Yasunari Kawabata (1899-1972) est un écrivain japonais, premier auteur de son pays à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1968. Son œuvre, empreinte de mélancolie et de l'esthétique traditionnelle japonaise, explore la beauté éphémère, la solitude et le passage du temps.
Yasunari Kawabata(1899 — 1972)
Yasunari Kawabata
Japon
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né à Osaka en 1899, orphelin dès la petite enfance, ce qui marque profondément son œuvre
- Publie « Pays de neige » (Yukiguni), l'un de ses chefs-d'œuvre, à partir de 1935
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1968, premier Japonais à obtenir cette distinction
- Prononce le discours « Le Japon, par sa beauté » lors de la réception du Nobel
- Meurt en 1972 à Zushi, probablement par suicide
Œuvres & réalisations
Nouvelle qui révèle Kawabata : un étudiant solitaire suit une troupe de comédiens ambulants et s'éprend d'une jeune danseuse. Un chef-d'œuvre de délicatesse et de retenue.
Roman le plus célèbre de Kawabata, sur l'amour impossible entre un esthète de Tokyo et une geisha de province. Œuvre d'une beauté glacée, longtemps remaniée.
Roman tissé autour de la cérémonie du thé, où des bols anciens portent le poids des passions et des morts. Une méditation sur l'héritage et le désir.
Portrait d'un vieil homme face au déclin, à la famille et à la mort dans le Japon d'après-guerre. Considéré par beaucoup comme son sommet romanesque.
Récit inspiré d'une partie de go réelle, opposant un vieux maître à un jeune champion. Allégorie de la fin d'un Japon traditionnel.
Roman sur deux sœurs jumelles séparées dans l'ancienne capitale, au fil des saisons et des fêtes traditionnelles. Un hommage à la beauté de Kyôto.
Conférence prononcée à Stockholm, où Kawabata présente à l'Occident l'esthétique zen et la poésie classique de son pays. Texte devenu un manifeste culturel.
Anecdotes
Orphelin très jeune, Kawabata perd son père à deux ans, sa mère à trois ans, puis sa grand-mère et sa sœur. Élevé par son grand-père aveugle et malade, il veille seul le vieillard mourant à quinze ans et en tire un récit bouleversant, le « Journal de ma seizième année ». Cette solitude d'enfance nourrira toute son œuvre, hantée par la perte et la mélancolie.
En 1968, Kawabata devient le premier Japonais à recevoir le prix Nobel de littérature. Pour son discours à Stockholm, intitulé « Le Japon, par sa beauté, et moi-même », il choisit d'apparaître en kimono et de présenter à l'Occident les poèmes des moines zen et l'esthétique traditionnelle de son pays, plutôt que de se rapprocher des modes littéraires européennes.
Kawabata fut le mentor du jeune écrivain Yukio Mishima, dont il défendit le talent dès ses débuts. Quand Mishima se suicide par seppuku en 1970 après une tentative de coup d'État, Kawabata, bouleversé, se rend sur les lieux. Beaucoup virent dans ce deuil un signe annonciateur de sa propre fin.
Pour écrire « Pays de neige », Kawabata séjourna plusieurs hivers dans une auberge thermale d'Echigo-Yuzawa, dans les montagnes enneigées du Niigata. Il observa longuement la vie des sources chaudes et des geishas de province, et mit près de douze ans (1935-1947) à parfaire ce roman bref, retouché sans cesse.
Le 16 avril 1972, Kawabata meurt dans son atelier de Zushi, asphyxié par le gaz, sans avoir laissé de lettre. Sa mort, à 72 ans, est généralement présentée comme un suicide, mais certains proches et chercheurs ont douté de son caractère volontaire, le mystère restant entier.
Sources primaires
Le train sortit du long tunnel, et l'on était dans le pays de neige. Le fond de la nuit avait blanchi.
Au printemps les fleurs, en été le coucou ; en automne la lune, et en hiver la neige, claire et froide. Kawabata cite ce poème du moine Dōgen pour présenter l'âme du Japon.
Une averse balaya le pied de la montagne, blanchissant la forêt de cryptomères, au moment où la route s'élevait vers le col.
Lieux clés
Ville natale de Kawabata, où il naît en 1899 dans une famille bientôt décimée par la maladie. C'est là que commence son enfance d'orphelin.
Kawabata y étudie la littérature japonaise et en sort diplômé en 1924. Il y fonde avec des amis la revue qui lance le mouvement « néo-sensationniste ».
Station thermale enneigée des montagnes du Niigata où Kawabata séjourna plusieurs hivers. Le lieu inspire directement le décor de « Pays de neige ».
Région de sources chaudes que le jeune Kawabata parcourut à pied. Elle est le cadre de « La Danseuse d'Izu », récit de sa rencontre avec une troupe de comédiens ambulants.
Ancienne capitale shogunale au sud de Tokyo où Kawabata s'établit et vécut de longues années. Entouré de temples et d'art ancien, il y écrivit plusieurs de ses grands romans.
Ville côtière où Kawabata possédait un atelier de travail. Il y meurt le 16 avril 1972, asphyxié par le gaz.
Objets typiques

