Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Thomas Hobbes

par Charactorium · Thomas Hobbes (1588 — 1679) · Philosophie · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de 12 ans, en classe découverte, poussent la porte d'un vieux cabinet d'étude éclairé à la bougie. Un vieil homme de 91 ans les attend, une plume d'oie à la main. Thomas Hobbes pose son livre et sourit : il a tant de choses à leur raconter.

Vous aviez quel âge quand vous avez dû fuir l'Angleterre ?

J'avais 52 ans, mon enfant, et j'ai eu très peur. C'était en 1640. Imagine un pays où les voisins commencent à se haïr, où l'on parle déjà de prendre les armes contre le roi. Je sentais l'orage venir. Alors j'ai fait mes malles et j'ai traversé la mer pour me réfugier à Paris. Tu sais, partir comme ça, à mon âge, ce n'était pas une aventure joyeuse. C'était fuir pour ne pas mourir. Mais cette peur m'a beaucoup appris. Dans le calme de la France, j'ai commencé à réfléchir à une seule question : comment empêcher les hommes de s'entre-tuer ?

J'ai fui pour ne pas mourir, et la peur m'a tout appris.

C'est à Paris que vous avez écrit votre grand livre ?

Oui, exactement. C'est dans mon exil parisien, entre 1640 et 1651, que j'ai écrit le Léviathan. Le titre te paraît étrange ? C'est le nom d'un monstre énorme dont parle la Bible. J'ai choisi ce nom pour parler de l'État : une puissance immense qui doit tenir tous les hommes en respect. Imagine une rue de mon époque, sans aucun bruit de moteur, juste les chevaux et les cris des marchands. Le soir, je m'enfermais et j'écrivais à la bougie. Mon livre est paru en 1651. Beaucoup l'ont détesté. Mais moi je savais une chose : sans un pouvoir fort, les hommes redeviennent des loups.

Sans un pouvoir fort, les hommes redeviennent des loups.

C'est quoi cette histoire de "guerre de tous contre tous" ?

Ah, c'est le cœur de ma pensée ! Écoute bien. Imagine qu'il n'y ait plus aucune loi, aucun roi, aucun gendarme. Personne pour te protéger. C'est ce que j'appelle l'état de nature. Dans cette situation, chacun a peur de chacun. Tu voles ton voisin parce que tu crois qu'il va te voler en premier. Dans mon livre, j'ai écrit que c'est alors « une guerre de chacun contre chacun ». Pas une grande bataille, non : une méfiance permanente, jour et nuit. On ne peut ni dormir tranquille, ni cultiver son champ. Voilà pourquoi les hommes ont besoin d'un maître commun.

Sans loi, chacun a peur de chacun, jour et nuit.

Alors pourquoi on accepte d'obéir à un chef si on est libre ?

Bonne question, vraiment ! Imagine un parchemin que tous les hommes signeraient ensemble. Ils disent : « Je veux bien renoncer à un peu de ma liberté sauvage, à condition que toi aussi tu y renonces. » Et tous remettent ce pouvoir à un seul, le souverain. J'appelle cet accord le contrat social. Tu perds le droit de te faire justice tout seul, d'accord. Mais en échange, tu gagnes quelque chose d'immense : la paix et la sécurité. Tu peux dormir, manger, grandir sans trembler. Ce n'est pas un mauvais marché, tu sais. La liberté totale, c'est aussi la peur totale.

La liberté totale, c'est aussi la peur totale.

C'est vrai que vous avez été le prof d'un futur roi ?

C'est vrai ! Pendant mon exil en France, j'ai enseigné les mathématiques à un jeune prince : le futur Charles II d'Angleterre. Imagine, mon enfant : moi, fils d'un modeste curé de campagne, donnant des leçons à celui qui deviendrait roi. Toute ma vie, j'ai vécu auprès des grandes familles, surtout les Cavendish, à Hardwick Hall et Chatsworth. J'étais leur précepteur, parfois leur secrétaire. Ils me logeaient, me nourrissaient, me prêtaient leurs livres reliés en cuir. En échange, je leur apprenais et je réfléchissais. Être proche des puissants, ça m'a montré de près comment marche vraiment le pouvoir.

