Imaginary interview

Imaginary interview with Claude Monet

by Charactorium · Claude Monet (1840 — 1926) · Visual Arts · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs en classe découverte poussent la grille d'une maison aux volets verts, à Giverny. Un vieux monsieur à la longue barbe blanche les attend près d'un bassin couvert de fleurs. Il pose son pinceau, sourit, et les invite à s'asseoir.

C'était comment, vos toutes premières peintures, quand vous étiez petit au Havre ?

Tu sais, mon enfant, j'ai grandi au bord de la mer, au Havre. Là-bas, le ciel et l'eau changent à chaque minute. Très jeune, j'ai appris une chose : il fallait peindre dehors, face au vrai paysage, pas enfermé dans un atelier. On appelait ça aller sur le motif — le motif, c'est le sujet qu'on regarde devant soi. Imagine un grand chevalet pliant que je portais sur mon dos, comme un colporteur. Je m'installais sur la plage, le vent dans la toile. Le soleil bougeait, et moi je courais derrière lui avec mon pinceau. C'est là, au Havre, que tout a commencé.

Il fallait peindre dehors, face au vrai paysage.

C'est vrai qu'un monsieur s'est moqué de vous et que ça a donné un nom célèbre ?

Oui ! C'est une drôle d'histoire. En 1872, j'ai peint le port du Havre dans la brume du matin. Je ne savais pas comment l'appeler, alors j'ai écrit Impression, soleil levant. Deux ans plus tard, on a exposé nos tableaux chez un photographe, Nadar, boulevard des Capucines à Paris. Un critique nommé Louis Leroy a trouvé ça affreux. Pour se moquer, il nous a traités d'« impressionnistes », comme on dirait des barbouilleurs. Imagine qu'on rie de ton dessin et que tout le monde répète l'insulte ! Eh bien ce surnom moqueur est devenu notre fierté, et le nom d'un grand mouvement.

Le surnom moqueur est devenu notre fierté.

Ça vous a fait quoi qu'on se moque de votre tableau ?

Au début, ça pique le cœur, je ne te mentirai pas. Leroy a écrit dans son journal, Le Charivari, que du papier peint pas fini valait mieux que ma marine. Tu imagines ? On travaille des mois, et on te dit ça en une ligne. Mais nous étions une bande d'amis peintres, et on se serrait les coudes. Le Salon officiel, la grande exposition des messieurs de l'Académie, refusait nos toiles parce qu'elles étaient trop nouvelles. Alors on a fait notre propre exposition. Au fond, mon enfant, qu'on se moque, c'est qu'on dérange. Et déranger, parfois, c'est avoir un peu raison avant les autres.

Qu'on se moque de toi, c'est souvent que tu déranges.

Pourquoi vous peigniez plusieurs tableaux en même temps ?

Parce que la lumière ne tient jamais en place, vois-tu ! Quand j'ai peint les Meules dans les champs, vers 1890, j'ai compris une chose : la même meule de foin n'est jamais pareille. Le matin elle est dorée, le soir elle devient violette, et l'hiver elle bleuit dans la neige. Alors j'emportais une brouette pleine de toiles. Dès que la lumière changeait, hop, je posais une toile et j'en prenais une autre ! Imagine un jongleur qui passe d'une assiette à l'autre, sauf que mes assiettes, c'étaient des tableaux. Ce n'est pas la meule que je peignais. C'était la lumière sur elle.

Ce n'est pas la meule que je peignais, c'était la lumière sur elle.

Vous vous leviez à quelle heure pour peindre ?

Avant le soleil, mon enfant ! Souvent avant cinq heures du matin. Je prenais un gros petit-déjeuner, puis je filais avec mes toiles. Pour ma série de la Cathédrale de Rouen, je m'installais à une fenêtre en face d'elle, et je peignais sa façade heure après heure. À chaque moment du jour, la pierre changeait de couleur, comme vivante. Un jour j'ai écrit à un ami que je poursuivais la nature sans jamais l'attraper. Ce que je cherchais, disais-je, c'était « ce qu'il y a entre le motif et moi ». Cet air, cette lumière qui flotte entre mes yeux et les choses.

Je poursuivais la nature sans jamais l'attraper.
Claude Monet Painting in his Studio - Édouard Manet
Claude Monet Painting in his Studio - Édouard ManetWikimedia Commons, CC BY 4.0 — GoldenArtists

C'était dur de peindre à Londres avec tout ce brouillard ?

