Imaginary interview

Imaginary interview with Mary Wollstonecraft

by Charactorium · Mary Wollstonecraft (1759 — 1797) · Philosophy · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Ce matin-là, deux élèves de cinquième en classe découverte poussent la porte d'une vieille maison de Londres. Une femme les attend, une plume à la main, le regard vif et doux. Elle s'appelle Mary Wollstonecraft, et elle a tant de choses à leur confier.

Le matin, vous portiez quoi comme vêtements ? Ça devait être tout joli, non ?

Tu sais, mon enfant, je vais peut-être te décevoir un peu. Pas de corset, jamais. Imagine un vêtement si serré qu'on respire à peine — eh bien, je l'ai refusé. Je portais des robes simples de coton, un châle de laine, un bonnet, rien de plus. Pour beaucoup de dames, c'était un scandale. Pour moi, c'était une idée. Une femme n'est pas un objet qu'on décore pour plaire. Je me levais avant l'aube, j'allumais ma chandelle, et j'écrivais des heures avant que le monde ne s'éveille. Mes plus beaux habits, vois-tu, c'étaient mes pensées.

Mais comment vous gagniez de l'argent, si vous étiez écrivaine ?

Bonne question, et c'était rare pour une femme de mon temps ! La plupart des écrivains avaient un protecteur riche — un grand monsieur qui payait, et à qui il fallait obéir et faire des compliments. Moi, j'ai refusé. J'écrivais des centaines de comptes rendus de livres pour une revue de Londres, The Analytical Review. Mon éditeur Joseph Johnson me payait pour ça. Imagine : lire, juger, écrire, du matin au soir, pour gagner mon pain. C'était dur, mais c'était libre. Je ne devais flatter personne. Très peu de femmes vivaient ainsi, de leur seule plume. J'en étais fière, mon enfant.

C'est vrai que vous avez ouvert une école juste pour les filles ?

Oui ! En 1784, avec ma sœur et mon amie Fanny Blood, j'ai ouvert une petite école pour filles à Newington Green, près de Londres. Tu sais ce qu'on apprenait aux filles, à l'époque ? À broder, à danser, à jouer un air de musique pour plaire à un futur mari. Rien pour la tête ! Moi, je voulais leur apprendre à penser, à raisonner, à juger par elles-mêmes. Dans ce village vivait un pasteur, Richard Price, qui parlait de liberté et d'égalité. Je l'écoutais, le cœur battant. C'est là qu'est née mon idée : une fille a un esprit, pas seulement un joli visage.

C'est quoi le livre le plus important que vous avez écrit ?

Sans hésiter : A Vindication of the Rights of Woman, en 1792. Le titre veut dire « Défense des droits de la femme ». J'y dis une chose simple, mais qui a fâché beaucoup de monde. On répétait aux femmes que leur charme, c'était la douceur, la délicatesse, la jolie faiblesse. Moi, j'ai écrit que ces beaux mots étaient presque synonymes de faiblesse. Comprends-moi : je voulais que les filles aient un esprit fort et un corps fort, pas qu'on les élève comme des fleurs fragiles. On dit aujourd'hui que ce livre est le premier grand texte qui défend les femmes.

Une femme qui pense est plus utile au monde qu'une femme qui plaît.

Vous vous êtes vraiment disputée avec un homme politique célèbre ?

Oh oui ! En 1790, un homme très connu, Edmund Burke, écrivit un livre contre la Révolution française. Il défendait les rois, les nobles, les privilèges qu'on reçoit à la naissance. Ça m'a mise en colère. En quelques jours — pas des mois, des jours ! — j'ai écrit ma réponse : A Vindication of the Rights of Men. Mon idée tenait en une phrase : on a des droits en naissant, parce qu'on est un être humain qui pense, pas parce qu'on est né riche. C'était un pamphlet, une petite brochure pas chère qu'on lit vite. Et pour la première fois, j'ai signé de mon nom. Une femme qui défie un grand homme, ça ne s'était jamais vu.

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Mary Wollstonecraft Shelley title QS:P1476,en:"Mary Wollstonecraft Shelley "label QS:Len,"Mary Wollstonecraft Shelley "label QS:Lsl,"Mary Wollstonecraft Shelley"Wikimedia Commons, Public domain — Richard Rothwell

C'est quoi des « droits naturels » ? Je comprends pas trop.

