Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Jean-François de La Pérouse

par Charactorium · Jean-François de La Pérouse (1741 — 1788) · Exploration · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, une classe découverte visite un musée de la marine. Deux jeunes visiteurs d'environ douze ans s'arrêtent devant le portrait d'un officier au regard tourné vers le large. Et voilà que Jean-François de La Pérouse, comme descendu de la toile, s'assoit près d'eux pour répondre à toutes leurs questions.

C'est le roi qui vous a choisi pour partir si loin ?

Tu sais, mon enfant, c'est un honneur qui m'a un peu effrayé. Le roi Louis XVI aimait la géographie. Il a étudié les cartes avec moi, penché sur la grande table, et il a même corrigé de sa main les instructions de mon voyage. Imagine un roi qui pose le doigt sur un coin de mer encore vide et te dit : va voir là-bas. En août 1785, j'ai quitté Brest avec deux navires, la Boussole et l'Astrolabe. Le port sentait le goudron et le sel. J'avais peur, oui. Mais quand un roi te confie le bout du monde, tu ne lui dis pas non. Tu lèves l'ancre.

C'est vrai que vous avez fait la guerre avant d'explorer ?

Oui, avant les grandes cartes, j'ai connu la guerre. En 1782, pendant la lutte entre la France et l'Angleterre, on m'a envoyé tout au nord, dans la baie d'Hudson, là où la mer gèle. Avec deux navires seulement, j'ai pris trois forts anglais. Mais écoute bien la suite. L'hiver arrivait, et mes prisonniers anglais risquaient de mourir de froid et de faim. Alors je leur ai laissé des vivres, de quoi tenir jusqu'aux secours. Mes ennemis eux-mêmes ont parlé de moi avec respect. Imagine ça : être craint et estimé par les hommes qu'on vient de vaincre. Un marin peut être courageux et rester humain.

Pourquoi être gentil avec des ennemis ? Eux ils vous auraient fait du mal.

Belle question, et difficile. Oui, en guerre, l'ennemi te tuerait peut-être. Mais laisse-moi te dire une chose : un homme qui rend le mal pour le mal finit par ressembler à celui qu'il combat. Dans la baie d'Hudson, ces soldats anglais étaient désarmés, loin de chez eux, face à l'hiver. Les abandonner sans vivres, c'était les condamner à mourir lentement. Ça, mon honneur ne le permettait pas. J'avais grandi à Albi, dans une famille où l'on m'avait appris qu'un nom se salit plus vite par une lâcheté que par une défaite. Après cette campagne, le roi m'a fait capitaine de vaisseau. Mais ma vraie fierté, c'était d'avoir gardé les mains propres.

Vous aviez pris des savants avec vous sur le bateau ?

Oui ! Et c'était tout nouveau, ça. J'avais à bord une dizaine de savants embarqués : des astronomes, des botanistes, des dessinateurs. Un savant embarqué, c'est un homme de science qui voyage juste pour observer et noter le monde. Imagine ton bateau rempli de gens qui mesurent les étoiles et cueillent des plantes que personne n'a jamais vues ! Le grand capitaine anglais Cook était mort en 1779, et il restait des mers entières que nul n'avait dessinées. Ma mission n'était pas de conquérir des terres. Elle était de comprendre, de mesurer, de rapporter. Le roi voulait des connaissances, pas des trésors volés.

C'était comment, dessiner des côtes que personne ne connaissait ?

Patient, mon enfant, très patient. Chaque matin, dès l'aube, je montais sur le pont avec mon sextant. C'est un instrument qui mesure la hauteur du soleil pour savoir où l'on se trouve sur la mer. À côté, un chronomètre, une horloge très précise, nous donnait la longitude, c'est-à-dire notre place d'est en ouest. Sans elle, on est perdu sur l'eau, comme dans une nuit sans étoiles. On approchait d'une terre inconnue, et lentement, trait après trait, sa côte naissait sur le papier. Tu sais, dessiner une terre que nul Européen n'avait vue, c'est un peu poser un nom sur le silence.

Dessiner une terre inconnue, c'est poser un nom sur le silence.
Jean-François de Galaup de La Pérouse jeune
Jean-François de Galaup de La Pérouse jeuneWikimedia Commons, Public domain — Geneviève Brossard de Beaulieu

C'est vrai qu'il y a un endroit qui porte votre nom ?

