Imaginary interview

Imaginary interview with Clarice Lispector

by Charactorium · Clarice Lispector (1920 — 1977) · Literature · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Ce matin-là, deux élèves d'une classe découverte poussent la porte d'un appartement de Rio, face à la mer. Une dame élégante, cigarette à la main, les accueille avec un sourire timide. Elle s'appelle Clarice Lispector, et elle a accepté de répondre à toutes leurs questions.

Vous êtes vraiment née si loin du Brésil ? C'était où exactement ?

Tu sais, mon enfant, je suis née très loin d'ici, dans un petit village d'Ukraine, Tchetchelnik, en 1920. Ma famille était juive, et elle fuyait des violences terribles, les pogroms — des attaques organisées contre les juifs. Imagine une famille qui range tout ce qu'elle possède dans quelques valises et qui part sur un bateau, vers un pays inconnu. Je n'avais que deux mois ! On a accosté au Brésil, à Recife, dans le Nordeste, cette région chaude et lumineuse du nord-est. Je n'ai aucun souvenir de l'Ukraine. Mais cette idée d'être venue d'ailleurs, elle ne m'a jamais quittée.

Le portugais, c'était votre vraie langue alors, ou pas vraiment ?

Le portugais, je l'ai appris tout petit, à Recife. C'est devenu ma langue, ma vraie maison. Et pourtant... j'avais toujours l'impression de la tenir un peu de côté, comme un objet précieux qu'on regarde de loin. Tu sais ce que c'est, l'exil intérieur ? C'est se sentir un peu étrangère partout, même chez soi, même dans sa propre langue. Je crois que c'est pour ça que j'écrivais autrement que les autres. Je ne prenais pas les mots comme allant de soi. Chaque phrase, je la touchais comme une chose toute neuve. Être venue d'ailleurs, ça m'a donné des yeux différents.

Je me sentais un peu étrangère partout, même dans ma propre langue.

C'est vrai que vous avez publié votre premier livre le jour de votre mariage ?

Ah, 1943, quelle année folle ! J'avais 23 ans. Le même jour, mon premier roman, Perto do Coração Selvagem, sortait en librairie, et je me mariais avec Maury, un jeune diplomate. Imagine : ton livre arrive chez les marchands, et le soir, tu te maries. La critique a été stupéfaite. On ne comprenait pas d'où sortait cette jeune inconnue qui écrivait comme personne. J'avais inventé une façon de suivre les pensées qui défilent dans la tête, sans ordre — on appelle ça le flux de conscience. Ça m'a valu un grand prix, le Prix Graça Aranha. J'étais terrifiée et heureuse à la fois.

On vous comparait à des écrivains célèbres ? Ça vous faisait plaisir ?

Tu sais, les critiques aimaient me comparer à deux grands écrivains, l'Anglaise Virginia Woolf et l'Irlandais James Joyce. Eux aussi essayaient d'écrire le dedans des gens, leurs pensées secrètes. J'étais flattée, bien sûr — j'avais d'ailleurs un livre de Woolf que j'aimais beaucoup. Mais au fond, je ne voulais imiter personne. Imagine qu'on te dise : « Tu chantes comme telle chanteuse célèbre. » C'est gentil, mais toi, tu veux ta propre voix, non ? Moi, je cherchais ma musique à moi. Et écrire, ça demande du courage. Il faut toujours avoir un peu peur, et le faire quand même.

Écrire, c'est une façon d'avoir du courage.

Vous écriviez tous les jours dans un journal, comme un métier ?

Pendant six ans, de 1967 à 1973, j'ai écrit chaque semaine un petit texte dans un grand quotidien, le Jornal do Brasil. On appelle ça une chronique : un court billet qui mêle un souvenir, une pensée, une chose vue dans la rue. Imagine que tu tiennes un carnet secret, et qu'une fois par semaine, tout le pays puisse le lire. C'était délicieux et un peu effrayant. Je pouvais y être légère, drôle, ou très grave. Et surtout, ça me permettait de toucher des gens qui n'auraient jamais ouvert mes romans, jugés difficiles. J'écrivais souvent l'après-midi, en regardant la vie passer.

Clarice Lispector, 1972
Clarice Lispector, 1972Wikimedia Commons, Public domain — UnknownUnknown

Et votre journée à vous, elle ressemblait à quoi ?