Terrible et magnifique à la fois ! Vers 1900, je suis allé à Londres peindre le Parlement et les ponts sur la Tamise. Mais là-bas, le brouillard fait la loi. J'ai écrit à ma femme Alice une lettre où je me plaignais : à peine j'avais commencé une toile, tout avait changé. Le brouillard se levait, puis une lumière superbe arrivait, et l'instant d'après, plus rien. Imagine essayer de dessiner un nuage qui file ! Mais ce brouillard, justement, donnait aux pierres des couleurs incroyables, roses, mauves, dorées. La difficulté, c'était aussi le cadeau.

Le brouillard se levait, et déjà tout avait changé.

C'est vrai que vous avez creusé un bassin juste pour le peindre ?

Tout à fait, et les gens du village m'ont pris pour un fou ! À Giverny, où je vis depuis 1883, j'ai détourné un petit bras de la rivière, l'Epte, pour remplir un bassin. J'y ai planté des nymphéas — ce sont des fleurs d'eau, comme des étoiles posées sur l'étang — et j'ai fait construire un joli pont vert à la japonaise. J'employais plusieurs jardiniers. L'un d'eux n'avait qu'un seul travail : nettoyer chaque matin la poussière sur mes nymphéas pour qu'ils soient parfaits ! Tu vois, je ne peignais pas seulement mon jardin. J'avais d'abord fabriqué un jardin pour le peindre.

J'ai d'abord fabriqué un jardin pour le peindre.

Ils sont où vos grands tableaux de nymphéas maintenant ?

Dans un endroit que j'ai rêvé pour eux, à Paris. Pendant la Première Guerre mondiale, mon ami Clemenceau, un homme politique, m'a poussé à peindre des panneaux immenses. Imagine des toiles si grandes qu'elles font tout le tour d'une salle, comme si tu entrais à l'intérieur de l'eau. On les appelle les Grandes Décorations. J'ai voulu les offrir à la France. Aujourd'hui on peut les voir au musée de l'Orangerie, dans deux salles ovales construites exprès, comme je l'avais demandé. On s'assoit au milieu, et le bassin de Giverny vous entoure. Certains disent que ces fleurs annonçaient déjà la peinture de demain.

Des toiles si grandes qu'on entre à l'intérieur de l'eau.
Claude Monet 1899 Nadar crop
Claude Monet 1899 Nadar cropWikimedia Commons, Public domain — Nadar

C'est vrai que vos yeux sont devenus malades à la fin ?

Hélas, oui, mon enfant. En vieillissant, j'ai eu une maladie des yeux qu'on appelle la cataracte. C'est comme si on posait un voile jauni devant ton regard. Le pire, pour un peintre, c'est que ça change les couleurs ! Je voyais tout plus rouge, plus brun, plus sombre. Mes dernières toiles ont pris des teintes étranges, presque enflammées. Imagine que tu mets des lunettes teintées que tu ne peux pas enlever, et que tu dois quand même choisir la bonne couleur. Je peignais parfois en lisant le nom écrit sur mes tubes de peinture, parce que je ne distinguais plus très bien les tons.

Un voile jauni s'était posé devant mon regard.

Qu'est-ce qui s'est passé après votre opération des yeux ?

En 1923, des médecins ont opéré mon œil. Et là, mon enfant, quelle surprise ! C'était comme si on rallumait toutes les lampes d'un coup. Je redécouvrais les bleus, les verts, des couleurs que j'avais oubliées depuis des années. Mais ce bonheur avait un goût amer. En revoyant les toiles peintes pendant ma maladie, je les ai trouvées affreuses, fausses, indignes de moi. Alors, dans un accès de colère, j'en ai détruit plusieurs. Aujourd'hui je le regretterais peut-être. Mais comprends-moi : un peintre qui passe sa vie à courir après la vraie lumière ne peut pas supporter de l'avoir trahie.

C'était comme si on rallumait toutes les lampes d'un coup.

Si on venait vous voir à Giverny, qu'est-ce qu'on remarquerait en premier ?

Ah, la couleur partout ! Ma maison a une façade rose et des volets verts, ça se voit de loin. Si tu entres, ne sois pas étonné : ma salle à manger est entièrement jaune, et la cuisine carrelée de bleu. Dehors, c'est une explosion de fleurs que j'ai plantées moi-même, et au fond le jardin d'eau avec son pont. Tu sentirais l'odeur de la peinture à l'huile, et celle des bons plats normands, car j'adore bien manger ! Si un jour tu deviens grand et que tu regardes un coucher de soleil, souviens-toi du vieux Monet. Regarde vraiment la lumière. Elle ne revient jamais deux fois pareille.

Regarde vraiment la lumière : elle ne revient jamais deux fois pareille.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Claude Monet's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.