C'est vrai, et ça me touche encore. En 1787, j'ai navigué entre l'île de Sakhaline et le Japon, dans un passage étroit que les cartes européennes laissaient tout vide. On avançait prudemment, en jetant la sonde — un fil lesté qu'on plonge dans l'eau pour mesurer la profondeur et ne pas se briser sur les rochers cachés. Mètre après mètre, on a relevé ce passage. Aujourd'hui on l'appelle le détroit de La Pérouse. Imagine : un coin de mer si lointain porte le nom du petit garçon d'Albi que j'étais. Ce n'est pas l'or qui m'a rendu fier. C'est d'avoir rempli un vide sur une carte.

Il vous est arrivé des choses terribles pendant le voyage ?

Oui... et celle-là, je ne l'oublierai jamais. En juillet 1786, nous étions en Alaska, dans une baie magnifique appelée Lituya. L'eau y semblait calme, trompeuse. J'ai envoyé trois chaloupes mesurer l'entrée. D'un coup, des courants d'une force terrible les ont saisies et englouties. Vingt et un de mes hommes ont disparu en un instant, sous mes yeux, sans que je puisse rien faire. Imagine perdre vingt et un amis en une seule matinée. J'ai baptisé l'endroit le Port des Français, pour qu'on ne les oublie jamais. La mer nous donne de belles cartes. Mais elle réclame parfois un prix que rien ne rembourse.

La mer nous donne de belles cartes, mais réclame parfois un prix que rien ne rembourse.

Vous étiez triste comment, après ça ?

Effondré, mon enfant. Le soir, dans ma cabine, à la lueur des bougies, j'écrivais mon journal de bord. D'habitude j'y notais les vents, les côtes, les peuples rencontrés. Mais ce soir-là, j'ai rempli plusieurs pages rien que pour pleurer mes marins. Un capitaine, tu sais, doit rester droit devant ses équipages. Il ne montre pas ses larmes sur le pont. Alors je les gardais pour la nuit, pour le papier. Chacun de ces garçons avait une mère qui l'attendait en France. Comment rentrer sans eux ? Commander, ce n'est pas seulement donner des ordres. C'est porter dans son cœur chaque vie qu'on perd.

Jean-François de Galaup comte de La Pérouse
Jean-François de Galaup comte de La PérouseWikimedia Commons, Public domain — Jean-Baptiste Greuze

Comment on a su ce que vous aviez découvert, si vous avez disparu ?

Ah, voilà une belle histoire de prudence et de courage ! En 1787, nous avons fait escale à Petropavlovsk, un port russe perdu tout au bout du Kamtchatka. J'y ai confié mes journaux et mes cartes à un jeune homme vaillant, Barthélemy de Lesseps. Sa mission : rentrer en France par la terre, pendant que je continuais, moi, par la mer. Imagine traverser toute la Sibérie à pied, en traîneau, à cheval, à travers des neiges sans fin. Il a mis plus d'un an. Il est arrivé à Versailles en 1788. Sans ce garçon, tout mon travail aurait coulé avec moi.

Mais pourquoi vous avez donné vos cahiers à quelqu'un d'autre ?

Parce que la mer ne pardonne pas, mon enfant, et je le savais. Un navire peut sombrer en une seule nuit de tempête. Mais ce que nous avions appris — les côtes, les profondeurs, les peuples rencontrés — ne devait pas disparaître avec le bois et les voiles. Mon journal de bord, c'était des années d'observations, écrites à la main, jour après jour. Le roi avait payé tout cela pour le savoir de la nation, pas pour le fond de l'océan. Alors j'en ai mis une part à l'abri, sur la terre ferme, dans les mains de Lesseps. J'avais raison de me méfier. Le reste a sombré avec moi.

Si on se souvient de vous un jour, vous aimeriez qu'on retienne quoi ?

Tu sais, j'écris ces pensées depuis Botany Bay, en 1788, tout au bord du monde connu. Devant moi s'étend un océan immense que je dois traverser, et je ne sais pas si j'en reviendrai. Si l'on se souvient de moi, je ne veux pas qu'on dise : il a conquis. Je préfère qu'on dise : il a regardé, il a mesuré, il a respecté les peuples qu'il a rencontrés. J'ai toujours ordonné de les traiter avec douceur. Mon nom posé sur un détroit, c'est joli. Mais le plus beau, ce serait qu'un enfant comme toi ait envie, à son tour, d'aller voir ce qu'il y a derrière l'horizon.

Le plus beau, ce serait qu'un enfant ait envie d'aller voir derrière l'horizon.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jean-François de La Pérouse. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.