Yasujirō Ozu (1903-1963) est un cinéaste japonais, l'un des plus grands maîtres du cinéma mondial. Ses films intimistes peignent avec délicatesse la famille japonaise et le passage du temps, dans un style épuré et contemplatif.
Yasujirō Ozu(1903 — 1963)
Yasujirō Ozu
Japon
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1903 à Tokyo, il entre aux studios Shōchiku en 1923 et réalise son premier film en 1927.
- Développe un style formel singulier : caméra à hauteur du tatami, plans fixes, axes frontaux et 'pillow shots' (plans de transition).
- Réalise en 1953 son chef-d'œuvre, *Voyage à Tokyo* (Tokyo monogatari), sur des grands-parents délaissés par leurs enfants.
- Signe d'autres films majeurs comme *Printemps tardif* (1949) et *Le Goût du saké* (1962), centrés sur la famille et le mariage.
- Meurt en 1963, le jour de son 60e anniversaire ; son œuvre est redécouverte en Occident dans les années 1970.
Œuvres & réalisations
Comédie muette sur deux jeunes frères qui découvrent que leur père doit s'humilier devant son patron. Un des sommets du cinéma muet japonais.
Premier film parlant d'Ozu, sur une mère de province qui rend visite à son fils à Tokyo et mesure ses espoirs déçus.
Premier film majeur de sa période d'après-guerre, sur une jeune femme qui hésite à quitter son père pour se marier. Début de sa collaboration avec Setsuko Hara.
Portrait délicat d'une famille élargie autour du mariage d'une jeune femme qui choisit elle-même son destin.
Son chef-d'œuvre : un vieux couple rend visite à ses enfants à Tokyo, trop occupés pour s'en occuper. Régulièrement classé parmi les plus grands films de l'histoire.
Comédie en couleurs sur deux enfants qui font la grève du silence pour obtenir un téléviseur, satire douce de la société de consommation.
Dernier film d'Ozu : un père vieillissant marie sa fille et se retrouve face à la solitude. Un adieu mélancolique à ses thèmes de toujours.
Anecdotes
Yasujirō Ozu est mort le 12 décembre 1963, le jour exact de son soixantième anniversaire : il était né un 12 décembre 1903. Sa mère, avec qui il avait vécu presque toute sa vie sans jamais se marier, s'était éteinte quelques mois plus tôt, en 1962.
Ozu a inventé une manière de filmer si personnelle qu'on l'appelle le « plan tatami » : il posait sa caméra très bas, à environ un mètre du sol, à la hauteur des yeux d'une personne assise par terre à la japonaise. Le spectateur a ainsi l'impression d'être invité dans la pièce, assis avec la famille.
Pour écrire ses scénarios, Ozu s'isolait pendant des semaines dans un chalet de montagne à Tateshina avec son fidèle complice Kōgo Noda. On raconte qu'ils mesuraient l'avancement de leur travail au nombre de bouteilles de saké vidées : un scénario terminé représentait parfois plus de cent bouteilles.
Sur la tombe d'Ozu, au temple zen d'Engaku-ji près de Kamakura, il n'y a ni nom ni dates : un seul caractère japonais y est gravé, 無 (« mu »), qui signifie « le vide » ou « le néant », un concept central du bouddhisme zen.
Pour décrire son art, Ozu disait avec humour : « Je suis un marchand de tofu, je ne sais faire que du tofu. » Il voulait dire qu'il refusait de courir après les modes et préférait perfectionner toute sa vie le même type de films intimistes sur la famille japonaise.
Sources primaires
Je suis un marchand de tofu, je ne fais donc que du tofu.
— La vie est décevante, n'est-ce pas ? — Oui… c'est décevant.
無 (mu) — « le vide », « le néant ».
Ozu y notait au jour le jour son travail d'écriture, ses repas, ses promenades et les saisons, témoignant de sa vie méthodique et solitaire.
Lieux clés
Quartier populaire de Tokyo où naît Ozu en 1903. La ville moderne et ses familles d'employés seront au cœur de son cinéma.
Ville où Ozu passe son enfance et son adolescence, envoyé par son père loin de Tokyo. C'est là qu'il découvre, en séchant les cours, sa passion pour le cinéma.
Grande compagnie de cinéma où Ozu entre en 1923 comme assistant et passe toute sa carrière. Il y réalise la quasi-totalité de ses films.
Station de montagne où Ozu possédait un chalet et s'isolait avec le scénariste Kōgo Noda pour écrire ses films.
Grand temple zen près de Kamakura où Ozu est enterré. Sa tombe ne porte qu'un seul caractère : 無 (« le vide »).
Objets typiques

Ozu posait sa caméra très bas, immobile sur un trépied spécial, pour filmer ses personnages assis sur le tatami. Cette caméra fixe est la signature de son art.

Natte de paille de riz tressée qui couvre le sol des maisons japonaises traditionnelles. C'est l'unité d'espace de la pièce et la hauteur de référence du fameux « plan tatami » d'Ozu.

Petite bouilloire ou théière de couleur vive qu'Ozu plaçait souvent dans le décor de ses intérieurs. Ces objets immobiles, filmés seuls, ponctuaient ses films comme des respirations.

Le saké, alcool de riz, accompagne d'innombrables scènes de repas et de retrouvailles dans les films d'Ozu, qui était lui-même grand amateur de cette boisson.

Vêtement traditionnel japonais que portent de nombreux personnages féminins d'Ozu, notamment l'actrice Setsuko Hara, en contraste avec les costumes occidentaux des employés de bureau.

Les trains et les voies ferrées reviennent sans cesse chez Ozu, filmés seuls comme « plans-oreillers ». Ils symbolisent le voyage, la séparation et le temps qui passe, comme dans Voyage à Tokyo.
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Vie quotidienne
Matin
Homme méthodique et solitaire, Ozu se levait sans hâte dans la maison qu'il partageait avec sa mère, à Kamakura. Quand il ne tournait pas, ses matinées étaient consacrées à la lecture, à la correspondance et à la préparation de ses films.
Après-midi
Sur un plateau, Ozu était un perfectionniste exigeant qui réglait chaque détail du décor et faisait répéter inlassablement ses acteurs. Hors tournage, il rejoignait souvent le scénariste Kōgo Noda pour de longues séances d'écriture.
Soir
Les soirées se passaient volontiers entre amis du cinéma, autour de bons repas arrosés de saké, dont il était grand amateur. Ozu aimait la conversation tranquille et la compagnie de ses collaborateurs fidèles.
Alimentation
Comme la plupart des Japonais de son temps, Ozu mangeait du riz, du poisson, des soupes et des légumes marinés, servis sur des petites tables basses. Le saké, alcool de riz, tenait une place importante dans sa vie sociale et ses films.
Vêtements
Au quotidien Ozu portait des vêtements occidentaux confortables, costume ou tenue de travail sur les plateaux, comme beaucoup d'hommes japonais des villes. Le kimono restait réservé aux occasions ou à l'intimité, comme pour ses personnages.
Habitat
Ozu vivait dans une maison japonaise traditionnelle aux pièces couvertes de tatamis, cloisons coulissantes et mobilier bas — exactement le type d'intérieur qu'il filmait. Il possédait aussi un chalet en montagne à Tateshina pour écrire.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Été précoce (Bakushū)
1951
Bonjour (Ohayō)
1959






