Imaginary interview

Imaginary interview with Averroes

by Charactorium · Averroes (1126 — 1198) · Philosophy · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Deux élèves de cinquième visitent ce matin-là une exposition sur Al-Andalus. Devant un vieux manuscrit couvert d'écriture arabe, ils osent une drôle de question à voix haute. Et voilà qu'un vieil homme en djellaba blanche, calame à la main, leur répond avec un grand sourire : Averroès, le sage de Cordoue, accepte de tout leur raconter.

C'était comment, une journée normale, dans votre vie ?

Tu sais, mon enfant, je menais deux vies en une seule. Le matin, avant le lever du soleil, je priais, puis je lisais mes manuscrits dans le calme. L'après-midi, je changeais d'habit : je devenais juge. À Cordoue, j'étais grand cadi — un cadi, c'est celui qui tranche les disputes selon la loi. Mon père et mon grand-père avaient tenu cette charge avant moi, comme si elle était dans le sang de la famille. Et le soir venu, après la prière, je redevenais celui que je préférais être : un homme qui écrit. À la lueur d'une petite lampe à huile en cuivre, je travaillais très tard dans la nuit.

Ça sentait quoi, chez vous, quand le soir tombait ?

Imagine une maison fraîche, bâtie autour d'une cour intérieure. Au centre, une fontaine chantait, et des orangers parfumaient l'air. Quand le soir tombait, j'allumais ma lampe, et son odeur d'huile se mêlait à celle du vieux papier de mes manuscrits. Mon cabinet d'étude débordait de livres — c'était mon vrai trésor. Pour le repas, nous mangions simplement : du pain de froment, des figues, des raisins, un peu d'agneau relevé de safran et de cumin. En médecin, je conseillais toujours de manger avec mesure. Dehors, aucun bruit de moteur, bien sûr : seulement le pas des chevaux et l'appel à la prière qui montait au-dessus des toits.

C'est vrai qu'un roi vous a posé une question piège ?

Ah, tu touches là un souvenir que je n'ai jamais oublié ! Mon ami Ibn Tufayl, un philosophe, m'a présenté au calife Abu Yaqub Yusuf, vers 1169. Le calife m'a regardé et m'a demandé : le ciel a-t-il toujours existé, ou bien a-t-il été créé un jour ? Une question redoutable à mon époque — on pouvait être condamné pour une mauvaise réponse. J'étais si intimidé que je n'osais rien dire du tout ! Mais ce calife était un homme savant. Il s'est mis à exposer lui-même les idées des philosophes, pour me mettre à l'aise. Alors j'ai compris qu'il ne me tendait aucun piège.

Il ne me tendait pas un piège : il cherchait un esprit avec qui parler.

Et après, qu'est-ce qu'il vous a demandé de faire ?

C'est de cette rencontre qu'est née toute ma vie de savant. Le calife trouvait les livres du grand sage grec Aristote trop difficiles à lire. Les phrases étaient obscures, parfois mal traduites en arabe. Alors il m'a confié une mission immense : tout expliquer, clairement, pour que chacun puisse comprendre. Imagine qu'on te demande d'éclairer une à une les pages les plus compliquées du monde ! J'ai dit oui. Je ne savais pas encore que ce travail me prendrait près de trente ans, jusqu'à la fin de ma vie. Mais ce jour-là, à Marrakech, devant ce roi curieux, ma route était déjà tracée.

Comment on fait pour expliquer un livre aussi vieux ?

Patiemment, mon enfant, ligne après ligne. Je prenais le texte d'Aristote et je l'ouvrais comme on ouvre une noix, pour en atteindre le cœur. J'ai même écrit trois sortes d'explications : une courte, une moyenne, et une grande, très détaillée. En arabe, on appelle cela un sharh — une explication qui suit le texte mot à mot. Pour les phrases faciles, j'allais vite. Pour les passages difficiles, je m'arrêtais longtemps, je tournais autour, je donnais des exemples. Mon calame à la main — un roseau taillé en pointe que l'on trempe dans l'encre — j'ai noirci, dit-on, plus de vingt mille pages au cours de ma vie.

