Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Napoléon Bonaparte

par Charactorium · Napoléon Bonaparte (1769 — 1821) · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Sainte-Hélène, automne 1820. Dans la modeste demeure de Longwood battue par les vents de l'Atlantique Sud, l'Empereur déchu accepte de recevoir un visiteur. La redingote grise jetée sur les épaules, une tabatière à portée de main, il parle d'une voix posée, parfois coupée de longs silences où passe encore le fracas d'Austerlitz.

Vous souvenez-vous du moment précis où vous avez compris que la guerre serait votre destin ?

Toulon, l'hiver 1793. J'avais vingt-quatre ans, un grade de capitaine et une certitude que personne autour de moi ne partageait : la ville ne se reprendrait pas en s'épuisant sous ses remparts, mais en saisissant le fort de l'Aiguillette qui commandait la rade. On me prit pour un présomptueux. Les Britanniques évacuèrent. On me fit général de brigade. Voyez-vous, je n'ai jamais cru au hasard sur un champ de bataille : il y a toujours un point, un seul, où tout bascule, et le génie consiste à le voir avant les autres. À Toulon, j'ai compris que je voyais ce point. Trois ans plus tard, devant mes soldats d'Italie, déguenillés, je n'ai pas eu à mentir : je savais où les conduire.

Il y a toujours un point, un seul, où tout bascule, et le génie consiste à le voir avant les autres.

Comment galvaniser des hommes qui, selon vos propres mots, étaient nus et mal nourris ?

On ne galvanise pas un soldat avec des promesses qu'il ne peut mordre. En mars 1796, devant l'armée d'Italie, j'ai dit la vérité avant de promettre : « Soldats, vous êtes nus, mal nourris ; le gouvernement vous doit beaucoup, il ne peut rien vous donner. » Et j'ai ajouté que je voulais les conduire dans les plus fertiles plaines du monde. Voilà tout le secret : reconnaître la misère d'un homme, c'est déjà la moitié de son courage. Ensuite, je connaissais leurs visages, leurs noms, le village d'où ils venaient. Lors d'une revue, interpeller un grenadier par son nom valait dix harangues. Un chef qui méprise la mémoire des petites choses ne mérite pas qu'on meure pour lui.

Reconnaître la misère d'un homme, c'est déjà la moitié de son courage.

Pourquoi emmener cent soixante-sept savants dans une expédition militaire en Égypte ?

Parce qu'une armée ne conquiert qu'un territoire, mais une Égypte ne se possède que par l'esprit. En 1798, j'ai embarqué mathématiciens, dessinateurs, ingénieurs, naturalistes — cent soixante-sept hommes de science aux côtés des baïonnettes. Je voulais mesurer, déchiffrer, comprendre cette terre que les Anciens vénéraient déjà. Mes soldats, en creusant près de Rosette, ont déterré une pierre couverte de trois écritures ; je ne pouvais alors deviner qu'elle ouvrirait un jour les hiéroglyphes au génie de Champollion. Voyez-vous, j'ai toujours gardé dans mon cabinet un buste de César : lui aussi savait que la gloire des armes s'efface si l'on n'y joint pas la gloire de l'intelligence. L'Orient m'a appris cela — qu'un conquérant qui ne laisse que des ruines n'est qu'un brigand bien organisé.

Une armée ne conquiert qu'un territoire, mais une Égypte ne se possède que par l'esprit.

Que représentait pour vous cette filiation avec les conquérants de l'Antiquité ?

Enfant à Ajaccio, je lisais Plutarque comme d'autres lisent des contes. Les Romains n'étaient pas pour moi des morts : c'étaient des maîtres. Quand je dis que je gardais un buste de Jules César sous mes yeux, comprenez bien — ce n'était pas vanité, mais leçon. César avait su être à la fois le glaive et la loi, le général et le législateur. C'est ce double visage que j'ai cherché. On ne se souvient d'Alexandre que pour ses batailles ; on se souvient de César aussi pour avoir ordonné le monde. Mes campagnes, de l'Italie à la Pologne, je les ai voulues à cette mesure antique. Mais le glaive vieillit vite. C'est la loi, toujours, qui demeure quand les épées ont rouillé.

Parmi toutes vos œuvres, laquelle considérez-vous comme la plus durable ?

Aucune bataille. Je l'ai dit et je le maintiens : « Ma vraie gloire n'est pas d'avoir gagné quarante batailles : Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n'effacera, ce qui vivra éternellement, c'est mon Code civil. » Deux mille deux cent quatre-vingt-un articles, promulgués en 1804, pour mettre fin au chaos des coutumes locales, des privilèges et des lois révolutionnaires contradictoires. Un paysan de Bretagne et un négociant de Marseille relèvent enfin du même droit. J'en emportais un exemplaire imprimé jusque dans mes bivouacs, et j'en débattais avec mes juristes entre deux marches. Les canons font du bruit, puis se taisent. Un article de loi bien rédigé travaille en silence pendant des siècles dans la vie de millions d'hommes qui ignoreront jusqu'à mon nom.

