Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Périclès

par Charactorium · Périclès (493 av. J.-C. — 428 av. J.-C.) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Athènes, un soir de la fin du printemps. Le soleil décline sur l'Acropole dont les échafaudages se découpent encore contre le ciel, et Périclès, le manteau jeté sur l'épaule, accepte de s'entretenir au pied de la Pnyx, là où il a si souvent harangué le peuple. La voix est posée, l'œil attentif ; l'homme parle peu, mais chaque parole semble pesée.

On vous a beaucoup reproché d'avoir instauré une indemnité pour les citoyens siégeant aux tribunaux. Pourquoi y teniez-vous tant ?

On m'a souvent accusé de payer le peuple pour qu'il gouverne. Mais songez : un potier, un rameur du Pirée, comment siégerait-il au tribunal s'il y perd sa journée de pain ? J'ai fait verser le misthos, quelques oboles, aux jurés et aux magistrats, le prix d'une présence. Les riches ont crié à la corruption. Moi, je dis qu'une cité où seuls les oisifs peuvent juger n'est qu'une oligarchie déguisée. Sur la Pnyx, je l'ai répété sans me lasser : notre régime porte le nom de démocratie parce qu'il remet la décision au plus grand nombre, non à une poignée. Le jeton de bronze qu'un pauvre serre dans sa main en sortant du tribunal vaut, à mes yeux, autant qu'une statue d'or.

Une cité où seuls les oisifs peuvent juger n'est qu'une oligarchie déguisée.

Comment faisiez-vous pour convaincre, fois après fois, une assemblée de plusieurs milliers d'hommes ?

Rien n'est plus redoutable que de monter à la tribune de la Pnyx devant cette mer de visages qu'est l'Ecclésia. Avant chaque discours, je priais les dieux qu'aucun mot ne m'échappât qui dépassât ma pensée. Je préparais tout sur mes tablettes de cire, pesant chaque phrase comme l'orfèvre pèse l'or. Mes adversaires me jugeaient froid, distant — c'est qu'on ne me voyait guère hors des affaires publiques, et cette rareté faisait ma force : on n'use pas l'autorité en se montrant à tout propos. Anaxagore m'avait enseigné que l'esprit, le noûs, ordonne le chaos des choses ; j'ai tâché d'ordonner par la seule parole une foule qui, sans pilote, n'est qu'une houle.

Que représente pour vous le grand chantier que vous avez lancé sur l'Acropole ?

Montez là-haut au lever du soleil et vous comprendrez. Où la flamme perse avait tout réduit en cendres, j'ai voulu une cité de marbre qui défie les siècles. Le Parthénon, nous l'avons élevé de 447 à 438 pour Athéna, et croyez-moi, j'ai gravi cette colline cent fois pour voir monter les colonnes une à une. Des vieillards comme Thucydide fils de Mélésias m'accusaient de parer Athènes ainsi qu'une femme coquette couverte de pierreries. Je leur répondais que si l'argent se dépensait, c'étaient nos tailleurs de pierre, nos charpentiers, nos peintres qui le recevaient — la cité tout entière y gagnait gloire et salaire. Un temple, voyez-vous, ne nourrit pas seulement les dieux.

Où la flamme perse avait tout réduit en cendres, j'ai voulu une cité de marbre qui défie les siècles.

Vous avez confié l'œuvre entière à votre ami Phidias. Que pouvez-vous dire de cette collaboration ?

Phidias était bien plus qu'un sculpteur : il était mon ami et l'œil de tout le chantier. Les architectes Ictinos et Callicratès m'apportaient leurs plans en maquettes d'argile que je tournais entre mes mains comme un enfant son jouet. Mais c'est à Phidias que j'avais remis l'ensemble — la grande Athéna d'or et d'ivoire, les frises, l'harmonie du tout. On l'a jalousé, on l'a accusé d'avoir détourné de l'or, on a même prétendu qu'il avait gravé son visage et le mien sur le bouclier de la déesse. Frapper Phidias, c'était chercher à m'atteindre. J'ai appris ce jour-là que bâtir des merveilles attire autant d'ennemis que de regards émerveillés.

L'alliance née pour repousser la Perse est devenue, sous votre direction, tout autre chose. Comment l'assumez-vous ?

La Ligue de Délos était née pour repousser le Perse, chaque cité versant son phoros, son tribut, dans le trésor commun. Mais les temps avaient changé : la menace s'était éloignée, et nos alliés payaient désormais pour la paix qu'Athènes leur garantissait sur les flots. Notre flotte tenait l'Égée comme une main tient une coupe. Était-ce devenu un empire ? Mes ennemis le criaient. Moi, j'y voyais une cité devenue l'école de la Grèce, capable de se montrer souple et accomplie en toute chose. Celui qui jouit de la sécurité doit en acquitter le prix ; je n'ai fait qu'en réclamer la juste part.