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Averroes-aristoteles-girolamo-cremonaWikimedia Commons, Public domain — Girolamo da Cremona

Les gens vous appelaient comment, à cause de ça ?

On m'a donné un surnom qui m'a suivi bien après ma mort, jusque dans les écoles lointaines d'Europe : « le Commentateur ». Avec une majuscule, comme s'il n'y en avait qu'un seul au monde ! Tu sais, j'admirais profondément Aristote. Je pensais que son intelligence avait atteint la limite la plus haute que l'esprit humain pouvait toucher. Des étudiants chrétiens, qui ne parlaient pas un mot d'arabe, lisaient mes explications traduites en latin pour enfin le comprendre. Imagine : un juge musulman de Cordoue devenu le maître à penser de jeunes gens à des centaines de lieues, dans des pays qu'il n'a jamais vus de ses yeux.

C'était interdit de réfléchir quand on était croyant ?

Beaucoup le pensaient, et c'est là que je n'étais pas d'accord. Pour moi, réfléchir avec sa raison et croire en Dieu, ce n'est pas se contredire — c'est marcher sur ses deux jambes. J'ai écrit un livre entier pour le démontrer, le Fasl al-Maqal, qu'on appelle le Discours décisif, vers 1179. J'y disais une chose audacieuse : étudier les livres des anciens sages n'est pas seulement permis, c'est presque un devoir pour un croyant. Cette façon grecque de philosopher, on la nommait la falsafa. Comprendre le monde, pour moi, c'était une manière d'admirer celui qui l'avait créé.

Réfléchir et croire, ce n'est pas se contredire : c'est marcher sur ses deux jambes.
Estatua de Averroes 2
Estatua de Averroes 2Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Américo Toledano

Il y avait des gens pas du tout d'accord avec vous ?

Oh oui, beaucoup ! Certains savants, qu'on appelait les gens du kalam — la théologie qui défend la foi par de grands raisonnements — me reprochaient d'aller trop loin. Et un penseur célèbre, Al-Ghazali, avait écrit un livre pour affirmer que les philosophes se trompaient. Alors je lui ai répondu, point par point, dans un ouvrage au titre rigolo : L'Incohérence de l'Incohérence, vers 1180. Je défendais une idée toute simple : dans la nature, les choses ont des causes. Le feu brûle, l'eau désaltère. Comprendre ces causes, ce n'est pas insulter Dieu — c'est honorer l'ordre qu'il a mis dans le monde.

C'est vrai qu'on a brûlé tous vos livres ?

Oui, mon enfant, et ce fut le plus grand chagrin de ma vie. Vers 1195, le calife Al-Mansur a cédé aux savants les plus sévères, qui détestaient la philosophie. Mes livres ont été jetés au feu, en public, sur la place. Imagine voir partir en fumée le travail de toute une vie ! On m'a chassé de Cordoue, ma ville bien-aimée, pour m'exiler à Lucena, un petit bourg tout proche. J'y ai vécu seul, presque deux années entières. Mais sais-tu une chose ? Des copies de mes œuvres existaient déjà ailleurs, bien à l'abri.

On peut brûler le papier, mais on ne brûle pas les idées.

Et à la toute fin, qu'est-ce qui vous est arrivé ?

Le calife a fini par me pardonner, peu de temps avant ma mort. Mais j'étais loin de chez moi. Je me suis éteint à Marrakech, en 1198, sans avoir revu les orangers de Cordoue. On a alors ramené mon corps jusqu'à ma ville natale pour m'y enterrer — je suis donc rentré, mais seulement après ma mort. Ne sois pas triste, pourtant. Car mes idées, elles, ont voyagé bien plus loin que moi. Des jeunes gens d'Europe, juifs, chrétiens et musulmans, ont continué de lire mes commentaires pendant des siècles entiers.

Ma vraie maison, ce sont tous les esprits curieux qui posent des questions.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Averroes's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.