Vêtement traditionnel japonais que Kawabata portait volontiers, notamment pour recevoir son prix Nobel à Stockholm. Il symbolise l'attachement de l'écrivain à l'esthétique de son pays.
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Bol de céramique ancienne employé dans la cérémonie du thé, au cœur du roman « Nuée d'oiseaux blancs ». Kawabata, collectionneur d'art, en faisait un objet chargé de mémoire et de beauté fragile.

Damier de bois sur lequel se joue le go, jeu de stratégie millénaire. Kawabata lui consacra le roman « Le Maître ou le tournoi de go », méditation sur la fin d'un monde traditionnel.

Instruments de l'écrivain japonais, du pinceau à encre au papier washi. Kawabata composa des récits très brefs, ciselés comme des poèmes, qu'il appelait « romans gros comme la paume de la main ».

Médaille d'or remise à Stockholm en 1968, faisant de Kawabata le premier lauréat japonais de littérature. Elle consacra la reconnaissance mondiale de la culture japonaise.
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Petite serviette des sources chaudes japonaises, décor récurrent de « Pays de neige » et de « La Danseuse d'Izu ». Les onsen offraient à Kawabata l'atmosphère feutrée de ses récits.
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Vie quotidienne
Matin
Insomniaque chronique, Kawabata se levait souvent tard après des nuits agitées. La matinée se passait dans le calme de sa maison de Kamakura, entre la lecture du courrier et la contemplation de ses objets d'art anciens.
Après-midi
L'après-midi était consacré à l'écriture, lente et exigeante, qu'il pratiquait par fragments très ciselés. Il recevait aussi de jeunes écrivains qu'il conseillait, ou siégeait comme juré de prix littéraires.
Soir
Le soir, Kawabata aimait fréquenter les sources chaudes et les auberges traditionnelles, observant les visages et les conversations qui nourrissaient ses récits. Grand collectionneur, il passait des heures à examiner céramiques et estampes.
Alimentation
Il se nourrissait de la cuisine japonaise traditionnelle : riz, poisson, légumes marinés et thé vert, souvent en petites quantités. Sa santé fragile et son insomnie le poussaient à un régime sobre.
Vêtements
Kawabata affectionnait le kimono et la tenue japonaise, qu'il portait même dans les grandes occasions officielles, comme lors de la remise du prix Nobel. Il incarnait ainsi son attachement à la tradition.
Habitat
Il vivait à Kamakura, ancienne cité de temples au sud de Tokyo, dans une demeure entourée d'objets d'art et d'antiquités. Il disposait aussi d'un atelier à Zushi, sur la côte, où il se retirait pour travailler.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Danseuse d'Izu (Izu no Odoriko)
1926
Pays de neige (Yukiguni)
1935-1947
Nuée d'oiseaux blancs (Senbazuru)
1949-1952
Le Grondement de la montagne (Yama no Oto)
1949-1954
Le Maître ou le tournoi de go (Meijin)
1951-1954
Kyôto (Koto)
1962
Discours Nobel « Le Japon, par sa beauté, et moi-même »
1968






