Biographie

Peintre et graveur japonais du XVIIIe siècle, maître de l'estampe ukiyo-e. Il est célèbre pour ses portraits d'acteurs de kabuki et ses représentations de lutteurs de sumo, fondant l'école Katsukawa.

Katsukawa Shunsho(1726 — 1793)

Katsukawa Shunshō

Japon

9 min de lecture

Arts visuelsCultureArtisteTemps modernesJapon de l'époque d'Edo (période Tokugawa), âge d'or de l'estampe japonaise
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Questions fréquentes

Katsukawa Shunshō (1726-1793) est un peintre et graveur japonais, figure majeure de l'ukiyo-e à l'époque d'Edo. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné le portrait d'acteur de kabuki (yakusha-e) : avant lui, les visages étaient stylisés et interchangeables ; Shunshō a eu l'idée de représenter les véritables traits des acteurs, permettant au public de reconnaître immédiatement son interprète favori. Il a également fondé l'école Katsukawa et formé de nombreux élèves, dont le célèbre Hokusai. Son œuvre majeure, Ehon Butai Ōgi (1770), réalisée avec Ippitsusai Bunchō, est considérée comme l'acte fondateur du portrait réaliste d'acteur.

Faits marquants

  • Né en 1726 à Edo (actuel Tokyo), mort en 1793
  • Fondateur de l'école Katsukawa, très influente dans l'art de l'estampe
  • Révolutionne le portrait d'acteurs de kabuki (yakusha-e) en privilégiant les gros plans expressifs
  • Maître de Hokusai, qui débuta sa formation artistique dans son atelier
  • Produisit également des séries d'estampes de lutteurs de sumo, genre qu'il contribua à populariser

Œuvres & réalisations

Ehon Butai Ōgi (絵本舞台扇) (1770)

Album réalisé en collaboration avec Ippitsusai Bunchō, représentant les acteurs de kabuki les plus célèbres de l'époque avec leurs véritables traits. Il est considéré comme l'œuvre fondatrice du portrait d'acteur réaliste dans l'ukiyo-e et connut un succès immédiat à Edo.

Série de portraits de lutteurs de sumo (Années 1780)

Ensemble d'estampes polychromes représentant les grands yokozuna et sekiwake de l'époque dans des poses dynamiques. Ces œuvres établirent Shunshō comme le maître incontesté du sumō-e et constituèrent un témoignage visuel précieux de ce sport rituel.

Yakusha Butai no Sugatae (役者舞台の姿絵) (Années 1770)

Longue série d'estampes en format hosoban représentant les acteurs dans leurs rôles les plus célèbres. Chaque feuille associait le portrait individualisé de l'acteur à des informations précises sur le rôle et la pièce, créant de véritables documents pour les amateurs de kabuki.

Ehon Imayō Sugata (絵本今様姿) (1776)

Recueil illustré de figures féminines élégantes de la société d'Edo, témoignant de la maîtrise de Shunshō dans le genre bijinga. Ces peintures sur bois montrent sa capacité à saisir la grâce et la mode contemporaine au-delà de sa spécialité théâtrale.

Peintures sur soie de femmes et de paysages (Années 1770-1790)

Ensemble de peintures à l'encre et en couleur sur soie destinées à une clientèle aisée. Ces œuvres, moins connues du grand public que ses estampes, révèlent un artiste complet maîtrisant les techniques picturales les plus raffinées de la tradition japonaise.

Anecdotes

Avant Katsukawa Shunshō, les portraits d'acteurs de kabuki (yakusha-e) représentaient tous les visages de la même façon, stylisés et interchangeables. Shunshō eut l'idée révolutionnaire de peindre les vrais visages des acteurs, avec leurs traits distinctifs. Les spectateurs d'Edo pouvaient désormais reconnaître immédiatement leur acteur favori sur une estampe, ce qui rencontra un succès immédiat.

