Honen(1133 — 1212)

Hōnen

Japon

6 min de lecture

SpiritualitéMoyen ÂgeJapon de la fin de l'époque de Heian et du début de l'époque de Kamakura (XIIe-XIIIe siècle)

Hōnen est un moine bouddhiste japonais qui fonda l'école de la Terre pure (Jōdo-shū). Il enseigna que la simple récitation du nembutsu, invocation du Bouddha Amida, suffisait au salut, rendant la pratique accessible à tous.

Questions fréquentes

Hōnen (1133-1212) est le fondateur de l'école Jōdo-shū (Terre pure), un courant bouddhique qui a radicalement simplifié la voie du salut. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a rendu la pratique spirituelle accessible à tous, y compris aux illettrés et aux pauvres, en affirmant que la simple récitation du nembutsu (la formule Namu Amida Butsu) suffisait pour renaître dans le paradis d'Amida. Imagine que, dans un Japon déchiré par les guerres civiles et les catastrophes, où les monastères exigeaient des études longues et coûteuses, Hōnen proposait une solution immédiate, sans condition de savoir ou de statut. Son héritage est immense : il a non seulement fondé une école toujours active aujourd'hui, mais a aussi inspiré son disciple Shinran, créateur du Jōdo Shinshū, le courant bouddhique le plus suivi au Japon.

Faits marquants

  • Naît en 1133 dans la province de Mimasaka, au Japon
  • Se forme au monastère du mont Hiei, centre du bouddhisme Tendai
  • Fonde l'école Jōdo-shū (Terre pure) en 1175, prônant la récitation du nembutsu
  • Est exilé en 1207 à la suite de l'opposition des écoles bouddhiques établies
  • Meurt en 1212 ; son disciple Shinran fondera ensuite l'école Jōdo-shinshū

Œuvres & réalisations

Fondation de l'école Jōdo-shū (Terre pure) (1175)

Première école bouddhique japonaise indépendante centrée sur le seul nembutsu, ouvrant le salut aux laïcs comme aux moines.

Senchaku hongan nembutsu shū (Senchakushū) (1198)

Traité majeur affirmant que la récitation du nom d'Amida est la pratique choisie par le voeu originel du Bouddha ; texte doctrinal fondateur.

Ichimai-kishōmon (Document d'une seule feuille) (1212)

Testament spirituel dicté juste avant sa mort, résumant en quelques lignes l'essence du nembutsu accessible à tous.

Diffusion du nembutsu auprès du peuple (1175-1212)

Prédication adressée aussi bien aux nobles qu'aux paysans, guerriers et marginaux, faisant du bouddhisme une religion populaire.

Formation de disciples majeurs (vers 1190-1207)

Enseignement à des disciples comme Shinran, qui fondera le Jōdo Shinshū, prolongeant durablement le bouddhisme de la Terre pure.

Débat doctrinal d'Ōhara (1186)

Confrontation publique où Hōnen défendit la voie du nembutsu face aux maîtres des écoles établies, asseyant sa réputation.

Anecdotes

Quand Hōnen avait neuf ans, des hommes armés attaquèrent la demeure familiale et son père, un fonctionnaire local, fut mortellement blessé. Selon la tradition, le père agonisant interdit à l'enfant toute vengeance et lui demanda plutôt de devenir moine pour chercher le salut de tous les êtres — un voeu qui orienta toute sa vie.

Surnommé très jeune "le sage du mont Hiei", Hōnen était réputé pour avoir lu plusieurs fois l'intégralité du canon bouddhique. Pourtant, il jugeait ce savoir immense incapable de sauver les gens ordinaires, et il finit par tout abandonner pour la seule récitation du nembutsu.

Sa rencontre décisive fut un livre : en lisant un commentaire du maître chinois Shandao, il tomba sur la phrase affirmant que réciter le nom d'Amida assure la renaissance en Terre pure. Il raconta plus tard avoir alors versé des larmes de joie, convaincu d'avoir trouvé la voie accessible à tous.

En 1207, son enseignement dérangea tant les écoles établies qu'il fut défroqué et exilé sur l'île de Shikoku, à plus de 70 ans. Privé de son statut de moine, il reçut un nom de laïc, mais continua à prêcher le nembutsu aux pêcheurs et paysans qu'il rencontrait en chemin.

Deux jours avant sa mort en 1212, il rédigea sur une simple feuille de papier son testament spirituel, l'Ichimai-kishōmon ("Document d'une seule feuille"), résumant toute sa doctrine : il suffit de réciter sincèrement le nembutsu, sans érudition particulière, pour renaître au paradis d'Amida.

Sources primaires

Senchaku hongan nembutsu shū (Senchakushū) (1198)
Si l'on veut échapper rapidement aux souffrances de la naissance et de la mort, parmi les deux excellentes doctrines, qu'on délaisse la Voie des Sages et qu'on choisisse d'entrer par la Voie de la Terre pure.
Ichimai-kishōmon (Document d'une seule feuille) (1212)
Le nembutsu dont je parle n'est pas la contemplation pratiquée par les sages de Chine et du Japon, ni une récitation fondée sur l'étude et la compréhension de son sens. Il consiste simplement à réciter Namu-Amida-Butsu, sans le moindre doute, certain de renaître ainsi en Terre pure.
Lettre à l'épouse du gouverneur de Tsushima (correspondance de Hōnen) (vers 1200-1210)
Que l'on soit savant ou ignorant, observant les préceptes ou les enfreignant, de haute ou de basse condition, tous renaissent également en récitant le nembutsu, car ils s'appuient sur le voeu originel du Bouddha Amida.

Lieux clés

Province de Mimasaka (actuelle préfecture d'Okayama)

Région rurale du Japon où naquit Hōnen en 1133. Le temple Tanjō-ji y commémore aujourd'hui son lieu de naissance.

Enryaku-ji, mont Hiei

Grand complexe monastique de l'école Tendai surplombant Kyoto, où Hōnen étudia et se forma pendant des décennies avant de rompre avec sa doctrine.

Yoshimizu (Kyoto)

Ermitage de Hōnen sur les collines de l'est de Kyoto, d'où il diffusa l'enseignement du nembutsu et accueillit ses disciples.

Sanuki, île de Shikoku

Région côtière de Shikoku où Hōnen fut exilé en 1207 après la persécution du nembutsu, et où il continua à prêcher.

Chion-in (Kyoto)

Site où Hōnen passa ses derniers jours et mourut en 1212 ; il devient plus tard le temple principal de l'école Jōdo-shū.

Voir aussi