Interview imaginaire avec Périclès
par Charactorium · Périclès (493 av. J.-C. — 428 av. J.-C.) · Politique · 5 min de lecture
Deux jeunes visiteurs de douze ans arrivent un matin sur l'Acropole, le souffle court d'avoir grimpé la colline. Là, devant les colonnes encore blanches du chantier, un vieil homme au casque de bronze les attend en souriant. Il s'appelle Périclès, et il a accepté de tout leur raconter.
—C'est vrai que les gens se moquaient de la forme de votre tête ?
Ah, tu as entendu cette histoire ! Oui, mon enfant, c'est vrai. J'avais le crâne un peu long, un peu pointu vers le haut. Les auteurs comiques d'Athènes m'avaient surnommé Tête d'oignon — imagine un oignon allongé, tu vois le genre. Alors je gardais souvent mon casque de bronze de stratège, mon casque de chef de guerre, sur la tête, même en ville. On croyait que c'était par fierté militaire. En vérité, ça cachait aussi mon drôle de crâne ! Tu sais, un chef doit faire attention à son image. Je me montrais rarement, pour qu'on m'écoute mieux quand je parlais.
On me croyait fier de mon casque. Il cachait surtout ma drôle de tête.
—On dit que vous ne pleuriez jamais. C'était vrai, même quand c'était grave ?
C'est ce qu'on disait de moi, oui. J'étais l'homme qui ne tremble pas, qui garde son calme dans la tempête. Et puis une grande maladie est arrivée sur Athènes, en 430 avant ta naissance de presque vingt-cinq siècles. Une peste terrible. Elle a emporté mes deux fils. Devant tout le monde, aux funérailles, moi l'impassible, je me suis effondré en larmes. Je ne pouvais plus me retenir. Tu vois, un homme peut tenir des années face aux ennemis, et craquer pour ses enfants. Le chagrin d'un père est plus fort que toutes les armures du monde.
Un homme peut tenir face aux ennemis et craquer pour ses enfants.
—Vous aviez fait une loi sur la citoyenneté, mais après vous l'avez contournée. Pourquoi ?
Tu mets le doigt sur quelque chose qui me serre encore le cœur. En 451 avant Jésus-Christ, j'avais fait voter une loi : pour être citoyen d'Athènes, il fallait deux parents athéniens. Stricte, ma loi. Mais ma compagne Aspasie venait d'ailleurs, et notre fils, à cause de ma propre règle, n'était pas citoyen. Quand mes autres fils sont morts, j'ai dû supplier l'Assemblée de faire une exception pour lui. Imagine ça : demander pardon pour la loi qu'on a faite soi-même. J'ai appris ce jour-là qu'une règle juste peut devenir cruelle pour celui qui l'a écrite.
J'ai dû supplier qu'on brise la loi que j'avais moi-même écrite.
—C'était comment, construire un truc aussi énorme que le Parthénon ?
Viens, regarde derrière moi ! Ce temple, le Parthénon, on l'a commencé en 447 avant Jésus-Christ. Chaque matin, dès l'aube, je montais sur cette colline avec mon ami Phidias, le plus grand sculpteur de Grèce. Les architectes Ictinos et Callicratès m'apportaient de petites maquettes en argile — imagine un temple minuscule qu'on tient dans les mains. Et tout autour, des centaines d'ouvriers, le bruit des marteaux sur le marbre, la poussière blanche partout. Je vérifiais tout moi-même. Je voulais qu'Athènes devienne la plus belle cité du monde. Et tu sais quoi ? Tu es venu la voir. C'est qu'on a réussi.
Je voulais la plus belle cité du monde. Tu es venu la voir : on a réussi.
—Pourquoi vous teniez tellement à construire de si beaux bâtiments ?
Bonne question, mon enfant. Ce n'était pas juste pour faire joli ! À l'entrée de cette colline sacrée, j'ai fait bâtir les Propylées, une porte monumentale, immense. Et plus bas, l'Odéon, une grande salle couverte pour la musique — la première de la ville. Imagine entrer dans un endroit si grand que ta voix s'y perd. Je voulais que chaque Athénien, même le plus pauvre, lève les yeux et se sente fier. Une belle cité rend ses habitants meilleurs. La pierre dure plus longtemps que les hommes. Ces murs racontent encore notre histoire, des milliers d'années après moi.
Une belle cité rend ses habitants meilleurs.

—C'est vrai que vous payiez les gens pauvres pour faire de la politique ?