Tu sais, je n'étais pas du matin ! Je me levais tard, parce que j'écrivais souvent une bonne partie de la nuit. Le matin, je lisais les journaux, je buvais un café noir très fort — ça, je ne pouvais pas m'en passer — et toujours, une cigarette. L'après-midi, je recevais parfois des amis écrivains, ou je travaillais à mes chroniques. Mon appartement de Leme, à Copacabana, était plein de livres et de plantes, face à la mer. C'était à la fois mon refuge et un peu ma prison dorée. J'aimais ce silence où je pouvais enfin écouter mes propres pensées.

C'est vrai qu'un jour il y a eu un incendie chez vous ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Oh, ça... c'est une nuit que je n'oublierai jamais. En décembre 1966, je me suis endormie dans mon lit avec une cigarette encore allumée. Tu devines la suite ? Le feu a pris. Mon appartement de Leme, face à la mer, a brûlé. Et moi, dans la panique, j'ai voulu éteindre les flammes avec mes mains. Ma main droite — ma main pour écrire ! — a été terriblement brûlée. J'ai passé des semaines à l'hôpital, on a même failli me l'amputer. J'ai eu très peur. Mais tu sais quoi ? J'ai continué à écrire malgré la douleur.

On n'arrête pas si facilement quelqu'un qui doit écrire.

Et après, vous vous êtes mise à peindre ? Pourquoi ?

Oui ! Après l'incendie, ma main me faisait mal, et j'avais besoin d'autre chose. Alors je me suis mise à peindre, à l'huile. Imagine des couleurs étalées parfois avec les doigts, sans chercher à faire « joli ». Ce n'était pas pour devenir une peintre célèbre. C'était comme un soin, une façon de me réparer. Et puis, pour moi, la peinture et l'écriture, c'était la même quête : essayer d'attraper l'invisible, ce qu'on ressent sans réussir à le dire. Dans un de mes livres, Água Viva, je parle justement de l'instant pur, et de peindre comme on écrit. Deux langages pour une seule chose.

Clarice Lispector (cropped)
Clarice Lispector (cropped)Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Bisilliat, Maureen

On m'a dit qu'un de vos livres parle d'un cafard. C'est bizarre, non ?

Voilà une drôle d'histoire ! Dans mon livre A Paixão Segundo G.H., une femme entre seule dans une chambre et tombe nez à nez avec... un cafard. Oui, un simple insecte ! Et là, tout bascule en elle. Elle se met à penser à la vie, à Dieu, au dégoût, à ce qu'elle est vraiment. Tu vas me dire : tout ça pour une bestiole ? Mais c'est exactement ce que j'aimais montrer : les plus grandes tempêtes intérieures arrivent dans les moments les plus banals. On appelle ces instants des épiphanies — des révélations soudaines. Elle dit cette phrase bouleversante : « Eu me tornei desnecessária para mim mesma » — je suis devenue inutile à moi-même.

Votre dernier livre parle d'une fille pauvre, c'est ça ? Pourquoi elle ?

Mon dernier roman, A Hora da Estrela, je l'ai écrit alors que j'étais déjà malade, en 1977. Il raconte Macabéa, une jeune fille du Nordeste venue tenter sa chance à Rio. Elle est pauvre, maladroite, et personne ne la regarde jamais. Elle n'a ni avenir, ni beauté, comme on dit cruellement. Et moi, je me demandais : qui écrit pour ces gens-là, les invisibles ? Quelle est ma responsabilité, à moi qui tiens un stylo ? Imagine quelqu'un qu'on croise mille fois sans jamais le voir vraiment. J'ai voulu, une fois, qu'on le voie. Le livre s'ouvre sur une phrase que j'aime : « Tudo no mundo começou com um sim » — tout a commencé par un oui.

Au fond, pourquoi vous écriviez autant ? Qu'est-ce que ça vous apportait ?

Pourquoi j'écrivais ? J'ai dit un jour que je n'écrivais pas pour être lue, mais parce que je ne pouvais pas m'en empêcher — c'était comme respirer. Tu vois, ce n'était pas un métier, c'était un besoin. Je m'installais le soir à ma vieille machine à écrire, une Olivetti, souvent jusqu'à l'aube, dans le silence. Si je peux te laisser une seule chose, mon enfant, c'est celle-ci : regarde bien les petites choses, les gens ordinaires, les instants minuscules. C'est là, souvent, que se cache l'immense. Et n'aie jamais peur d'écrire ce que tu ressens, même si ta main tremble un peu.

Regarde bien les petites choses : c'est là que se cache l'immense.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Clarice Lispector's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.