Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Auguste

par Charactorium · Auguste (62 av. J.-C. — 14) · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Rome, an 12 de notre ère. Sur la colline du Palatin, dans une maison de brique que l'on dirait celle d'un sénateur ordinaire, un vieil homme reçoit, vêtu d'une toge blanche que sa femme a filée elle-même. La lumière du soir tombe sur un anneau gravé d'un sphinx. Auguste, premier des citoyens, accepte de parler — non du dieu qu'on fera de lui, mais de l'homme qui a vu Rome saigner puis renaître.

Comment un jeune homme de dix-neuf ans, malingre et sans expérience, a-t-il osé se jeter dans la mêlée romaine après les ides de mars ?

On me croyait un enfant qu'on écarterait d'un revers de main. Mon grand-oncle César venait d'être frappé de vingt-trois coups, et son nom me tombait sur les épaules comme une armure trop large. Je l'ai endossée. Ainsi que je l'ai fait graver : « À l'âge de dix-neuf ans, j'ai levé une armée à mes frais et par ma propre initiative. » Beaucoup ont vu là l'audace d'un gamin ; c'était surtout une dette de sang. Les vétérans de mon père me suivirent parce qu'ils suivaient son souvenir. Et lorsqu'on scella le Second Triumvirat en 43 av. J.-C. avec Antoine et Lépide, j'appris très vite que la proscription n'est pas un mot d'archive : c'est une liste où l'on inscrit des hommes qu'on a salués la veille.

Son nom me tombait sur les épaules comme une armure trop large. Je l'ai endossée.

Vous souvenez-vous d'Actium, cette bataille qui décida de tout ?

31 av. J.-C., au large des côtes grecques. La flotte d'Antoine et de Cléopâtre était plus lourde, plus dorée, plus sûre d'elle. La mienne était maigre et patiente. Quand leurs voiles se sont défaites dans la fuite, j'ai compris que Rome n'aurait plus qu'un seul maître, et que ce maître devrait répondre de tout le sang versé pour y parvenir. L'année suivante, l'Égypte tombait dans mon escarcelle comme un fruit trop mûr. On me croit fier de ce jour ; je le suis comme on l'est d'une guérison après une longue fièvre. Le Sénat me remit plus tard un bouclier d'or, le clipeus virtutis, gravé de quatre vertus : courage, clémence, justice, piété. La clémence — voilà le mot que j'ai mis le plus de temps à mériter, moi qui avais signé des proscriptions.

Je suis fier d'Actium comme on l'est d'une guérison après une longue fièvre.

Pourquoi avoir refusé les titres de roi ou de dictateur, alors que vous déteniez tous les pouvoirs ?

Parce que Rome a tué ceux qui voulurent être rois, et que la mémoire d'un peuple est une bête rancunière. J'ai préféré le nom de princeps, le premier des citoyens — un parmi les autres, simplement placé devant. Les apparences de la République, je les ai gardées comme on garde un vieux temple dont on refait discrètement les fondations : le Sénat siégeait, les consuls portaient leurs faisceaux, et moi je gouvernais. En 27 av. J.-C. j'ai partagé les provinciae entre celles du Sénat et les miennes, et cette charpente a tenu des générations. Le titre d'imperator, que les soldats criaient jadis à un général victorieux, je l'ai fait mien pour toujours. On peut tout obtenir d'un homme libre, pourvu qu'on ne lui dise jamais qu'il a cessé de l'être.

J'ai gardé la République comme un vieux temple dont on refait discrètement les fondations.

Que souhaitez-vous transmettre par ce long texte que vous faites graver, le Res Gestae ?

Les hommes oublient vite, et les rumeurs vivent plus longtemps que les faits. J'ai donc voulu que mes actes fussent écrits dans le bronze, devant mon Mausolée, là où le passant ne pourra pas feindre de ne pas lire. Le titre de Pater Patriae, que le Sénat m'a décerné en 2 av. J.-C., et celui de Pontifex Maximus reçu plus tôt, ne valent rien si nul ne se souvient de ce que j'en ai fait. On dira que c'est de l'orgueil ; je réponds que c'est de la prudence. Un héritier mal renseigné est plus dangereux qu'un ennemi. Que mes successeurs lisent ce que coûte la paix : des armées, des routes, des deniers, et une patience qui ne se grave nulle part.

Les rumeurs vivent plus longtemps que les faits ; j'ai donc écrit les miens dans le bronze.

On vous prête ce mot fameux sur la transformation de la ville. Qu'entendiez-vous au juste par là ?

Que j'avais « trouvé Rome en briques et l'avais laissée en marbre » — oui, on me le fera répéter longtemps. Mais ce n'est pas une vanité de bâtisseur. Une ville de boue sèche dit à son peuple : tiens-toi prêt à fuir. Une ville de marbre lui dit : tu es chez toi, pour des siècles. Mon Forum et le temple de Mars Ultor, inauguré en 2 av. J.-C. après quarante ans de chantier, n'ont pas été élevés pour mes yeux mais pour ceux des générations qui n'étaient pas nées. La pierre est le seul discours qui ne se taise pas quand l'orateur est mort. Et j'avoue un plaisir d'enfant à voir une colonne se dresser où il n'y avait que poussière.

