Interview imaginaire

Les enfants interrogent Juana Azurduy

par Charactorium · Juana Azurduy · Militaire · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Juana Azurduy
Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Deux jeunes visiteurs, venus avec leur classe découverte, s'assoient face à une vieille dame aux yeux vifs, enveloppée dans un poncho aux couleurs vives. Elle sourit : peu d'enfants viennent l'écouter. Elle a tant de choses à leur raconter sur les montagnes du Haut-Pérou.

Bonjour ! On dit que vous parliez deux langues. C'était comment, chez vous ?

Bonjour, mon enfant. Oui, je suis née en 1780 dans un petit village, Toroca, au milieu des montagnes. Là-bas, tu vivais entre deux mondes. Le matin, je parlais l'espagnol des colons ; le soir, le quechua des communautés indigènes. Imagine une maison de terre crue, un feu au centre, presque pas de meubles. Ma mère mâchait des feuilles de coca contre la fatigue, et l'on buvait de la chicha, une boisson de maïs fermenté. J'étais métisse : mi-espagnole, mi-amérindienne. Tu sais, ce mélange, ce n'était pas une faiblesse. C'est devenu ma force : je pouvais parler au cœur des deux peuples.

Vivre entre deux mondes, ce n'était pas une faiblesse : c'est devenu ma force.

Vous commandiez vraiment des soldats ? Une femme ? Comment ça se passait ?

Oui, et cela surprenait tout le monde ! À partir de 1811, avec mon mari, j'ai rassemblé des centaines de combattants quechuas. On les appelait les Leales, les « fidèles ». Imagine des hommes en poncho, à cheval, qui connaissaient chaque sentier de la montagne. Le matin, je me levais avant le soleil : j'inspectais les gardes, je vérifiais les chevaux, je tenais conseil avec mes capitaines. On faisait la guérilla — un mot espagnol qui veut dire « petite guerre ». Tu ne combats pas en face ; tu surgis, tu frappes, tu disparais dans les défilés. C'est ainsi qu'une poignée de gens pouvait tenir tête à toute une armée.

La guérilla, c'est surgir, frapper, puis disparaître dans la montagne.

Et pourquoi les Espagnols n'arrivaient pas à vous attraper ?

Ah, bonne question ! Parce que la montagne était mon alliée. Pendant six ans, dans les vallées andines, je coupais les routes par où passaient leurs vivres. Imagine des soldats espagnols, lourds, chargés, qui montent un chemin muletier étroit. En haut, cachés dans les rochers, mes hommes attendaient. On surgissait, on prenait les munitions, et on filait. Peu à peu, tenir cette région leur coûtait très cher. Même le général espagnol Rondeau l'écrivit : nos guérillas rendaient tout ravitaillement impossible. Tu vois, on n'était pas les plus forts. Mais on était chez nous, et ça change tout.

On n'était pas les plus forts, mais on était chez nous.

On raconte que vous avez pris un drapeau en étant enceinte ? C'est vrai ?

C'est vrai, mon enfant, aussi fou que cela paraisse. C'était en mai 1816, à Pintatora. J'attendais un enfant depuis plusieurs mois. Mais quand la bataille a commencé, je n'ai pas pu rester en arrière. J'ai lancé mon cheval droit sur les lignes ennemies. Imagine le bruit, la poussière, les cris. J'ai arraché de mes mains le drapeau espagnol. Ce jour-là, on a gagné. Et quelques jours après, mon bébé est né. Le commandement patriote m'a officiellement félicitée. Un drapeau pris à l'ennemi, tu sais, ce n'est pas qu'un tissu : c'est le courage qui repasse dans le camp d'un seul coup.

Un drapeau pris à l'ennemi, ce n'est pas qu'un tissu : c'est le courage qui revient.

Vous n'aviez pas peur, dans toutes ces batailles ?

Bien sûr que si ! Celui qui te dit qu'il n'a jamais peur te ment. Mais la peur, tu peux la tenir en bride comme un cheval. Je portais un sabre de cavalerie, une arme rare pour une femme de mon temps, et je m'en servais moi-même. Avant de charger, mon cœur battait fort. Alors je pensais aux miens, aux villages brûlés, aux enfants affamés. Imagine que tu voies ta maison menacée : soudain, la peur laisse la place à la colère. Et puis, à cheval, tout va vite. Tu n'as plus le temps de trembler. Tu agis, ou tu tombes.

La peur, tu peux la tenir en bride, comme un cheval.
Fotografía de la Teniente Coronel Juana Azurduy de Padilla
Fotografía de la Teniente Coronel Juana Azurduy de PadillaWikimedia Commons, Public domain — José Macedonio Urquidi

C'est vrai que votre mari est mort à la guerre ? Qu'avez-vous fait après ?

