Ta — pain conique d'amidonnier au levain
Un pain dense et légèrement acidulé, pétri de farine d'amidonnier (un blé ancien) sur levain naturel, façonné en cône ou en disque épais et cuit au four de terre. C'est le pain quotidien des vivants comme la nourriture éternelle des morts.
Un pain dense et légèrement acidulé, pétri de farine d'amidonnier (un blé ancien) sur levain naturel, façonné en cône ou en disque épais et cuit au four de terre. C'est le pain quotidien des vivants comme la nourriture éternelle des morts.
Approche, toi qui respires encore. Vois ce pain dressé sur ma table d'éternité : c'est mon corps, le grain qu'on enterre et qui se relève. Mes prêtres d'Abydos broyaient l'amidonnier sur la meule, laissaient la pâte s'aigrir une nuit comme le Nil s'attarde, puis la cuisaient jusqu'à ce qu'elle sonne creux. Mange-en et souviens-toi : ce qui meurt sous la terre revient toujours en épi.
- •Farine d'amidonnier (blé vêtu) — à volonté, fraîchement moulue (base)
- •Levain naturel d'orge ou de pâte aigrie — une part (levée et acidité)
- •Eau du Nil — selon la pâte (hydratation)
- •Sel du désert (natron alimentaire) — une pincée (assaisonnement)
Ta — pain conique d'amidonnier au levain
Un pain dense et légèrement acidulé, pétri de farine d'amidonnier (un blé ancien) sur levain naturel, façonné en cône ou en disque épais et cuit au four de terre. C'est le pain quotidien des vivants comme la nourriture éternelle des morts.
Pourquoi ce plat ? Le pain conique est l'offrande première déposée à Abydos, ville sainte d'Osiris, devant son cénotaphe. Faire germer puis renaître le grain en pain levé est l'image exacte du dieu mort et ressuscité ; nul autel d'Osiris ne s'ouvrait sans lui.
Approche, toi qui respires encore. Vois ce pain dressé sur ma table d'éternité : c'est mon corps, le grain qu'on enterre et qui se relève. Mes prêtres d'Abydos broyaient l'amidonnier sur la meule, laissaient la pâte s'aigrir une nuit comme le Nil s'attarde, puis la cuisaient jusqu'à ce qu'elle sonne creux. Mange-en et souviens-toi : ce qui meurt sous la terre revient toujours en épi.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine d'amidonnier (blé vêtu) — à volonté, fraîchement moulue (base)
- Levain naturel d'orge ou de pâte aigrie — une part (levée et acidité)
- Eau du Nil — selon la pâte (hydratation)
- Sel du désert (natron alimentaire) — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Farine d'engrain ou de petit épeautre — 500 g (base)
- Levain naturel actif — 150 g (levée et acidité)
- Eau tiède — 300 ml (hydratation)
- Sel — 9 g (assaisonnement)
Préparation
- Mélangez farine, levain et eau, laissez reposer 30 min (autolyse).
- Ajoutez le sel et pétrissez jusqu'à une pâte souple.
- Laissez lever 3 à 4 h à température ambiante, jusqu'au doublement.
- Façonnez en cône épais ou en disque bombé, posez sur une plaque farinée.
- Laissez pousser 1 h, puis cuisez à 230 °C pendant 30 à 35 min, jusqu'à une croûte dorée qui sonne creux.
Comment on faisait : Les Égyptiens cuisaient le pain dans des moules de terre coniques (bedja) préchauffés, ou en galettes sur les parois d'un four-cloche. Les analyses de pains retrouvés dans les tombes montrent qu'ils mélangeaient parfois la pâte avec des éclats de pierre de meule — d'où les dents usées des momies.
Le twist contemporain : Servez-le tranché avec un filet d'huile de sésame grillé et une pointe de miel : le pain des dieux, version brunch du dimanche.
Sources : Delwen Samuel, recherches archéobotaniques sur le pain et la bière à Amarna · Pierre Tallet, La cuisine de l'Égypte ancienne
Osiris · Charactorium