Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Jean-François de La Pérouse

par Charactorium · Jean-François de La Pérouse (1741 — 1788) · Exploration · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans le cabinet de géographie de Versailles, par un soir d'automne 1788, que Louis XVI déploie une dernière fois les journaux et les cartes que le jeune Lesseps vient de rapporter de Sibérie. À la lueur des bougies, le globe terrestre projette son ombre sur les relevés de la Boussole et de l'Astrolabe. Le roi géographe et son explorateur se connaissent depuis qu'ils ont, ensemble, choisi les routes du voyage ; et c'est en ami autant qu'en souverain que Louis XVI, penché sur ces pages, interroge en pensée La Pérouse, comme s'il était encore là, de retour d'un mouillage lointain.

Monsieur de La Pérouse, vous souvient-il de nos soirées penchés sur les cartes de Cook ? Qu'espériez-vous accomplir en appareillant de Brest ?

Sire, comment l'oublier ? Lorsque vous m'avez reçu dans votre cabinet, vous aviez étalé vous-même les cartes du capitaine Cook, et de votre propre main vous aviez corrigé certaines de mes instructions. Vous, qui aimez la géographie autant qu'un savant, m'avez désigné les blancs qu'il fallait combler dans le grand Pacifique. En quittant Brest le 1er août 1785 avec la Boussole et l'Astrolabe, je ne portais pas seulement les ordres d'un roi : je portais la curiosité d'un ami. Mon ambition était de prolonger l'œuvre de Cook sans la guerre, par la seule science — relever les côtes que nul Européen n'avait fixées, et vous rapporter de quoi enrichir nos cartes et notre commerce. Je voulais que la France parlât au monde par le compas et la plume, non par le canon.

Je voulais que la France parlât au monde par le compas et la plume, non par le canon.

Dites-moi comment travaillaient vos savants embarqués. Le sextant et le chronomètre tenaient-ils leurs promesses sur des mers si lointaines ?

Sire, j'avais à bord une dizaine de savants — astronomes, botanistes, naturalistes — qui ne connaissaient guère le repos. Chaque jour, dès l'aube, mes officiers relevaient notre position au sextant, tandis que le chronomètre nous donnait la longitude avec une exactitude qui eût stupéfié nos pères. Vous savez combien cette mesure tourmentait les marins : naviguer à l'estime, c'était courir sur les écueils en aveugle. L'après-midi, nous prenions les sondages, longions les côtes, et les naturalistes herborisaient à chaque mouillage. Le soir venu, dans ma cabine, je consignais tout à la bougie — les vents, les peuples, les erreurs de nos cartes. Ce journal, Sire, est le véritable trésor du voyage, plus précieux que tout l'or des Indes.

Avant ce grand dessein, vous m'aviez servi dans la baie d'Hudson, en 1782. On dit que vous laissâtes des vivres à vos prisonniers anglais ?

Votre Majesté se souvient donc de cette campagne. En 1782, dans la baie d'Hudson, je pris trois comptoirs anglais avec deux seuls vaisseaux, et cette action me valut l'honneur d'être fait capitaine de vaisseau. Mais la victoire ne dispense pas de l'humanité. Les Anglais que je laissai sur cette terre glacée fussent morts de faim et de froid sans secours ; je leur abandonnai donc des vivres, des armes pour chasser, et de quoi attendre leurs navires. La guerre oppose les couronnes, Sire, non les hommes entre eux. J'ai toujours pensé qu'un officier français se distingue autant par sa générosité que par son courage. On m'a rapporté que mes ennemis eux-mêmes en parlèrent avec estime — voilà une gloire que je préfère à bien des trophées.

Dans vos journaux, vous peignez des insulaires doux et hospitaliers. Ces rencontres ressemblaient-elles à ce que nous imaginions ici, à la cour ?

Pas tout à fait, Sire. À la cour, on imagine des sauvages ou des bons sauvages ; j'ai trouvé des hommes. Dans plusieurs îles, les naturels vinrent à nous sans défiance, nous apportant des fruits, des racines et de l'eau fraîche, avec un empressement qui nous toucha vivement. Ailleurs, la méfiance fut grande, et certaines rencontres faillirent tourner au sang. J'ai appris qu'aucune nation n'est toute douce ni toute farouche, et qu'il faut juger chaque peuple sur ce qu'il nous montre, non sur nos fables. Votre Majesté m'avait ordonné la patience et le respect : je m'y suis tenu, même quand mes hommes brûlaient de répondre aux affronts. Comprendre vaut mieux que punir — c'est ce que ces côtes lointaines m'ont enseigné.

J'avais fait inscrire dans vos instructions le respect dû aux peuples rencontrés. Ces présents — étoffes, miroirs, fers — ont-ils suffi à nouer la paix ?

Ils y ont grandement aidé, Sire. Vous aviez voulu que mes instructions prescrivissent l'équité envers les peuples rencontrés, et j'avais embarqué à cette fin des étoffes, des miroirs, des outils de fer, mille colifichets. Ces présents ouvrent les cœurs là où les mots manquent : un simple morceau de fer vaut, pour ces insulaires, plus que tout l'argent de l'Europe. Mais le don ne suffit pas s'il n'est porté par le respect. J'ai défendu à mes équipages de rien prendre par force, de ne jamais tromper dans les échanges. La paix, Sire, ne s'achète pas : elle se mérite par la constance. Là où nous avons traité avec droiture, nous avons toujours pu refaire de l'eau et des vivres sans verser une goutte de sang.