Les canons font du bruit, puis se taisent. Un article de loi bien rédigé travaille en silence pendant des siècles.
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Napoléon Bonaparte Premier Consul label QS:Lfr,"Portrait de Bonaparte, Premier Consul"label QS:Len,"Portrait of Bonaparte, First Consul"label QS:Lde,"Porträt des Bonaparte, Premier Consul"Wikimedia Commons, Public domain — François Gérard

Comment présidiez-vous concrètement à l'élaboration de ce Code ?

Au Conseil d'État, et non depuis un trône. J'y siégeais des après-midi entières, parfois six ou huit heures d'affilée, à interroger les juristes article par article. Je n'étais pas le plus savant en droit — Cambacérès, Portalis l'étaient bien davantage — mais j'avais le bon sens du soldat qui demande : un simple citoyen comprendra-t-il cette phrase ? Le Code civil s'ouvre par une règle d'apparence modeste : les lois n'obligent qu'à compter du moment où leur promulgation a pu être connue. Cela paraît rien. C'est tout : une loi secrète n'est pas une loi, c'est un piège. J'ai voulu un droit clair, accessible, débarrassé du latin des vieux parlements. La centralisation, mes préfets institués en 1800, servaient la même idée : que l'autorité soit lisible jusqu'au dernier village.

Le 2 décembre 1804, à Notre-Dame, pourquoi avoir saisi vous-même la couronne des mains du pape ?

Parce que je ne la tenais de personne. Pie VII était venu de Rome ; sa présence sanctifiait la cérémonie, et j'en avais besoin — le Concordat de 1801 m'avait réconcilié avec une France encore profondément catholique, et il fallait honorer ce pacte. Mais qu'on ne s'y trompe pas : ce sacre n'était pas un don de l'Église à un vassal. J'avais relevé la France du néant révolutionnaire ; la couronne, je l'avais conquise sur les champs de bataille et dans les conseils, non reçue par grâce céleste. Alors je l'ai prise et posée moi-même, puis j'ai couronné Joséphine agenouillée devant moi. Un geste de quelques secondes, sous les voûtes de Notre-Dame, mais que toute l'Europe a compris : voici un empereur qui se doit à lui seul.

Voici un empereur qui se doit à lui seul.

Cette réconciliation avec l'Église, après les déchirements de la Révolution, fut-elle une conviction ou un calcul ?

Les deux ne s'opposent pas chez un homme d'État. La Révolution avait vendu les biens du clergé, chassé les prêtres, dressé les consciences les unes contre les autres. Un pays divisé sur ses autels est un pays ingouvernable. Le Concordat signé avec Pie VII en 1801 régla la question des biens vendus, donna un statut au clergé, rendit la paix aux villages où la messe avait déserté. Calcul ? Sans doute. Mais un calcul qui rendait des familles à la concorde n'est pas méprisable. Je n'ai jamais cru qu'on gouvernât les hommes contre ce qui les console. La religion, pour le législateur, n'est pas une question de ciel mais d'ordre terrestre : elle tient ensemble ce que la peur et l'ambition voudraient disjoindre.

Sur ce rocher de Sainte-Hélène, à quoi consacrez-vous vos journées ?

À dicter. Le matin succède à un bain qui n'a plus la douceur de mes baignoires de campagne, et je dicte. Mes compagnons d'exil — Las Cases, Montholon — recueillent ce que je leur livre de ma vie, jour après jour. L'Angleterre m'a enfermé sur ce rocher battu des vents, à des milliers de lieues de tout, croyant m'effacer. Elle se trompe. On peut emprisonner un homme ; on n'emprisonne pas un récit. Ces Mémoires que je dicte voyageront là où mes armées n'iront plus. Waterloo m'a pris un trône en juin 1815 ; il ne me prendra pas la dernière bataille, celle de la mémoire, qui se gagne avec des mots et de la patience. Je n'ai plus de Grande Armée — il me reste une voix, et le temps.

On peut emprisonner un homme ; on n'emprisonne pas un récit.

Avez-vous formulé un dernier vœu quant au lieu de votre repos ?

Un seul, et il ne concerne pas ce rocher perdu de l'Atlantique. J'ai écrit qu'il était mon désir que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé. Voilà tout. Non pas sous le dôme d'un palais, mais auprès de ce fleuve qui traverse Paris, parmi les miens. Si je pouvais imaginer qu'on me lirait dans un siècle, j'aimerais croire qu'un jour la France viendra me rechercher ici et me ramènera chez elle. Un homme peut mourir en exil, assassiné lentement par l'air et l'ennui ; il ne meurt vraiment que le jour où son peuple cesse de le réclamer. Mes cendres ne demandent qu'une chose : rentrer.

Un homme ne meurt vraiment que le jour où son peuple cesse de le réclamer.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Napoléon Bonaparte. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.