Oui... C'est la blessure la plus profonde. En 1816, mon époux Manuel Padilla est tombé dans une embuscade, puis les royalistes l'ont exécuté. J'aurais pu me rendre, tout arrêter. Mais je ne l'ai pas fait. J'ai continué le combat, avec nos enfants que j'emmenais parfois au camp. Imagine cela : élever des petits au milieu des chevaux et des armes. La guerre, la faim, la maladie m'en ont pris quatre sur cinq. Je ne te cache pas cette douleur, mon enfant, parce qu'elle est vraie. Continuer malgré tout, ce n'était pas de la folie. C'était une manière de garder Manuel vivant.

Continuer malgré tout, c'était une manière de garder les miens vivants.

Comment on fait pour ne pas abandonner quand on a tout perdu ?

Tu sais, il n'y a pas de secret magique. On avance un jour après l'autre. Dans les montagnes de la vallée de Padilla, on dormait dans des grottes, des maisons de pierre abandonnées. Le soir, on partageait un peu de maïs, du chuño — des pommes de terre séchées par le gel — et de la viande de lama. Je racontais nos victoires passées pour tenir le moral. Imagine un feu, des visages fatigués, et une voix qui dit : « demain, on recommence ». C'est ça, ne pas abandonner. Ce n'est pas être sans larmes. C'est se relever chaque matin, même les yeux rouges.

Ne pas abandonner, ce n'est pas être sans larmes ; c'est se relever chaque matin.

On vous appelait « la Pachamama de la liberté ». Ça veut dire quoi ?

Ah, ce surnom me touche encore. La Pachamama, dans les Andes, c'est la Terre-Mère, la déesse qui nourrit tout. Les peuples quechuas et aymaras la vénèrent depuis toujours. En m'appelant ainsi, mes combattants disaient que ma lutte, c'était celle de la terre elle-même. Je portais leur poncho, je mâchais leur coca, je parlais leur langue. Je n'étais pas une dame lointaine venue de la ville. J'étais des leurs. Imagine une mère qui protège ses enfants : voilà l'image qu'ils avaient de moi. Et pour une combattante, mon enfant, être aimée ainsi vaut plus que tous les grades du monde.

Être aimée comme une mère vaut plus que tous les grades du monde.
Retrato de Juana Azurduy
Retrato de Juana AzurduyWikimedia Commons, Public domain — Antonio Estrada

C'est vrai que le grand Bolívar vous a donné un grade de soldat ?

Oui ! Et je m'en souviens comme d'un rêve. En 1825, quand la Bolivie est enfin devenue libre, le grand libérateur Simón Bolívar m'a nommée lieutenant-colonelle. C'est un grade d'officier supérieur, tout près du colonel. Sais-tu combien de femmes l'ont reçu à mon époque ? Presque aucune. Un décret officiel l'écrivit noir sur blanc : ce grade récompensait mes services rendus à l'indépendance. On raconte même que Bolívar m'aurait dit que j'étais une soldate plus vaillante que lui. Vrai ou embelli, peu importe. Imagine ce que ça fait, à une fille des montagnes, d'être saluée par le plus grand de tous.

Une fille des montagnes, saluée par le plus grand des libérateurs.

Et après tout ça, votre vie a bien fini ? Vous étiez célèbre ?

Non, mon enfant. Et c'est une chose que je veux que tu saches. Après les honneurs, on m'a oubliée. J'ai vieilli à Sucre, l'ancienne Chuquisaca, dans une très grande pauvreté. Quand je suis morte en 1862, à 82 ans, on m'a enterrée dans une fosse commune, sans nom, comme une inconnue. Imagine cela : celle qui avait pris un drapeau à l'ennemi, finir sans même une pierre. Ce n'est que bien plus tard que la Bolivie et l'Argentine ont mis mon visage sur des monuments et des billets. Le monde oublie vite ceux qui l'ont servi. Mais toi, en m'écoutant aujourd'hui, tu me fais revivre un peu.

Le monde oublie vite ceux qui l'ont servi ; mais on peut le lui rappeler.

Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne de vous, nous les enfants ?

Quelle belle question pour finir. Ne retiens pas d'abord les batailles ni le sabre. Retiens ceci : on m'a dit mille fois qu'une femme, une métisse, une fille des montagnes ne pouvait rien commander. J'ai prouvé le contraire, dans les vallées andines, pendant quinze années. Tu porteras, toi aussi, des « tu ne peux pas ». Imagine-les comme des colonnes espagnoles trop lourdes sur un chemin trop étroit. Tu n'as pas besoin d'être le plus fort. Tu as besoin de connaître ton terrain, et de ne pas lâcher. Le courage, mon enfant, ce n'est pas l'absence de peur : c'est avancer quand même.

On m'a dit mille fois « tu ne peux pas ». J'ai prouvé le contraire.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Juana Azurduy. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.