Imaginary interview

Imaginary dialogue between Menahem Begin and Anwar Sadat

by Charactorium · Anwar Sadat (1918 — 1981) · Politics · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Anwar Sadat
Wikimedia Commons, Public domain — Inconnu

C'est sous la tonnelle d'une résidence présidentielle au bord du canal de Suez, un soir tiède de l'hiver 1980, que Menahem Begin retrouve Anouar el-Sadate. Le thé fume dans les verres, une pipe repose sur la table basse, et l'air sent le limon du fleuve tout proche. Les deux hommes se sont affrontés, puis assis face à face à Camp David pendant treize jours ; ils se connaissent désormais mieux que bien des alliés. Begin, teigneux et curieux, est venu pousser son ancien ennemi à s'expliquer sur les paris qu'il a osés.

Anouar, lorsque vous êtes descendu de l'avion à Jérusalem en novembre 1977, j'attendais sur le tarmac. Qu'espériez-vous vraiment, ce soir-là ?

Menahem, vous étiez là, et j'ai vu dans vos yeux la même stupeur que celle du monde entier. J'espérais briser un mur, pas de pierre mais de peur, dressé depuis trente ans dans le cœur des miens. Devant votre Knesset, je vous l'ai dit sans détour : je suis venu à vous pour que, ensemble, nous puissions construire une paix durable fondée sur la justice. Aucun de nous ne devrait verser ou faire couler le sang d'un seul soldat. On m'a traité de fou, de traître. Mais un chef d'État qui a envoyé des hommes mourir sait ce que coûte chaque tombe. Je voulais que mes petits-enfants et les vôtres ne connaissent plus les tranchées.

J'espérais briser un mur, pas de pierre mais de peur, dressé depuis trente ans.

Vos frères arabes vous ont accusé de trahison, l'Égypte fut exclue de la Ligue arabe. Ce prix ne vous a-t-il jamais fait douter ?

Le doute, Menahem, est le compagnon de tout homme qui marche seul. On m'a fermé les portes du Caire arabe, on m'a rayé de la carte des frères. Mais je vous le demande : à quoi sert un dirigeant s'il n'ose que ce que la foule approuve ? J'ai vu trop de discours enflammés et trop peu de pain sur les tables égyptiennes. La guerre perpétuelle nourrit les slogans, jamais les enfants. J'ai préféré l'isolement d'aujourd'hui à la ruine de demain. L'Histoire, cette juge patiente, dira si le paysan de Mit Abou el-Kôm a eu raison de tendre la main à celui qu'on lui avait appris à haïr.

La guerre perpétuelle nourrit les slogans, jamais les enfants.

Avant la paix, il y eut la guerre. En octobre 1973, vous avez frappé pendant Yom Kippour. Pourquoi ce jour sacré, précisément ?

Ne croyez pas que j'aie choisi cette date pour offenser votre foi, Menahem. Un général choisit l'heure où l'adversaire baisse la garde ; ce jour-là, vos rangs étaient au repos, vos synagogues pleines. La traversée du canal de Suez, là où nous sommes assis ce soir, fut l'affaire de mes ingénieurs et de la fierté d'un peuple humilié depuis 1967. Nous n'avons pas gagné la bataille, je le sais. Mais nous avons brisé le mythe de votre invincibilité, et rendu à l'Arabe le droit de relever la tête. Comprenez-le : sans cette fierté retrouvée, jamais je n'aurais pu, quatre ans plus tard, aller vers vous en homme debout et non en vaincu.

Sans cette fierté retrouvée, je serais allé vers vous en vaincu, non en homme debout.

Le monde a tremblé sous le choc pétrolier déclenché alors. Mesuriez-vous, en franchissant le canal, la secousse que vous alliez donner à la planète ?

Un homme qui allume une mèche voit rarement toute la traînée de poudre. Je savais que le pétrole était l'arme de mes frères, plus tranchante que nos chars. Mais mon horizon, ce jour d'octobre, tenait dans la largeur du canal et dans le visage de mes soldats. Le reste — les files d'attente dans vos villes d'Occident, l'affolement des bourses — je l'ai appris après. Cela m'a confirmé une chose : l'Égypte comptait de nouveau, on ne pouvait plus nous ignorer. Et c'est fort de ce poids retrouvé que j'ai osé m'asseoir à la table, non plus en quémandeur, mais en partenaire que l'on doit écouter.

Un homme qui allume une mèche voit rarement toute la traînée de poudre.

En 1972, vous avez renvoyé les conseillers soviétiques, tournant le dos à Moscou pour Washington. N'était-ce pas jouer très gros, en pleine guerre froide ?

Les Soviétiques me donnaient des armes, oui, mais au compte-gouttes, et jamais celles qui font gagner. Ils voulaient une Égypte cliente, pas une Égypte libre. Les renvoyer fut un pari, Menahem, un pari énorme sur l'échiquier des deux Grands. Mais je pressentais qu'aucune paix, aucune récupération du Sinaï ne passerait par Moscou : seul l'Américain tenait la clé, parce qu'il tenait votre confiance à vous. J'ai donc misé sur Washington, sur ce Jimmy Carter qui plus tard nous a enfermés treize jours dans ses montagnes. On m'a cru imprudent. J'étais simplement lucide : celui qui veut la paix doit s'adresser à qui peut la garantir.

