Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Iris Murdoch

par Charactorium · Iris Murdoch (1919 — 1999) · Philosophie · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'une vieille maison d'Oxford, encombrée de livres jusqu'au plafond. Assise dans un fauteuil de cuir, une dame aux cheveux gris les accueille avec un sourire. Elle pose son carnet et son stylo, ravie qu'on vienne lui parler.

Vous aviez quel âge quand vous avez traversé l'Europe juste après la guerre ?

J'avais vingt-six ans, mon enfant, et je n'ai jamais oublié ce que j'ai vu. En 1945, j'ai travaillé pour une organisation qu'on appelait l'UNRRA — des gens qui aidaient les réfugiés à retrouver une vie. J'étais à Vienne, en Autriche. Imagine des villes en ruines, des familles entières qui avaient tout perdu, des enfants sans maison. Je distribuais de la nourriture, des papiers, je notais des noms. Le soir, je n'arrivais pas à dormir. Tu sais, c'est là que j'ai compris combien chaque personne est unique et fragile. Plus tard, quand j'écrivais mes romans, ces visages revenaient. On n'oublie pas la souffrance des autres.

On n'oublie jamais les visages des gens qui ont tout perdu.

C'est vrai que vous écriviez des romans ET des livres de philosophie ? Pourquoi les deux ?

Oui, les deux, et je n'ai jamais voulu choisir. Beaucoup de gens me demandaient : "Mais enfin, vous êtes philosophe ou romancière ?" Et moi je répondais : les deux, c'est la même chose ! Dès 1947, j'écrivais à un ami français, Raymond Queneau, que la philosophie et la littérature sont deux façons de voir la même chose : comme un être humain est compliqué. Tu vois, la philosophie pose les grandes questions avec des mots précis. Le roman, lui, met ces questions dans la vie de personnages qui aiment, se trompent, souffrent. C'est comme regarder une même montagne depuis deux chemins différents. On arrive au même sommet.

Philosophie et littérature : deux chemins vers la même montagne.

C'était comment d'écrire votre tout premier roman ?

Ah, Under the Net — "Sous le filet" en français ! Mon premier roman, publié en 1954. J'avais déjà trente-quatre ans. Je l'ai écrit à la main, dans un carnet, comme tout le reste. L'histoire suit un jeune homme un peu perdu qui erre entre Paris et Londres, qui cherche qui il est vraiment. Tu sais ce qui m'a fait le plus plaisir ? Que les gens le lisent et se reconnaissent. On a dit que c'était l'un des meilleurs premiers romans d'après-guerre. Moi, je tremblais comme une feuille. Imagine : tu travailles seule dans ta chambre pendant des mois, et soudain des milliers d'inconnus tiennent ton histoire entre leurs mains.

Tu écris seul dans ta chambre, et soudain des inconnus te lisent.

Vous parliez plein de langues, c'est vrai ? Ça servait à quoi ?

C'est vrai, j'adorais les langues : le français, l'allemand, le russe. Et ça m'a beaucoup servi, tu vas voir. En Angleterre, dans les années 1940, presque personne ne connaissait un philosophe français qui faisait beaucoup parler de lui : Jean-Paul Sartre. Moi, je pouvais le lire dans sa propre langue, sans attendre les traductions ! Alors j'ai écrit, en 1953, l'un des tout premiers livres anglais sur lui. C'était comme rapporter un trésor d'un pays voisin que personne n'avait visité. Apprendre une langue, mon enfant, c'est ouvrir une porte sur la tête des autres. Sans ça, je serais restée enfermée dans la mienne.

Apprendre une langue, c'est ouvrir une porte sur la tête des autres.

Vous avez gagné un grand prix, non ? Vous étiez contente ?

Oui ! En 1978, mon roman The Sea, the Sea — "La Mer, la Mer" — a reçu le Booker Prize, le plus grand prix littéraire britannique. J'étais émue, bien sûr. Ce roman raconte l'histoire d'un homme de théâtre à la retraite, obsédé par un amour de jeunesse. Il croit voir les gens... mais en vérité il ne voit que ses propres rêves. C'est tout le problème des humains, ça ! Mais tu sais quoi ? Même avec ce prix, j'ai refusé qu'on m'enferme dans une étiquette. Romancière, philosophe... je voulais rester libre. Un prix, c'est joli, mais ça ne doit jamais te dire qui tu es.

Un prix, c'est joli, mais ça ne doit jamais te dire qui tu es.
Panel Iris Murdoch - Chiswick, London and Beyond (52349588537)
Panel Iris Murdoch - Chiswick, London and Beyond (52349588537)Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Roger Green

C'était quoi au juste, cette idée nouvelle que vous avez fait connaître ?

