Imaginary interview

Kids interview Clare of Assisi

by Charactorium · Clare of Assisi (1194 — 1253) · Spirituality · Philosophy · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Clare of Assisi
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Didier Descouens

Deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte du couvent de San Damiano, à Assise. Une religieuse âgée, souriante malgré la fatigue, les invite à s'asseoir près de son lit. Elle s'appelle Claire, et elle veut bien raconter.

Vous aviez quel âge quand vous êtes partie de chez vos parents ?

J'avais dix-huit ans, mon enfant. Une nuit de printemps, la nuit du 18 au 19 mars 1212, je me suis glissée dehors sans bruit. Imagine une rue d'Assise plongée dans le noir, aucune lumière, juste le pas des chevaux au loin. J'ai couru jusqu'à la petite chapelle de la Portioncule, où m'attendait mon maître François. Là, il m'a coupé les cheveux. Tu sais, pour une fille de famille noble, couper ses cheveux, c'était dire au monde entier : je quitte tout. Mon cœur battait très fort. Mais je n'ai pas eu peur une seule seconde.

Couper mes cheveux, c'était dire au monde : je quitte tout.

Vos parents ont dû être fâchés, non ? Ils ont essayé de vous ramener ?

Oh oui, mon enfant. Quelques jours plus tard, mes frères sont venus me chercher au monastère de Sant'Angelo in Panzo. Ils étaient furieux, prêts à m'emporter de force. Imagine des hommes forts qui te tirent par le bras pour te ramener à la maison. Alors je me suis accrochée de toutes mes forces à l'autel de la chapelle. Je serrais la pierre froide et je répétais : non, je reste. Ils ont fini par renoncer. Une jeune fille de mon rang ne désobéissait jamais à sa famille. Moi, ce jour-là, j'ai choisi une autre famille : Dieu et les pauvres.

Je me suis accrochée à l'autel, et j'ai répété : non, je reste.

Ça sentait quoi, dans votre couvent, le matin ?

Ça sentait le froid et la pierre humide, mon enfant. Nous nous levions avant le jour pour chanter dans une chapelle glacée, sans aucun feu pour nous réchauffer. Nous dormions sur de simples planches de bois. Au matin, un peu de pain d'orge, des légumes bouillis, de l'eau. Rien de plus. Trois jours par semaine, je ne mangeais pas du tout. Imagine avoir faim et froid, et chanter quand même de joie. François a dû un jour m'ordonner de manger un peu, car il me trouvait trop maigre. Nous avions choisi cette pauvreté, comme on choisit un cadeau.

Avoir faim et froid, et chanter quand même de joie.

C'est vrai que vous avez dit non au pape ? On peut faire ça ?

Oui, mon enfant, et j'en tremble encore un peu. Le pape Grégoire IX trouvait ma règle trop dure pour des femmes. Il voulait me libérer de mon vœu de tout donner. Alors je lui ai répondu doucement, mais fermement : j'ai besoin qu'on me pardonne mes fautes, pas qu'on me retire ma pauvreté. Imagine une jeune religieuse qui tient tête au chef de toute l'Église. C'était rarissime à mon époque. Plus tard, en 1247, le pape Innocent IV a voulu m'imposer une règle plus confortable. J'ai refusé encore. Ma pauvreté, c'était mon trésor. On ne me prenait pas mon trésor.

J'ai besoin qu'on me pardonne mes fautes, pas qu'on me retire ma pauvreté.

Pourquoi vous vouliez à tout prix ne rien posséder ? C'est bizarre.

Je comprends que ça te semble étrange, mon enfant. Nous nous appelions les Pauvres Dames. En 1216, le pape m'a donné un document unique, le Privilegium paupertatis, le « privilège de pauvreté ». C'était le droit de ne rien avoir du tout, ni chacune, ni toutes ensemble. Personne dans l'Église n'avait jamais reçu ça. Tu vois, je pensais que Jésus lui-même n'avait rien possédé sur la terre. En choisissant d'être pauvre comme lui, je me sentais tout près de lui. Imagine que tu offres à quelqu'un que tu aimes la seule chose que tu as : tes mains vides et ton cœur plein.

Mes mains vides étaient mon cadeau : rien à moi, tout à Dieu.
St Mary Magdalene, St Odile of Alsace and St Clare of Assi.
St Mary Magdalene, St Odile of Alsace and St Clare of Assi.Wikimedia Commons, Public domain — Unknown Alsatian Master

On raconte que vous avez fait fuir des soldats. C'était comment ?