Une ville de marbre dit à son peuple : tu es chez toi, pour des siècles.
Monet portrait painting of Auguste Renoir (46785474361)
Monet portrait painting of Auguste Renoir (46785474361)Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — Rawpixel Ltd

Parmi tous vos monuments, lequel porte le mieux le sens que vous vouliez donner à votre règne ?

L'Ara Pacis, l'autel de la Paix, consacré en 9 av. J.-C. sur le Champ de Mars. Les autres monuments crient la victoire ; celui-là murmure ce qui vient après la victoire. On y voit des familles en procession, des enfants, des épis, une terre nourricière — pas une seule épée. C'était là tout mon propos : montrer que la guerre n'est pas une fin mais une porte, et que derrière elle on peut cultiver des champs sans craindre qu'une armée les piétine. Non loin, mon grand cadran solaire projette l'ombre d'un obélisque rapporté d'Égypte ; à certaines dates, m'a-t-on dit, l'ombre vient toucher l'autel. La paix et le temps, réconciliés sur le marbre : je ne pouvais rêver meilleure leçon.

Les autres monuments crient la victoire ; l'Ara Pacis murmure ce qui vient après.

Pourquoi avoir tant tenu à vous entourer de poètes comme Virgile ?

Un empire se gagne par les légions, mais il se garde par les récits. Mécène, mon ami, savait dénicher les plumes comme d'autres les chevaux, et il me les amenait sans que jamais je n'eusse à commander un seul vers. Virgile chantait Énée fuyant Troie pour fonder le Latium, et dans son sixième livre il a écrit ce que vous savez : « Auguste César, fils du Divin, qui fondera de nouveau un âge d'or dans le Latium. » Croyez bien que je n'ai pas dicté cette ligne. Quand il mourut en 19 av. J.-C. en laissant l'Énéide inachevée, il voulut qu'on la brûlât ; j'ai ordonné qu'on la sauvât. Un poème vaut parfois mieux qu'une statue : la statue se brise, le vers se transmet de bouche en bouche.

Un empire se gagne par les légions, mais il se garde par les récits.
'Portrait of Claude Renoir Painting' (1910) by Pierre-Auguste Renoir - Museo Soumaya - Mexico 2024
'Portrait of Claude Renoir Painting' (1910) by Pierre-Auguste Renoir - Museo Soumaya - Mexico 2024Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — José Luiz

On vous décrit en homme de pouvoir absolu. Quelles peurs habitaient pourtant vos nuits ?

La foudre, je l'avoue sans honte. Depuis qu'un éclair a frappé tout près de moi en campagne et tué un esclave qui marchait à mes côtés, je ne supporte plus l'orage. Je porte une peau de phoque, dont on dit qu'elle écarte le feu du ciel, et je me terre dans une chambre voûtée dès que le tonnerre gronde. Voilà le maître du monde : un homme qui se cache sous terre devant un nuage. J'ai gardé aussi des goûts d'une simplicité qui désespère mes cuisiniers — du pain bis, quelques figues vertes, un peu de poisson, du vin coupé d'eau. La pourpre est sur mes épaules les jours de cérémonie ; le reste du temps, je mange comme un paysan de Campanie. Le pouvoir ne change pas l'estomac.

Voilà le maître du monde : un homme qui se cache sous terre devant un nuage.

Quel échec n'avez-vous jamais pu effacer de votre mémoire ?

Teutobourg, an 9 de notre ère. Trois légions — la dix-septième, la dix-huitième, la dix-neuvième — englouties dans les forêts de Germanie par Arminius, un homme que nous avions nous-mêmes formé. On rapporte que je me suis frappé la tête contre les murs en criant : « Varus, rends-moi mes légions ! » C'est vrai. J'ai laissé pousser ma barbe et mes cheveux des mois durant, comme un homme en deuil de ses propres enfants. Ces trois nombres, je ne les ai plus jamais redonnés à aucune légion ; ils sont morts avec leurs hommes. La frontière du Rhin, depuis, je l'ai tenue sans la franchir. Un empire sage connaît la limite au-delà de laquelle la conquête n'est plus qu'un gouffre.

J'ai laissé pousser ma barbe des mois, comme un homme en deuil de ses propres enfants.

Au terme d'une si longue vie publique, quel regard portez-vous sur le rôle que vous avez tenu ?

Un rôle, c'est bien le mot. J'ai joué le premier des citoyens devant un peuple qui voulait croire qu'il restait libre, et j'y ai mis tout l'art que demande une longue pièce. Quand viendra mon dernier souffle — à Nola peut-être, dans la chambre où mourut mon père — je crois que je demanderai à mes proches si j'ai bien tenu mon emploi, et que je leur dirai, à la manière des comédiens grecs : « Si la pièce vous a plu, applaudissez ! » Car gouverner Rome fut cela : tenir une posture sans jamais la laisser tomber, sous la couronne de laurier, des décennies durant. Tibère montera ensuite sur la scène. À lui de trouver son texte. Le mien, je l'ai gravé dans le bronze pour qu'on ne me le souffle pas de travers.

Gouverner Rome, ce fut tenir une posture sans jamais la laisser tomber.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Auguste. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.