Écrivain japonais du début du XXe siècle, maître de la nouvelle. Il puise dans les contes anciens du Japon pour explorer l'ambiguïté de la vérité et la psychologie humaine. Figure majeure de la littérature japonaise moderne, il met fin à ses jours en 1927.
Ryunosuke Akutagawa(1892 — 1927)
Ryūnosuke Akutagawa
Japon
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1892 à Tokyo, sous l'ère Meiji
- Publie sa nouvelle 'Rashōmon' en 1915
- Publie 'Dans le fourré' (Yabu no naka) en 1922, qui inspirera le film de Kurosawa en 1950
- Se suicide en 1927 à l'âge de 35 ans
- Le prix Akutagawa, créé en 1935, récompense les jeunes écrivains japonais en son honneur
Œuvres & réalisations
Nouvelle inaugurale qui le révèle : sous une porte en ruine d'un Kyoto dévasté, un serviteur hésite entre honnêteté et survie.
Histoire d'un moine humilié par son très long nez ; c'est elle qui valut à Akutagawa les éloges de Natsume Sōseki.
Conte moral d'inspiration bouddhique sur un brigand à qui le Bouddha offre une chance de salut, souvent lu par les enfants.
Récit d'un peintre prêt à tout sacrifier, même les siens, au nom de la perfection de son art.
Un meurtre raconté par plusieurs témoins qui se contredisent ; chef-d'œuvre sur la vérité, adapté par Kurosawa.
Recueil d'aphorismes mordants sur la morale, l'art et la société.
Satire de la société humaine vue à travers le pays imaginaire des kappa, créatures du folklore.
Autobiographie en fragments, publiée après sa mort, où il regarde lucidement sa propre existence.
Anecdotes
Akutagawa serait né en 1892, une année du Dragon, et la légende familiale veut qu'il soit venu au monde le mois, le jour et même l'heure du Dragon. C'est pourquoi on lui donna le prénom Ryūnosuke, où le caractère « ryū » (龍) signifie « dragon ».
Quelques mois après sa naissance, sa mère sombra dans la folie. Le bébé fut confié à la famille de son oncle maternel, les Akutagawa, dont il prit le nom. Toute sa vie, il garda la hantise d'avoir hérité de cette fragilité mentale, peur qui hante plusieurs de ses récits.
Le plus grand écrivain de l'époque, Natsume Sōseki, lut la nouvelle « Le Nez » du jeune Akutagawa et lui écrivit une lettre enthousiaste l'encourageant à continuer. Cet appui d'un maître admiré lança la carrière du débutant de 24 ans.
Akutagawa était un lecteur insatiable de contes anciens. Beaucoup de ses nouvelles, comme « Rashōmon » ou « Dans le fourré », sont des réécritures modernes d'histoires tirées du « Konjaku Monogatari », un recueil japonais du XIIe siècle.
En 1950, le cinéaste Akira Kurosawa adapta deux nouvelles d'Akutagawa dans son film « Rashōmon », qui fit connaître le cinéma japonais dans le monde entier. On parle depuis d'« effet Rashōmon » pour décrire des témoignages contradictoires d'un même événement.
En son honneur, son ami l'écrivain Kikuchi Kan créa en 1935 le prix Akutagawa, qui est aujourd'hui la plus prestigieuse récompense littéraire du Japon pour les jeunes auteurs.
Sources primaires
C'était un soir. Sous la porte Rashōmon, un serviteur attendait que la pluie cesse de tomber.
Oui, monsieur. C'est bien moi qui ai découvert le cadavre. Ce matin, comme à mon habitude, j'étais parti couper du bois dans la montagne, derrière le bosquet.
Ce que j'éprouve, c'est seulement une vague inquiétude (bonyari shita fuan) à l'égard de mon avenir.
Le plus sage face à la vie est de mépriser les conventions tout en vivant comme si on ne les méprisait pas.
Lieux clés
Quartier de Tokyo où naquit Akutagawa en 1892. Sa famille biologique, les Niihara, y tenait une laiterie.
Akutagawa y étudia la littérature anglaise. C'est durant ses années d'étudiant qu'il publia ses premières nouvelles.
Pour gagner sa vie au début de sa carrière, Akutagawa y enseigna l'anglais pendant quelques années.
Quartier où Akutagawa s'installa et tint un véritable salon littéraire pour de jeunes écrivains. C'est là qu'il vécut ses dernières années et mit fin à ses jours en 1927.
En 1921, Akutagawa parcourut la Chine comme correspondant d'un grand journal d'Osaka. Ce voyage, fatigant, marqua un tournant dans sa santé et son inspiration.
Temple du quartier de Sugamo où se trouve la tombe d'Akutagawa.
Objets typiques

Feuilles quadrillées japonaises où chaque petite case accueille un caractère. C'est sur ce papier que les écrivains comme Akutagawa rédigeaient leurs nouvelles à la main.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
Instruments traditionnels de l'écriture japonaise : on frotte un bâton d'encre sur la pierre humidifiée, puis on trace les caractères au pinceau. Akutagawa s'en servait pour ses brouillons et sa correspondance.

Vêtement traditionnel japonais en tissu croisé, fermé par une large ceinture (obi). Akutagawa le portait souvent chez lui, alors qu'il enfilait un costume occidental pour ses sorties.
📷 CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons ↗
Vaste recueil de contes japonais et bouddhiques compilé au XIIe siècle. Akutagawa y puisait directement la matière de plusieurs de ses nouvelles les plus célèbres.

Petites lunettes cerclées qu'on voit sur la plupart des portraits d'Akutagawa, au visage maigre et aux cheveux ébouriffés. Elles sont devenues l'image typique de l'intellectuel japonais de l'époque.

Akutagawa aimait dessiner des kappa, ces espiègles créatures aquatiques du folklore japonais, et s'identifiait à elles. Il leur consacra l'une de ses dernières œuvres, une satire de la société.
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Vie quotidienne
Matin
Souvent insomniaque et de santé fragile, Akutagawa se levait sans grand entrain. Il commençait sa journée par la lecture et la correspondance, entouré des innombrables livres de son cabinet de travail à Tabata.
Après-midi
L'après-midi était consacré à l'écriture, lente et exigeante, sur du papier quadrillé. Sa maison était aussi un lieu de rencontre : de jeunes écrivains venaient discuter littérature autour d'une tasse de thé.
Soir
Le soir, Akutagawa lisait tard dans la nuit. Tourmenté par l'insomnie et l'angoisse, il avait de plus en plus recours à des somnifères pour trouver le sommeil.
Alimentation
Il mangeait une cuisine japonaise classique : riz, poisson, soupe miso et légumes marinés, accompagnés de thé vert. Son estomac fragile l'obligeait toutefois à la modération.
Vêtements
À la maison, il portait le kimono traditionnel ; pour enseigner ou sortir en ville, il revêtait un costume occidental. Maigre, les cheveux en bataille et de petites lunettes rondes, il avait l'allure typique de l'intellectuel de l'ère Taishō.
Habitat
Il habitait une maison japonaise de Tabata, à Tokyo, aux pièces couvertes de tatamis et aux cloisons coulissantes. Son bureau débordait de livres anciens et modernes, japonais comme étrangers.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Rashōmon (羅生門)
1915
Le Nez (Hana, 鼻)
1916
Le Fil de l'araignée (Kumo no Ito, 蜘蛛の糸)
1918
Figures infernales (Jigokuhen, 地獄変)
1918
Dans le fourré (Yabu no naka, 藪の中)
1922
Les Paroles d'un nain (Shuju no kotoba, 侏儒の言葉)
1923-1927
Kappa (河童)
1927






