
Yusuf Balasaguni est un poète et philosophe turcophone du XIe siècle, auteur du Kutadgu Bilig (La Sagesse qui apporte le bonheur), chef-d'œuvre de la littérature turque classique rédigé en 1069-1070. Cette œuvre fondatrice mêle éthique, politique et philosophie islamique pour offrir un miroir des princes à la cour karakhanide.
Yusuf Balasaguni(1019 — 1085)
Yusuf Balasaguni
empire karakhanide
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le savoir est une lumière qui guide l'homme vers la droiture.»
« Celui qui sait gouverner sa langue gouverne aussi les hommes.»
Faits marquants
- Né vers 1019 à Balasagun (actuel Kirghizistan), ville capitale de l'empire karakhanide.
- Rédige le Kutadgu Bilig en 1069-1070, offert au khan karakhanide Tabghach Bughra Khan à Kachgar.
- Le Kutadgu Bilig compte environ 6 500 distiques en vers et constitue le premier grand texte philosophique en langue turque.
- L'œuvre met en scène quatre personnages allégoriques incarnant la justice, la chance, l'intellect et la sagesse.
- Il reçut le titre honorifique de Has Hajib (chambellan particulier) à la cour de Kachgar en récompense de son œuvre.
Œuvres & réalisations
Poème didactique d'environ 6 500 distiques, premier grand chef-d'œuvre de la littérature turque islamique et miroir des princes de la cour karakhanide.
Structure originale de l'œuvre : la Justice (le roi), le Bonheur (le vizir), l'Intelligence (son fils) et l'Au-delà (l'ermite) dialoguent pour exposer l'art de bien vivre et bien gouverner.
En choisissant le turc plutôt que l'arabe ou le persan, Yusuf établit un modèle de langue savante turque appelé à un long avenir.
Anecdotes
Yusuf Balasaguni acheva son Kutadgu Bilig en dix-huit mois, vers 1069-1070, et l'offrit au khan karakhanide Tavgach Bughra Khan. En récompense, le souverain lui accorda le titre honorifique de « Khass Hajib », c'est-à-dire chambellan privé, une haute charge à la cour.
Le Kutadgu Bilig est construit comme un dialogue entre quatre personnages allégoriques : le roi représente la Justice, son vizir le Bonheur, le fils du vizir l'Intelligence, et un ermite la fin des choses (l'au-delà). À travers leurs échanges, Yusuf expose sa vision de la vie bonne et du bon gouvernement.
Yusuf écrivit son œuvre non pas en arabe ou en persan, langues savantes dominantes de son temps, mais en turc karakhanide. Ce choix audacieux fit du Kutadgu Bilig le premier grand monument littéraire connu de la langue turque islamisée.
Yusuf commença la rédaction de son livre dans la ville de Balasagun, dont il tire son nom, puis l'acheva à Kachgar, capitale culturelle des Karakhanides. Il avait alors une cinquantaine d'années et présenta lui-même le manuscrit à la cour.
Le titre Kutadgu Bilig signifie « la sagesse qui rend heureux » ou « le savoir qui procure le bonheur royal » : pour Yusuf, le vrai bonheur, dans ce monde comme dans l'autre, s'obtient par la justice, la connaissance et la maîtrise de soi.
Sources primaires
Au nom de Dieu clément et miséricordieux : ce livre est extrêmement précieux ; appuyé sur la sagesse des sages de Chine et de l'Orient, il guide celui qui le lit vers le bonheur des deux mondes.
L'homme s'élève par le savoir et l'intelligence ; grâce à ces deux qualités il atteint son but. Le savoir est un flambeau qui éclaire les ténèbres, l'intelligence une lumière qui illumine le corps.
Le royaume se maintient par la justice et non par la tyrannie ; là où règne l'équité, le peuple prospère et la terre se peuple ; là où règne l'injustice, le pays se vide et se ruine.
Lieux clés
Cité de la vallée du Tchou où Yusuf naquit et commença son œuvre ; capitale des Karakhanides orientaux.
Ville-oasis du bassin du Tarim où Yusuf acheva le Kutadgu Bilig et le présenta à la cour du khan.
Grand foyer culturel d'Asie centrale, passé sous domination karakhanide, rayonnant sur la vie savante de la région.
Métropole karakhanide occidentale, centre de production du papier et carrefour des savoirs perso-islamiques.
Région steppique et fluviale du Turkestan où s'épanouit la culture turque islamisée dont Yusuf est issu.