Jean-François de Galaup de La Pérouse jeune
Jean-François de Galaup de La Pérouse jeuneWikimedia Commons, Public domain — Geneviève Brossard de Beaulieu

J'ai lu, la gorge serrée, vos pages d'Alaska. Cette baie qui engloutit vos hommes en 1786 — que s'est-il donc passé ?

Sire, c'est la plaie que je porterai toujours. En juillet 1786, sur les côtes d'Alaska, j'avais envoyé trois chaloupes sonder l'entrée d'une baie qui paraissait tranquille. Mais des courants d'une violence inouïe, à la rencontre de la marée, les engloutirent en un instant. Vingt et un de mes hommes — des officiers que j'aimais, des matelots pleins de jeunesse — disparurent sous mes yeux sans que je pusse rien tenter. Aucune tempête, aucun combat ne m'a frappé comme ce silence après le fracas des eaux. J'ai fait chercher leurs corps des jours durant, en vain. Un commandant peut affronter l'océan ; il ne se pardonne jamais d'avoir survécu à ses hommes.

Un commandant peut affronter l'océan ; il ne se pardonne jamais d'avoir survécu à ses hommes.

Vous avez nommé ce lieu le 'Port des Français'. Comment un commandant se relève-t-il d'une telle perte, loin de tout secours ?

On ne s'en relève pas, Sire : on continue, ce qui n'est pas la même chose. J'ai nommé ce lieu funeste le 'Port des Français', afin que leur mémoire fût attachée à cette terre pour toujours. Puis j'ai consacré bien des pages de mon journal à les pleurer — un commandant n'a pas le droit de pleurer devant son équipage, mais la plume, le soir, recueille ce que le visage doit taire. Le lendemain, il fallut pourtant relever l'ancre : deux cents hommes vivants attendaient mes ordres, et la science que vous m'aviez confiée ne pouvait s'arrêter à un deuil. J'ai appris là, loin de tout secours, que commander c'est porter seul ce qu'on ne peut partager avec personne.

La plume, le soir, recueille ce que le visage doit taire.
Jean-François de Galaup comte de La Pérouse
Jean-François de Galaup comte de La PérouseWikimedia Commons, Public domain — Jean-Baptiste Greuze

Vos relevés des côtes de Sakhaline et du Japon comblent des vides que nos cartes laissaient béants. En tirez-vous quelque fierté ?

J'en tire une fierté, Sire, mais sobre. En 1787, j'ai reconnu les côtes de Corée, du Japon, puis remonté vers cette grande île de Sakhaline, et trouvé le détroit qui la sépare de la terre des Aïnous. Nos cartes d'Asie orientale n'étaient là que conjectures et espaces blancs ; nous y avons mis des contours véritables, des sondes, des positions assurées. C'est un labeur obscur, fait de patience et de froid, sans gloire de bataille. Mais quand je songe qu'un capitaine, dans cent ans, évitera un écueil grâce à un relevé tracé de ma main, je me dis que ces nuits glacées n'auront pas été vaines. Servir la connaissance, Sire, c'est servir tous les marins à venir, de quelque nation qu'ils soient.

Vous avez confié vos journaux au jeune Lesseps à Petropavlovsk. Pourquoi les renvoyer par la Sibérie plutôt que de les garder à bord ?

Par prudence, Sire, et par devoir envers vous. La mer m'avait déjà pris vingt et un hommes ; elle pouvait prendre aussi mes papiers, et avec eux trois années de travaux. À Petropavlovsk, le jeune Barthélemy de Lesseps entendait les langues du Nord ; je lui ai confié mes journaux et mes cartes pour qu'il les portât à Votre Majesté par voie de terre, à travers toute la Sibérie. Mieux valait risquer un seul homme sur les routes que tout perdre dans un naufrage. S'il vous a remis ces feuilles, alors, quoi qu'il advienne de moi, le voyage n'aura pas été perdu. Un explorateur peut périr, Sire ; son œuvre, elle, doit revenir au port.

Votre dernière lettre m'est venue de Botany Bay. Où portez-vous désormais la Boussole et l'Astrolabe, mon ami ?

De Botany Bay, Sire, où j'ai vu les Anglais fonder leur colonie aux antipodes du monde, déjà fort avancés dans leurs travaux. De là, je compte gagner les îles des Amis, la Nouvelle-Calédonie, peut-être les côtes encore inconnues de la Nouvelle-Hollande, avant de remettre le cap sur la France. Si Dieu et les vents le permettent, je serai de retour pour vous présenter moi-même nos cartes et déposer à vos pieds le fruit de ce voyage. J'ai hâte de retrouver votre cabinet, Sire, et de revoir avec vous ces routes que nous avions tracées du doigt, pour vous montrer où la réalité a démenti nos suppositions. Gardez-moi votre amitié jusque-là : c'est elle, plus que les ordres, qui m'a porté d'un bout à l'autre de l'océan.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jean-François de La Pérouse. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.