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Artist's sonWikimedia Commons, Public domain — Périclès Pantazis

Le transfert du trésor de Délos vers Athènes a fait scandale. Qu'en dites-vous aujourd'hui ?

Vers 454, nous avons transféré le trésor de la ligue depuis l'île sacrée de Délos jusqu'à l'Acropole. Officiellement, pour le mettre à l'abri du Grand Roi ; en vérité, parce qu'Athènes était devenue le cœur battant de l'alliance. C'est avec cet or que les colonnes du Parthénon ont surgi. Je sais ce qu'on murmure : que j'ai pris le bien des alliés pour orner ma cité comme on pare une courtisane. Mais qui défendait ces alliés quand la Perse menaçait ? Nos trières. Qui rétribuait nos rameurs ? Ce même trésor. On ne sépare pas la splendeur d'une cité de sa puissance ; l'une est le visage, l'autre le bras.

Votre amitié avec le philosophe Anaxagore vous a valu des ennuis. Pourquoi l'avoir défendu si fermement ?

Anaxagore de Clazomènes fut mon maître et mon ami le plus cher. Il enseignait que le soleil n'est pas un dieu, mais une masse de feu plus vaste que le Péloponnèse — propos qui faisait frémir les dévots. Quand on l'a traîné devant les juges pour impiété, j'ai usé de toute mon influence, puis je l'ai fait quitter Athènes avant qu'on ne le condamnât. Frapper le maître, c'est souvent une manière détournée d'atteindre le disciple : à travers lui, c'est ma propre proximité avec ces esprits libres qu'on visait. Je ne regrette rien. Un homme qui cherche à comprendre la course des astres mérite mieux qu'un tesson d'ostracisme ou la ciguë.

Un homme qui cherche à comprendre la course des astres mérite mieux qu'un tesson d'ostracisme.
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PANTAZIS-1Wikimedia Commons, Public domain — Périclès Pantazis

On raconte une scène fameuse, lors d'une éclipse, où vous auriez rassuré tout un équipage. Que s'est-il passé ?

C'était en 431, au commencement de la guerre, comme notre flotte s'apprêtait à appareiller. Soudain le jour s'obscurcit en plein midi : une éclipse. Mon pilote, marin pourtant aguerri, fut saisi d'épouvante, et tout l'équipage avec lui, y lisant un présage funeste des dieux. J'ai pris mon manteau, l'ai déployé devant ses yeux, et lui ai demandé s'il y voyait là quelque chose de terrible. Il en rit. Je lui dis alors que l'éclipse n'était rien d'autre, sinon que l'objet voilant le soleil était plus grand que mon manteau. Anaxagore m'avait appris à ne pas trembler devant le ciel. La peur recule toujours devant qui sait nommer les choses.

La peur recule toujours devant qui sait nommer les choses.

La peste a frappé Athènes au plus dur de la guerre. Comment avez-vous traversé cette épreuve ?

La peste est entrée dans Athènes en 430, derrière ces Longs Murs où j'avais entassé les paysans de l'Attique pour les soustraire aux lances spartiates. Cruelle ironie : en les sauvant du fer, je les livrais au fléau. Elle a emporté un tiers de la cité — et elle m'a pris mes deux fils légitimes. Aux funérailles, moi qu'on disait de marbre, moi qui n'avais pas laissé voir une larme en public depuis trente ans, j'ai pleuré devant tous en posant la couronne sur le corps de mon enfant. Il n'est ni stratégie, ni éloquence, ni marbre de l'Acropole qui console un père. Ce jour-là, j'ai cessé d'être Périclès pour n'être plus qu'un homme.

Ce jour-là, j'ai cessé d'être Périclès pour n'être plus qu'un homme.

Vous avez dû demander à l'Assemblée de suspendre, pour votre propre fils, une loi que vous aviez vous-même fait voter. Que ressentiez-vous ?

En 451, c'est moi qui avais fait adopter la loi réservant la citoyenneté aux seuls enfants nés de deux parents athéniens. Je la croyais juste, gardienne du corps civique. Puis la peste m'ôta mes fils légitimes, et il ne me resta que l'enfant né d'Aspasie, étrangère de Milet — donc exclu par ma propre main. J'ai dû me présenter devant l'Ecclésia et supplier qu'on fît pour lui une exception. Quel spectacle, n'est-ce pas : le législateur mendiant qu'on suspende sa propre règle. L'Assemblée y consentit, par pitié peut-être. J'ai compris ce jour-là qu'aucune loi, si sage qu'on la croie, ne prévoit jamais le chagrin de celui qui l'écrit.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Périclès. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.