On l'appelait l'existentialisme. C'est une grande idée venue de France : elle dit que l'être humain n'arrive pas tout fait au monde, il se construit par ses choix. Personne ne décide à ta place qui tu seras. Sartre et son amie Simone de Beauvoir en parlaient beaucoup à Paris. Moi, je les lisais avec passion. Mais attention : j'admirais cette idée, et en même temps je n'étais pas toujours d'accord ! Je trouvais qu'elle parlait trop du "moi" et pas assez des autres. Tu vois, en philosophie, on peut adorer un penseur et le critiquer en même temps. C'est ça, réfléchir vraiment.

On peut adorer un penseur et le critiquer en même temps.

Pourquoi vous aimiez autant Platon, un philosophe si vieux ?

Parce que Platon, même vieux de deux mille ans, disait des choses encore vraies aujourd'hui ! Je gardais toujours près de moi ses livres, couverts de mes notes au crayon. Ce qui me touchait, c'est son idée du Bien. Pour lui, le Bien n'est pas une invention : il existe vraiment, comme une étoile au-dessus de nous. En 1970, j'ai écrit The Sovereignty of Good — "La Souveraineté du Bien" — pour défendre cette idée. Beaucoup de gens, à mon époque, pensaient que le bien et le mal n'étaient que des opinions. Moi je disais non. Être bon, c'est apprendre à voir les autres vraiment, sans se raconter d'histoires.

Être bon, c'est voir les autres vraiment, sans se raconter d'histoires.

Vous disiez que lire des romans nous rend meilleurs. C'est vrai, ça ?

Je le crois profondément, oui. Un bon roman, mon enfant, ce n'est pas seulement une jolie histoire. C'est une école du regard. Quand tu lis la vie d'un personnage, tu apprends à comprendre quelqu'un qui n'est pas toi. Tu entres dans sa tête, dans son cœur. Moi je disais que l'art nous apprend à voir — à voir les autres comme ils sont vraiment. En 1977, dans un petit livre sur Platon et les artistes, j'ai défendu cette idée. La grande littérature nous fait grandir en humanité. C'est pour ça que je voulais que mes romans posent de vraies questions. Lire, c'est s'entraîner à aimer mieux.

Un bon roman est une école du regard.
30 Charlbury Road, Oxford, with blue plaque to Iris Murdoch - geograph.org.uk - 8084214
30 Charlbury Road, Oxford, with blue plaque to Iris Murdoch - geograph.org.uk - 8084214Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — A J Paxton

Ça sentait quoi, votre maison ? Et comment se passaient vos matins ?

Oh, ma maison à Steeple Aston, un petit village de campagne ! Mon mari John Bayley disait qu'elle était joyeusement en désordre. Imagine : des livres partout, sur les chaises, par terre, des manuscrits empilés, un jardin un peu sauvage qui sentait l'herbe et la pluie. Le matin, je me levais tôt et je partais marcher, parfois à bicyclette dans les rues d'Oxford. L'air frais me réveillait les idées. Puis je m'installais avec mon carnet et j'écrivais les premières heures, avant tout le reste. Je n'avais aucun souci des belles choses ni de la mode. Un thé, un fauteuil, mes carnets : il ne m'en fallait pas plus.

Des livres partout, un jardin sauvage : c'était ça, mon bonheur.

Pourquoi vous écriviez toujours à la main, jamais à la machine ?

Tu as remarqué ça ! Oui, toute ma vie, j'ai écrit à la main, dans des carnets, avec un stylo à encre. Jamais de machine à écrire. Pour moi, le stylo prolongeait ma main, et ma main prolongeait ma pensée. C'était comme un fil qui reliait mon cœur à la page. Je m'immergeais tellement dans mes personnages que parfois je pleurais quand l'un d'eux mourait ! Tu trouves ça bête ? Moi je trouvais ça normal. Quand on aime quelqu'un, même imaginaire, on le pleure. Écrire à la main, c'était ma façon de rester proche de mes histoires, lettre après lettre.

Le stylo prolongeait ma main, et ma main prolongeait ma pensée.

On dit qu'à la fin vous avez oublié les mots. C'est triste, ça arrive comment ?

Oui, mes enfants, et je vous parle ici comme d'une chose grave, mais sans peur. À la fin de ma vie, j'ai eu une maladie qu'on appelle la maladie d'Alzheimer. Elle efface peu à peu la mémoire et les mots. Imagine : moi qui avais passé ma vie à chercher le mot juste, je ne les retrouvais plus. C'était comme un livre dont les pages s'effacent une à une. Mon mari John est resté à mes côtés jusqu'au bout, avec une grande tendresse. Il a même écrit un livre, Iris, sur ces dernières années. Tu sais, perdre les mots m'a appris une chose : ce qui reste à la fin, c'est l'amour, pas les phrases.

Ce qui reste à la fin, c'est l'amour, pas les phrases.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Iris Murdoch. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.