Le fils d'un curé donnait ses leçons à un futur roi.
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Thomas Hobbes title QS:P1476,en:"Thomas Hobbes "label QS:Len,"Thomas Hobbes "Wikimedia Commons, Public domain — John Michael Wright

Vous parliez avec d'autres savants célèbres ?

Oui, et j'en étais fier. À Paris, je discutais avec les plus grands esprits de mon temps. J'ai même échangé des lettres avec Descartes, le grand philosophe français, vers 1641. Nous n'étions pas toujours d'accord, lui et moi ! Tu sais, deux têtues qui réfléchissent, ça finit toujours par se chamailler un peu. Mais quel bonheur de pouvoir disputer d'idées avec quelqu'un de ton niveau. Pour moi, la philosophie, ce n'est pas réciter des vieux livres : c'est raisonner, construire pas à pas, comme on bâtit une maison. On part de choses simples, et on monte vers les grandes vérités.

Deux têtues qui réfléchissent finissent toujours par se chamailler.

Vous avez vu des choses terribles arriver à Londres ?

Oh oui, et j'étais déjà bien vieux. J'ai vu mon pays se déchirer. En 1649, on a coupé la tête du roi Charles Ier : imagine le choc, un roi exécuté comme un voleur ! Puis, plus tard, deux catastrophes ont frappé Londres coup sur coup. En 1665, une grande peste a vidé les rues : on emportait les morts par charrettes entières. L'année d'après, en 1666, un immense incendie a brûlé presque toute la ville pendant des jours. J'ai même écrit un livre, Béhémoth, pour raconter ces guerres civiles. Crois-moi : quand tu as vu le chaos de près, tu comprends pourquoi je tenais tant à l'ordre.

Un roi exécuté comme un voleur : imagine le choc.
Thomas Hobbes by John Hoskins, portrait miniature, 1616 - Oak Room, Chatsworth House - Derbyshire, England - DSC03054
Thomas Hobbes by John Hoskins, portrait miniature, 1616 - Oak Room, Chatsworth House - Derbyshire, England - DSC03054Wikimedia Commons, Public domain — Daderot

C'était comment, une journée normale chez vous ?

Plus simple que tu ne crois ! Je me levais tôt, vers six heures, dans une chambre chauffée par la cheminée. Au petit-déjeuner, je prenais du pain, du beurre et un peu de bière — eh oui, à mon époque on s'en méfiait de l'eau, on la trouvait sale ! L'après-midi, j'aimais marcher dehors pour faire de l'exercice : je pensais que bouger gardait le corps en bonne santé. Le soir, je dînais tôt, puis je retournais dans mon cabinet d'étude écrire à la lueur de la bougie. Une vie tranquille de lettré, rythmée par la plume, les livres et de longues promenades.

Marcher chaque jour : je croyais que le corps se garde comme une idée.

C'est vrai que vous travailliez encore très très vieux ?

Ha ! Tu as bien entendu. Beaucoup de gens, à mon âge, restent au coin du feu sans rien faire. Pas moi. À 87 ans, j'ai traduit en anglais l'Iliade et l'Odyssée, les grands poèmes du vieil Homère, le poète grec. Imagine le travail : des milliers de vers ! Et à 90 ans, j'ai même écrit l'histoire de ma propre vie, en vers latins par-dessus le marché. Tu vois, mon enfant, l'esprit ne vieillit pas comme les jambes. Tant qu'on est curieux, on reste jeune quelque part. J'ai gardé ma plume à la main presque jusqu'à mon dernier jour, en 1679.

L'esprit ne vieillit pas comme les jambes.

Si on retient une seule chose de vous, ce serait quoi ?

Si tu ne devais garder qu'une idée de ce vieux monsieur, garde celle-ci. Les hommes ne sont ni des anges, ni des monstres : ils ont peur, et la peur les rend dangereux. C'est pour ça qu'ils ont inventé l'État, ce grand Léviathan. Non pas pour les écraser, mais pour qu'ils puissent vivre ensemble sans s'entre-déchirer. Tu trouves que je vois les hommes trop sombres ? Peut-être. Mais j'avais vu la guerre civile, la peste, le feu. J'ai voulu, de toutes mes forces, trouver le chemin de la paix. Mes livres ont fait réfléchir les penseurs pendant des siècles. C'est ma façon, à moi, de continuer à vous parler.

Les hommes ne sont ni des anges, ni des monstres : ils ont peur.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Thomas Hobbes. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.