Ah, c'est une idée importante, je vais te l'expliquer tout simplement. Des droits naturels, ce sont les droits que tu as juste parce que tu es un être humain. Pas parce qu'un roi te les donne. Pas parce que tu es né riche ou noble. Tu nais avec, comme tu nais avec deux mains. À mon époque, on disait : le fils d'un duc a plus de droits que le fils d'un pauvre. Moi, je répondais : non ! Un philosophe que j'aimais lire, John Locke, disait déjà que les hommes naissent égaux en droits. Et j'ajoutais une chose qu'on oubliait toujours : les femmes aussi, mon enfant. Les femmes aussi.

Vous étiez à Paris pendant la Révolution ? Vous aviez peur ?

J'étais à Paris, oui, dans un appartement du quartier du Marais. J'y étais venue pleine d'espoir : je croyais que la Révolution allait rendre les hommes libres et égaux. Et puis... la Terreur est arrivée. Imagine : tu regardes par ta fenêtre, et tu vois passer des charrettes. Dedans, des gens qu'on emmène vers la guillotine, pour les tuer. Jour après jour. J'avais peur, je ne te mentirai pas. Mon beau rêve de liberté se couvrait de sang. J'ai compris qu'une bonne idée, quand elle devient violence, peut se changer en monstre. Ça m'a marquée pour toujours.

Une bonne idée, quand elle devient violence, peut se changer en monstre.

Et après, vous avez écrit un livre sur tout ça ?

Oui, je ne pouvais pas me taire. En 1794, j'ai écrit un long livre sur l'histoire de la Révolution française. Tu sais, c'est très difficile d'écrire sur une chose pendant qu'elle se passe encore. Je voulais être juste. D'un côté, je croyais toujours aux belles idées du début : la liberté, l'égalité, la fin des privilèges. De l'autre, je ne pouvais pas fermer les yeux sur les violences, sur le sang versé. J'ai essayé de dire les deux à la fois, sans mentir. Un cœur honnête n'efface pas ce qui le dérange. C'est ce que cherchaient les penseurs que j'admirais : la vérité, même quand elle fait mal.

Mary Wollstonecraft
Mary WollstonecraftWikimedia Commons, Public domain — John Opie

C'est vrai que vous avez eu une fille sans être mariée ?

Oui, et à mon époque, c'était un grand scandale. J'ai aimé un voyageur américain, Gilbert Imlay. En 1794, nous avons eu une petite fille, Fanny, sans être mariés. Les gens chuchotaient, me montraient du doigt. Mais le pire n'était pas leur jugement. Le pire, c'est qu'Imlay nous a abandonnées, mon bébé et moi. J'ai eu un chagrin si profond que j'ai failli ne jamais m'en relever. Et puis, tu vois, j'avais une petite fille à élever, des idées à défendre. Alors je me suis relevée, et j'ai repris ma plume. La douleur ne m'a pas eue.

Vous êtes vraiment partie loin, toute seule avec votre bébé ?

Oui, et c'était très courageux pour une femme seule, crois-moi. En 1795, je suis partie en bateau vers le Nord — la Suède, la Norvège, le Danemark — avec ma petite fille et une servante. Le premier port s'appelait Gothenburg. Imagine des forêts immenses, des rochers, une mer froide et grise, des nuits qui n'en finissent pas. J'avais le cœur lourd, mais devant tant de beauté, parfois, mon âme respirait. J'écrivais tout dans un carnet. Plus tard, ces pages sont devenues un livre, Letters Written During a Short Residence. C'est l'ouvrage de moi qu'on a le plus aimé de mon vivant. Le plus triste, aussi, et le plus vrai.

Et après, vous avez été heureuse ? Qu'est-ce qui reste de vous aujourd'hui ?

J'ai fini par rencontrer un homme bon, le philosophe William Godwin. Ni lui ni moi ne croyions au mariage, mais nous nous sommes mariés en 1797 pour protéger l'enfant qui venait. Cette enfant, c'est ma fille Mary — celle qui écrira plus tard Frankenstein. Je ne l'ai connue que onze jours, mon enfant. Je suis morte juste après sa naissance, à trente-huit ans. Pendant cent ans, on a oublié mes idées, on les a même moquées. Et puis, longtemps après, des filles comme toi les ont relues. Voilà ce qui me reste : tu es assise là, tu m'écoutes. Une idée juste ne meurt jamais tout à fait. Elle attend.

Une idée juste ne meurt jamais tout à fait — elle attend.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Mary Wollstonecraft's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.