Ils voulaient une Égypte cliente ; je voulais une Égypte libre.
Anwar Sadat cropped
Anwar Sadat croppedWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

À Camp David, nous avons failli tout rompre plus d'une fois. Vous souvenez-vous du moment où vous avez voulu faire vos valises ?

Comment l'oublier ? Vous étiez buté, Menahem, sur les colonies, sur chaque virgule, et je vous trouvais impossible ! J'avais ordonné qu'on prépare mon départ ; Carter est venu me voir, le visage gris de fatigue, me supplier de rester au nom de nos deux peuples. Ce qui m'a retenu, ce n'est pas la diplomatie, c'est le souvenir des veuves de 1973, des vôtres comme des miennes. Je me suis dit qu'un homme ne fait pas dix mille kilomètres et n'affronte pas la colère du monde arabe pour fuir devant un dernier obstacle. Alors je suis resté. Et de cette obstination partagée est né le cadre de paix qui nous a valu, à tous deux, ce prix de 1978.

Ce qui m'a retenu, ce n'est pas la diplomatie, c'est le souvenir des veuves.

Vous parlez souvent de vos années de prison sous les Britanniques. Qu'a donc laissé en vous cette fameuse cellule 54 ?

La prison, mon ami, fut ma véritable école, plus que l'Académie militaire. Les Anglais m'ont enfermé parce que je conspirais pour l'indépendance de mon pays, et dans la cellule 54, seul, dépouillé de tout, j'ai fait une découverte qui ne m'a plus quitté : la véritable liberté est intérieure, et aucun geôlier ne peut l'enchaîner. J'ai raconté cela dans In Search of Identity. C'est là que j'ai appris à ne pas dépendre du regard des autres, ni de leur haine, ni de leurs applaudissements. Vous qui avez connu la clandestinité et le combat, vous savez qu'un homme trempé par l'épreuve craint moins le jugement de la foule. Sans la cellule 54, je n'aurais jamais eu le courage de Jérusalem.

La prison fut ma véritable école, plus que l'Académie militaire.
Anwar Sadat cropped (cropped)
Anwar Sadat cropped (cropped)Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Vous êtes un homme de foi, cela se sent. Cette conviction religieuse vous a-t-elle guidé dans vos décisions les plus solitaires ?

Elle est le socle sur lequel tout repose, Menahem. Le soir, quand les dossiers d'État sont refermés, je me retire pour prier et méditer, comme j'ai appris à le faire derrière les barreaux. Ma foi ne me dicte pas la politique, mais elle me donne le calme de décider seul quand nul ne peut décider à ma place. Croire, c'est accepter que le jugement dernier appartient à Dieu, non aux gazettes ni aux congrès arabes. Cette paix que nous avons signée, je la crois voulue par le Très Miséricordieux, car nos trois religions descendent d'Abraham. Un homme qui prie chaque soir n'a pas peur de tendre la main à son frère ennemi.

Ma foi me donne le calme de décider seul quand nul ne peut décider à ma place.

On vous photographie en uniforme couvert de décorations, mais on dit qu'au village vous quittez tout cela. Est-ce vrai, Anouar ?

C'est la part de moi la plus vraie, Menahem. À Mit Abou el-Kôm, où je suis né en 1918, je range l'uniforme de maréchal et j'enfile la galabeya, cette longue tunique des fellahs. Je marche à l'aube entre les champs, je salue les paysans par leur nom, je mange le foul et le pain simple de mon enfance. Là-bas, je ne suis pas le raïs, je suis le fils de la terre du Delta. Un dirigeant qui oublie l'odeur de son village finit par ne plus entendre son peuple. Ces racines paysannes m'ont donné une force que ni les palais du Caire ni les honneurs d'Occident ne pourront jamais me donner.

Un dirigeant qui oublie l'odeur de son village finit par ne plus entendre son peuple.

Après tant de combats et de traités, que souhaitez-vous laisser à ce village, et au-delà, à votre peuple ?

Je voudrais laisser une terre où l'on sème sans craindre que la guerre ne fauche la récolte. À mon village, un peu d'ombre et d'eau claire ; à mon peuple, la dignité d'un pays qui a récupéré son Sinaï sans plus jamais brûler sa jeunesse dans les tranchées. Nous, les hommes de pouvoir, nous passons vite, Menahem ; ce qui demeure, c'est ce qu'on a épargné aux vivants. J'ai été chef de guerre, on m'a nommé artisan de paix : je préfère de loin ce second titre. Que l'on dise un jour, dans les champs de Mit Abou el-Kôm, que le fils du Delta a rendu la fierté à son peuple sans lui voler ses fils. Ce serait ma plus belle décoration.

Nous, les hommes de pouvoir, passons vite ; ce qui demeure, c'est ce qu'on a épargné aux vivants.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Anwar Sadat's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.