Imaginary interview

Imaginary interview with Neferneferuaten

by Charactorium · Neferneferuaten (1400 av. J.-C. — 1400 av. J.-C.) · Politics · Spirituality · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Neferneferuaten
Wikimedia Commons, Public domain — Ägyptischer Maler um 1360 v. Chr.

Le soleil se lève sur Akhetaton, et le grand temple sans toit s'emplit déjà de lumière. Dans une salle du palais Hout-Aton, aux murs peints de roseaux et de canards en vol, une femme à la voix posée accepte de parler — elle dont le nom fut martelé, dont le visage demeure une énigme. Elle nous reçoit entre deux rituels, le sistrum encore posé près d'elle.

On dit que votre identité n'a jamais pu être établie avec certitude. Qui êtes-vous vraiment ?

Voilà bien la question qui poursuivra les hommes après moi. Étais-je celle qu'on appelait Nefertiti, la Grande Épouse, ayant pris un nom neuf pour ceindre la double couronne ? Ou l'une des filles nées du soleil, Méritaton peut-être ? Je vous répondrai ce que je sais : mon cartouche porte le nom Ankhetkheperourê Néfernéferouaton, et ce nom-là fut réel, gravé dans la pierre d'Amarna, présenté devant Aton. Que mes successeurs l'aient gratté, martelé, effacé jusqu'à ce que le doute vous ronge, cela ne change rien à ce que fut ma main levée vers le disque. On n'efface pas la lumière d'un règne en brisant un cartouche ; on la rend seulement mystérieuse.

On n'efface pas la lumière d'un règne en brisant un cartouche ; on la rend seulement mystérieuse.

Comment vivez-vous l'idée que vos successeurs aient voulu vous condamner à l'oubli ?

Pour nous, l'effacement du nom est la pire des morts — pire que le tombeau vide. Un homme dont on martèle le cartouche cesse d'exister devant les dieux, il ne peut plus être nommé dans l'offrande, plus être appelé au matin. Ceux qui vinrent de Thèbes après moi le savaient : en frappant mes inscriptions, ils ne voulaient pas seulement m'ôter le trône, mais m'ôter l'éternité. Ce qu'ils appelleront plus tard damnatio memoriae, je l'ai vu s'abattre sur toute notre maison, sur la ville même que nous avions bâtie. Et pourtant vous êtes là, à prononcer mon nom. Voyez l'ironie : leur silence acharné a fait de moi une énigme que trois mille ans n'ont pas dénouée.

En frappant mes inscriptions, ils ne voulaient pas m'ôter le trône, mais m'ôter l'éternité.

Que représentait, pour une femme, le fait de régner seule comme pharaon d'Égypte ?

Peu avant moi, seule Hatchepsout avait osé porter pleinement le titre de per-aâ, la grande maison. Quand mon époux Akhenaton s'éteignit, vers 1334 avant votre compte, je ne me suis pas contentée d'être une ombre derrière un enfant-roi : j'ai ceint la couronne Sekhemty, le blanc de la Haute et le rouge de la Basse-Égypte réunis sur mon front. J'ai tenu croisés sur ma poitrine le sceptre et le fouet-nekhekh, ces insignes que nul ne porte s'il n'est le garant de la Ma'at. Comprenez ce que cela signifiait : dans l'ordre du monde, le pharaon est l'intermédiaire entre les hommes et le divin. Qu'une femme occupe cette charge, c'était affirmer que le sang du soleil coule aussi dans les filles d'Aton.

J'ai ceint la couronne Sekhemty, le blanc de la Haute et le rouge de la Basse-Égypte réunis sur mon front.

Votre nom de règne portait une signification particulière. Que disait-il de vous ?

Néfernéferouaton — « Belles sont les beautés d'Aton ». Ce n'était pas un ornement de vanité, comprenez-le bien : c'était une profession de foi inscrite dans ma personne même. Mon nom disait le disque, sa splendeur, son rayonnement sur toute terre. Je portais aussi l'épithète « Utile pour son époux », et c'est peut-être elle qui a troublé ceux qui vinrent fouiller nos ruines : comment une compagne devient-elle roi ? Mais dans notre pensée, servir Aton et servir le pharaon étaient un même geste. Mon nom de couronnement, Ankhetkheperourê, scellait cela devant le dieu. Un nom, chez nous, n'est pas une étiquette — c'est une part de l'être, aussi vivante que le souffle qu'Aton glisse dans nos narines.

Un nom, chez nous, n'est pas une étiquette — c'est une part de l'être.

Vous souvenez-vous de vos matins au grand temple d'Aton ?

Chaque aube, oui. Nos temples ne ressemblaient à aucun autre : nul toit, nulle obscurité, nul saint des saints plongé dans l'ombre comme chez les prêtres d'Amon. Le grand temple d'Akhetaton s'ouvrait tout entier sur le ciel, pour que rien n'arrête les rayons. Je me tenais debout, les bras levés vers l'horizon oriental, tandis que le disque montait et que ses rayons — vous les avez vus figurés, terminés par de petites mains — venaient poser l'ankh sur nos visages. Le silence n'était rompu que par les hymnes et le tintement du sistrum que je secouais. Nous étions, mon époux et moi, les seuls autorisés à parler directement au dieu. C'était un vertige et une charge : tenir la porte entre le soleil et les hommes.