Parmi les élèves de Shunshō se trouvait un jeune homme alors inconnu, entré dans l'atelier vers 1778 sous le nom de Shunrō : c'était le futur Hokusai, qui deviendrait l'un des artistes les plus célèbres du monde. Ironiquement, après la mort de Shunshō en 1793, Hokusai fut expulsé de l'école Katsukawa par ses condisciples, ce qui le poussa à développer son propre style indépendant.

En 1770, Shunshō s'associa avec un autre maître de l'estampe, Ippitsusai Bunchō, pour publier l'Ehon Butai Ōgi (Le livre des éventails de scène). Cet album de portraits d'acteurs connut un succès foudroyant à Edo : il combinait la maîtrise des deux artistes et constitua une référence absolue du genre yakusha-e pendant des décennies.

Shunshō ne se limitait pas aux acteurs de kabuki : il est aussi l'un des premiers artistes à avoir développé un genre entier consacré aux lutteurs de sumo. Ses estampes capturaient la puissance et la technique de ces athlètes vénérés, contribuant à populariser ce sport rituel auprès d'un public plus large à une époque où le sumo connaissait une vogue extraordinaire à Edo.

Au-delà de ses estampes commerciales, Shunshō était reconnu comme un peintre raffiné sur soie et papier, genre plus élitiste que la gravure sur bois. Ses peintures de femmes élégantes et de scènes de la nature étaient prisées par la haute société d'Edo, témoignant d'une maîtrise artistique qui dépassait largement la production populaire d'estampes.

Sources primaires

Ehon Butai Ōgi (絵本舞台扇, Le livre des éventails de scène) (1770)
Album de portraits d'acteurs de kabuki réalisé conjointement par Shunshō et Ippitsusai Bunchō. Chaque planche représente un acteur dans un rôle précis, avec ses traits authentiques, accompagné d'un poème calligraphié.
Yakusha Butai no Sugatae (役者舞台の姿絵, Portraits d'acteurs sur scène) (1770-1780)
Série d'estampes polychromes représentant les grands acteurs de kabuki de l'époque dans leurs rôles les plus célèbres. Ces feuilles constituent le corpus fondateur du portrait d'acteur réaliste dans l'histoire de l'ukiyo-e.
Ehon Imayō Sugata (絵本今様姿, Figures de styles actuels) (1776)
Recueil illustré mêlant représentations de femmes élégantes et scènes de la vie quotidienne à Edo. Il témoigne de l'étendue du talent de Shunshō au-delà du seul portrait d'acteur.
Série de sumō-e (estampes de lutteurs de sumo) (1781-1790)
Ensemble de grandes estampes représentant les lutteurs de sumo les plus renommés d'Edo, notamment lors des tournois au sanctuaire de Eko-in. Ces œuvres contribuèrent à établir le sumō-e comme genre reconnu de l'ukiyo-e.

Lieux clés

Edo (actuelle Tokyo), Japon

Capitale du shogunat Tokugawa et principal lieu de vie et de travail de Shunshō. Avec plus d'un million d'habitants au XVIIIe siècle, Edo était la plus grande ville du monde et le cœur de la culture populaire japonaise, avec ses théâtres de kabuki, ses marchés d'estampes et ses quartiers animés.

Quartier des théâtres de kabuki d'Edo (Nakamura-za, Ichimura-za)

Les grandes salles de kabuki concentrées dans le quartier autorisé de la ville étaient la source d'inspiration directe et permanente de Shunshō. Il fréquentait assidûment les représentations pour observer les acteurs et saisir leurs expressions caractéristiques avant de les reproduire dans ses estampes.

Sanctuaire Eko-in, Edo (Ryōgoku)

Principal lieu des tournois officiels de sumo à Edo à partir de la fin du XVIIIe siècle. C'est en observant les lutteurs dans cette enceinte que Shunshō développa ses séries de sumō-e, capturant la puissance et les postures rituelles de ces athlètes vénérés.

Quartier de Nihonbashi, Edo

Centre commercial et culturel d'Edo, où étaient concentrés les éditeurs (hanmoto) et les boutiques vendant des estampes ukiyo-e. C'est là que Shunshō travaillait avec ses éditeurs pour diffuser ses œuvres auprès d'un large public de la ville.

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