C'était en 1240, mon enfant, une année terrible. Des soldats mercenaires escaladaient déjà les murs de notre couvent de San Damiano. J'étais très malade, je pouvais à peine me lever. Alors je me suis fait porter jusqu'à eux, en tenant l'ostensoir — c'est le vase précieux qui montre l'hostie, le pain consacré. Imagine une femme frêle, portée par ses sœurs, brandissant devant des guerriers armés un simple objet doré. Et pourtant, ils ont pris la fuite, terrifiés. Depuis, les peintres me représentent toujours avec cet ostensoir dans les mains. Ce n'était pas ma force. Je n'en avais aucune. C'était ma confiance.

Je n'avais aucune force. C'était ma confiance qui les a fait fuir.

Vous étiez malade longtemps ? Vous faisiez quoi dans votre lit ?

Vingt-huit ans clouée au lit, mon enfant. Presque toute la fin de ma vie. Mais je ne suis jamais restée les bras croisés. Avec une aiguille et un fil, je brodais des corporaux — ce sont les petits linges blancs qu'on pose sur l'autel pendant la messe. Je les envoyais aux églises pauvres autour d'Assise, celles qui n'avaient rien. Imagine des doigts qui tremblent de fièvre, et qui cousent quand même, point après point, pour aider les autres. Je m'occupais aussi de mes sœurs malades, je lavais leurs pieds. Être couchée ne veut pas dire être inutile.

Être couchée ne veut pas dire être inutile.

C'est vrai que vous êtes la première femme à avoir écrit une règle ?

Oui, mon enfant, et cela me remplit encore d'étonnement. Une règle religieuse, c'est le texte qui dit comment vivre dans un couvent : les prières, le travail, le silence. Avant moi, seuls des hommes en avaient écrit une acceptée par Rome. Jamais une femme. J'ai rédigé la mienne mot après mot, pour protéger notre pauvreté. En 1252, le cardinal Raynaldus l'a approuvée. Imagine attendre des années qu'on te dise oui. Et le vrai « oui » n'est arrivé que deux jours avant ma mort, avec la bulle papale, ce document scellé de plomb. J'ai pu la serrer contre moi. J'étais en paix.

Avant moi, aucune femme n'avait écrit une règle acceptée par Rome.

Ça vous faisait quoi de recevoir des lettres de gens loin de vous ?

Cela me réchauffait le cœur, mon enfant. J'écrivais à une princesse, Agnès de Bohême, qui avait renoncé à devenir reine pour fonder un couvent à Prague, très loin d'ici. Imagine : une fille de roi qui abandonne sa couronne pour vivre pauvre comme moi. Je lui ai envoyé quatre lettres au fil des années. J'ai aussi écrit à une religieuse de Bruges, en Flandre. Tu vois, même clouée dans ma petite chapelle d'Assise, mes mots voyageaient par-delà les montagnes. Une lettre, à mon époque, mettait des semaines à arriver. Mais l'amitié, elle, ne connaissait pas les frontières.

Même enfermée dans ma chapelle, mes mots franchissaient les montagnes.

Vous aviez peur de la nuit, toute seule dans le couvent ?

Non, mon enfant, la nuit était mon amie. Après Complies, la dernière prière du soir, un silence total tombait sur San Damiano. Toutes mes sœurs dormaient. Moi, souvent, je veillais dans le noir, à prier tout doucement. Imagine une chapelle sans aucune lumière, juste ta respiration et le vent dehors. D'autres auraient tremblé. Moi, je me sentais gardée. Le danger, ce n'étaient pas les ombres de la nuit — c'étaient les soldats, la maladie, la faim. Et pourtant, chaque nuit, je m'endormais confiante sur ma planche de bois. La peur, vois-tu, ne franchissait pas la porte de mon cœur.

La peur ne franchissait pas la porte de mon cœur.

Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne de vous, aujourd'hui ?

Quelle belle question, mon enfant. J'aimerais qu'on retienne qu'une femme, même faible et malade, peut tenir bon. Mon ordre existe toujours, sais-tu ? On l'appelle l'Ordre de Sainte-Claire, et des sœurs vivent encore comme nous vivions. Imagine : une petite flamme allumée il y a plus de sept siècles, et qui brûle toujours. Je n'ai pas eu d'armée, pas de richesse, pas de couronne. Juste une règle écrite à la main, une aiguille, et une confiance immense. Si tu ne devais garder qu'une chose de moi, garde celle-ci : ce ne sont pas les gens forts qui changent le monde, ce sont les gens fidèles.

Ce ne sont pas les gens forts qui changent le monde, ce sont les gens fidèles.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Clare of Assisi's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.