Le grand temple s'ouvrait tout entier sur le ciel, pour que rien n'arrête les rayons.

Comment décririez-vous le dieu que vous serviez, cet Aton sans visage ?

Voilà ce qui déconcertait tant les hommes de mon temps : Aton n'a ni corps d'homme ni tête d'animal. Il n'est ni Horus au bec de faucon ni Anubis au museau noir. Il est le disque, la lumière vivifiante elle-même, et c'est tout. On chantait de lui qu'il paraît beau sur l'horizon du ciel, qu'il remplit toute terre de sa beauté dès qu'il se lève à l'orient. Ce chant, ce grand hymne, mon époux l'avait composé comme on grave une vérité dans le granit. Aton ne se laissait pas enfermer dans une statue qu'on nourrit et qu'on habille : il fallait l'adorer à ciel ouvert, sous ses propres rayons. Servir un dieu qu'on ne peut ni sculpter ni cacher — c'était là toute la nouveauté, et tout le scandale.

Servir un dieu qu'on ne peut ni sculpter ni cacher — c'était là toute la nouveauté, et tout le scandale.

Parlez-nous de cette cité de lumière que vous avez habitée.

Akhetaton, « l'horizon d'Aton ». Mon époux l'avait fait surgir d'un sol vierge, où nul dieu ancien n'avait jamais posé son ombre — car il ne fallait rien devoir aux autres. Aux limites de la ville, il avait fait graver de grandes stèles frontières dans la roche, portant ses vœux devant le disque, jurant de bâtir là pour Aton son père. Et notre palais, le Hout-Aton, s'étirait le long du Nil sur des centaines de coudées, avec ses bassins, ses jardins. Ce dont je me souviens le mieux, ce sont les murs de nos appartements : peints de marais vivants, de canards jaillissant des roseaux, de poissons sous l'eau claire. Aucune main d'Égypte n'avait jamais peint la nature ainsi, comme un instant volé au bord du fleuve.

Une cité surgie d'un sol vierge, où nul dieu ancien n'avait jamais posé son ombre.

Que ressentez-vous en songeant que cette ville a été abandonnée après vous ?

Nous l'avions voulue éternelle, et elle n'aura duré qu'un souffle. Après ma disparition, la cour est retournée vers le nord, vers Memphis et l'antique Thèbes ; les ateliers se sont tus, les jardins se sont asséchés, le sable a repris ses droits sur nos frises de faïence. Songez : une capitale entière, bâtie pour un dieu, désertée en une génération. Les murs peints de roseaux se sont écaillés dans le silence. Je crois que c'est cela, plus que la mort, qui me serre le cœur — non que je meure, mais qu'Akhetaton meure avec moi, comme si la lumière que nous avions dressée n'avait été qu'un mirage entre deux règnes d'ombre. Et pourtant le sable, en la couvrant, l'a peut-être gardée pour vos yeux.

Non que je meure, mais qu'Akhetaton meure avec moi.

La fermeture des temples anciens a bouleversé l'Égypte entière. Comment l'avez-vous vécue ?

Il faut comprendre l'ampleur de ce que nous avons osé. Les temples d'Amon, le grand dieu de Thèbes, furent fermés ; ses richesses saisies, son clergé dépouillé, son nom même parfois effacé des murs. Pendant mon temps, un seul dieu recevait l'offrande : le disque. Ce n'était pas une réforme prudente, c'était un séisme — nous ôtions aux hommes les dieux de leurs pères, ceux qu'ils priaient dans la naissance et dans la mort. Je savais, en levant les bras au matin, que derrière moi grondait une colère : les prêtres dépossédés, les fidèles privés de leurs statues familières. On ne prend pas impunément aux hommes leurs anciens dieux. Ce que nous appelions purification, beaucoup le vivaient comme un arrachement.

On ne prend pas impunément aux hommes leurs anciens dieux.

Vous saviez donc que la réaction viendrait. Comment imaginiez-vous la suite ?

Une reine qui officie chaque aube devant le soleil apprend à lire les signes. Le clergé d'Amon n'avait pas disparu ; il attendait, tapi à Thèbes, sa richesse enfouie mais sa rancune intacte. Je pressentais que l'enfant qui me suivrait — celui que vous nommez Toutankhaton avant qu'il ne se fasse Toutankhamon — serait ramené dans le giron des anciens dieux, et qu'on rouvrirait les temples que nous avions scellés. Ce que je ne pouvais imaginer, c'est la rage avec laquelle ils voudraient nous défaire : non seulement rétablir Amon, mais raturer jusqu'à la trace de notre passage, marteler nos cartouches un à un. Si je pouvais rêver qu'on me lirait dans mille ans, je dirais ceci : ils ont brisé la pierre, mais l'énigme qu'ils ont créée m'a rendue plus vivante que la pierre.

Ils ont brisé la pierre, mais l'énigme qu'ils ont créée m'a rendue plus vivante que la pierre.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Neferneferuaten's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.