En 1913, elle fait partie des trois premières étudiantes admises à l'Université impériale du Tohoku, un événement qui suscite l'étonnement du ministère de l'Éducation. Sa carrière de chercheuse et d'enseignante à l'École normale supérieure féminine de Tokyo a formé des générations de scientifiques féminines.

Faits marquants

  • Naît en 1884 à Saga, au Japon.
  • En 1916, devient l'une des premières femmes japonaises à obtenir un diplôme de licence en sciences (Bachelor of Science).
  • Mène des recherches sur la structure de pigments naturels comme la shikonine (extraite du grémil) et la carthamine (extraite du carthame).
  • Obtient un doctorat en sciences en 1929, devenant l'une des premières Japonaises docteures en chimie.
  • Meurt en 1968 après une carrière de recherche et d'enseignement.

Œuvres & réalisations

Admission à l'Université impériale du Tohoku (1913)

Kuroda figure parmi les trois premières étudiantes d'une université nationale japonaise, ouvrant la voie aux femmes dans l'enseignement supérieur scientifique.

Séjour de recherche à l'Université d'Oxford (1921-1923)

Elle approfondit la chimie des colorants auprès de William Henry Perkin Jr., l'un des grands spécialistes mondiaux de la chimie organique.

Détermination de la structure du shikonin (1929)

Travaux élucidant la structure chimique du pigment violet de la racine de murasaki, cœur de sa thèse de doctorat.

Doctorat en sciences (rigaku hakushi) (1929)

Elle devient l'une des premières femmes japonaises docteures en sciences et la première en chimie.

Recherches sur la carthamine (années 1920-1930)

Étude du pigment rouge du carthame (benibana), reliant la chimie moderne aux teintures et cosmétiques traditionnels japonais.

Carrière de professeure de chimie (1920-1950)

À l'École normale supérieure féminine de Tokyo, elle forme de nombreuses étudiantes et contribue à ouvrir les sciences aux femmes.

Anecdotes

En 1913, l'Université impériale du Tohoku, à Sendai, devient la toute première université nationale japonaise à accepter des femmes. Chika Kuroda fait partie des trois pionnières admises. Le ministère de l'Éducation, stupéfait, envoie une lettre demandant des explications sur cette décision jugée extraordinaire : étudier les sciences à l'université était alors réservé aux hommes.

Chika Kuroda s'est passionnée pour le shikonin, le pigment violet extrait de la racine d'une plante appelée murasaki (le grémil). Au Japon ancien, ce violet était si précieux qu'il était réservé aux nobles de haut rang. En perçant le secret moléculaire de cette couleur prestigieuse, elle reliait la chimie moderne à une tradition vieille de plusieurs siècles.

Entre 1921 et 1923, elle traverse la moitié du globe pour étudier à l'Université d'Oxford, en Angleterre, auprès du chimiste William Henry Perkin Jr. Le hasard est savoureux : le père de ce dernier avait inventé le tout premier colorant synthétique, la mauvéine, alors que Kuroda, elle, décortiquait les colorants naturels.

En 1929, grâce à ses travaux sur la structure du shikonin, elle obtient son doctorat en sciences. Elle devient l'une des toutes premières Japonaises titulaires de ce titre, et la première en chimie — un exploit dans un pays où l'enseignement supérieur venait à peine de s'entrouvrir aux femmes.

Kuroda a aussi étudié la carthamine, le pigment rouge tiré des fleurs de carthame (benibana). Ce colorant servait depuis longtemps à fabriquer le rouge à lèvres et à teindre les étoffes. Son travail montrait que les arts traditionnels japonais cachaient une chimie complexe que la science pouvait enfin expliquer.

Sources primaires

Registres d'admission de l'Université impériale du Tohoku et lettre du ministère de l'Éducation (1913)
Documents de 1913 attestant l'admission de trois étudiantes (Chika Kuroda, Kono Yasui, Raku Makita) et l'interrogation officielle du ministère sur l'admission de femmes dans une université nationale.
Thèse de doctorat sur la structure du shikonin (1929)
Travail dans lequel Chika Kuroda établit la structure chimique du shikonin, pigment violet de la racine de murasaki, présenté pour l'obtention du doctorat en sciences.
Publications scientifiques sur les pigments naturels (carthamine et shikonin) (années 1920-1930)
Articles de recherche détaillant l'isolement et l'analyse des colorants rouges et violets d'origine végétale, parus dans des revues scientifiques de l'époque.

Lieux clés

Préfecture de Saga (Japon)

Région du sud-ouest du Japon où Chika Kuroda naît en 1884.

Université impériale du Tohoku, Sendai

Première université nationale japonaise à admettre des femmes, où Kuroda étudie la chimie et soutient plus tard son doctorat.

Université d'Oxford (Angleterre)

Lieu de son séjour de recherche (1921-1923) auprès du chimiste William Henry Perkin Jr.

École normale supérieure féminine de Tokyo (future université d'Ochanomizu)

Établissement où elle se forme puis enseigne la chimie pendant une grande partie de sa carrière.

Tokyo (Japon)

Capitale du Japon où Chika Kuroda passe la fin de sa vie et meurt en 1968.

Voir aussi