Exactement ! Et beaucoup de riches m'en ont voulu, tu peux me croire. À Athènes, les citoyens devaient juger les procès et voter les lois. Mais imagine un pauvre paysan : s'il passe sa journée à l'Ecclésia — c'est notre assemblée du peuple, sur la colline de la Pnyx — il ne gagne pas son pain. Alors j'ai créé le misthos, une petite indemnité, quelques pièces, pour ceux qui siégeaient. On leur donnait un petit jeton de bronze. Grâce à ça, le pauvre pouvait participer comme le riche. La démocratie, ce n'est pas un beau mot si seuls les riches peuvent venir.
La démocratie n'est qu'un beau mot si seuls les riches peuvent venir.
—Ça se passait comment, une journée où vous deviez convaincre tout le monde ?
Le matin, j'allais sur l'Agora, la grande place, saluer les gens, sentir leur humeur. L'après-midi, je montais sur la Pnyx. Là, des milliers de citoyens étaient assis sur la colline, face à la tribune. Pas de micro, mon enfant — il fallait une voix qui porte ! Je préparais mes discours pendant des heures, je pesais chaque mot. Imagine devoir convaincre toute une foule rien qu'en parlant, sans crier, calmement. C'était ça, mon vrai pouvoir. Je n'étais pas un roi. Chaque jour, le peuple pouvait dire non. Je devais le convaincre, encore et encore.
Je n'étais pas un roi. Chaque jour, le peuple pouvait dire non.
—On vous a accusé d'avoir volé l'argent des autres cités. C'était vrai ?
Ah, l'accusation qui m'a poursuivi toute ma vie... Écoute bien. Plusieurs cités grecques s'étaient unies dans la Ligue de Délos, pour se défendre contre les Perses. Chacune versait un tribut, le phoros, dans un trésor commun gardé sur l'île de Délos. Vers 454 avant Jésus-Christ, j'ai fait amener ce trésor à Athènes. Et avec, j'ai payé le Parthénon. Un rival, Thucydide fils de Mélésias, m'a accusé de me parer de l'or des alliés comme une femme coquette. Dur, n'est-ce pas ? Mais je pensais : nous les protégeons, ils paient notre bouclier. Je te laisse juger si j'avais raison.
Ils payaient notre bouclier. Avais-je le droit d'en faire un temple ?

—Vous trouviez ça juste, qu'Athènes commande à toutes les autres villes ?
Tu poses la question qui fâche, et j'aime ça. Au début, la Ligue de Délos était une alliance d'égaux contre l'ennemi perse. Mais petit à petit — entre 454 et 430 avant Jésus-Christ — Athènes est devenue la patronne. Les autres cités payaient, obéissaient, n'avaient plus vraiment le choix. Un empire, en somme. Était-ce juste ? Je vais être honnête avec toi : je croyais qu'Athènes méritait de commander, parce qu'elle était la plus brillante. Mais je sais qu'on peut me reprocher d'avoir transformé des amis en sujets. La force et la justice ne marchent pas toujours main dans la main.
La force et la justice ne marchent pas toujours main dans la main.
—Un jour il y a eu une éclipse et tout le monde a eu peur. Vous aussi ?
Non, je n'ai pas eu peur — et ça m'a permis d'aider les autres. C'était en 431 avant Jésus-Christ, notre flotte partait en guerre. Soudain, en plein jour, le soleil s'est caché, le ciel est devenu sombre. Mon pilote tremblait, paralysé de terreur ! Alors j'ai pris mon manteau et je l'ai mis devant ses yeux. Est-ce que ça te fait mal ? lui ai-je demandé. Non, dit-il. Je lui ai répondu : entre mon manteau et l'éclipse, la seule différence, c'est la taille de ce qui cache la lumière. Rien de magique. Juste quelque chose, là-haut, qui passe devant le soleil.
Entre mon manteau et l'éclipse, la seule différence, c'est la taille.
—Vous aviez un ami philosophe qui a eu des ennuis. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Oui, mon cher Anaxagore. Un esprit immense, un homme que j'aimais. Mais il osait dire une chose dangereuse à mon époque : que le soleil n'était pas un dieu, mais une énorme boule de feu, une pierre brûlante. Imagine dire ça quand tout le monde prie le soleil ! On l'a accusé d'impiété, d'insulter les dieux. On voulait sa mort. J'ai dû user de toute mon influence, supplier, manœuvrer, pour le sauver et le faire partir d'Athènes vivant. Tu sais, défendre un ami quand la foule réclame sa tête, c'est ça, la vraie fidélité. Je ne l'ai jamais regretté.
Défendre un ami quand la foule réclame sa tête, c'est ça la vraie fidélité.
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Périclès. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.


