Imaginary interview

Imaginary interview with Nefertari

by Charactorium · Nefertari (1289 av. J.-C. — 1254 av. J.-C.) · Politics · Culture · Spirituality · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Nefertari
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.5 — GD-EG-Néfertari-map.jpg: Néfermaât derivative work: JMCC1 (talk)

Nous voici dans les appartements ombragés du palais de Pi-Ramsès, dans le delta oriental du Nil, où l'air sent le lin fraîchement plissé et l'encens des chapelles. La Grande Épouse Royale nous reçoit assise, un sistre posé près d'elle, tandis que la lumière de fin d'après-midi glisse sur les fresques de jardins. Elle parle bas, avec l'assurance de celle que l'on nomme aimée de Mout.

Comment décririez-vous la place que vous occupez auprès du roi et des dieux ?

On m'appelle Hémet Nesu Weret, la Grande Épouse Royale, et ce titre n'est pas une parure : il fait de moi la seule à porter l'ensemble des insignes de la reine. Mais mon nom dit davantage — Néfertari-Méryenmout, aimée de Mout, la grande déesse mère de Thèbes. Je ne suis pas seulement l'épouse du puissant taureau ; je suis, sur cette terre, le visage de la déesse parmi les vivants. Quand j'agite le sistre dans les chapelles à l'aube, ce n'est pas une danse de cour : j'écarte les forces qui rôdent et j'ouvre le chemin aux hymnes de Rê. Mout m'a choisie, et Ramsès l'a reconnu devant l'Égypte entière.

Je ne suis pas seulement l'épouse du puissant taureau ; je suis le visage de la déesse parmi les vivants.

Pourquoi la déesse Hathor et son sistre reviennent-ils si souvent dans vos apparitions ?

Parce que je porte sur le front le disque solaire encadré des cornes de vache et des hautes plumes — la couronne d'Hathor, maîtresse de l'amour, de la beauté et de la maternité. En m'en coiffant, je ne me déguise pas en déesse : je me fais son réceptacle. Le sistre que je tiens lui est consacré ; son cliquetis de bronze est une prière autant qu'une arme, car il chasse le mal loin des rituels. Une reine qui néglige ce geste laisse la porte ouverte au désordre. Voilà pourquoi, dans chaque cérémonie, ma main ne quitte jamais tout à fait cet instrument sacré : il me lie à la déesse comme un fil d'or invisible.

Le cliquetis du sistre est une prière autant qu'une arme.

Que représente pour vous le sanctuaire que Ramsès II vous a dédié en Nubie ?

Là-bas, taillé à même la montagne de Nubie, se dresse un temple comme on n'en avait jamais consacré à une reine : dédié à la fois à Hathor et à moi. Sur sa façade, mes six colosses se tiennent à la même hauteur que ceux du roi. Comprenez bien ce que cela signifie pour qui connaît nos usages : jamais l'image d'une épouse royale n'avait été élevée à l'égal du pharaon, car cet honneur était réservé aux dieux seuls. L'inscription le proclame — pour la grande épouse royale Néfertari, aimée de Mout, Ramsès a fait construire ce temple pour l'éternité. À Abou Simbel, Ramsès n'a pas seulement gravé mon visage : il a gravé une infraction volontaire à une règle millénaire.

Il a gravé mon visage à l'égal du sien — une infraction volontaire à une règle millénaire.

Vous souvenez-vous du moment où vous avez découvert ces colosses achevés ?

La pierre de Nubie est rouge et dure, et il a fallu des années aux tailleurs pour l'ouvrir. Quand on m'a menée devant la façade, j'ai vu ma propre silhouette dressée dans le roc, coiffée de la couronne hathorique, le collier ousekh aux rangées de lapis-lazuli, de cornaline et d'or reposant sur ma poitrine de granit. Un instant, j'ai eu le vertige de me voir déjà éternelle, comme si la montagne m'avait absorbée. Les prêtres murmuraient que le petit temple était sans précédent ; moi, je pensais surtout à la déesse dont je partageais désormais la demeure. Peu de mortels contemplent leur image devenue impérissable avant même d'avoir quitté ce monde.

J'ai eu le vertige de me voir déjà éternelle, comme si la montagne m'avait absorbée.

Comment en êtes-vous venue à écrire vous-même à une reine étrangère ?

Après tant d'années de guerre contre les Hittites — vous vous souvenez de Qadesh, cette bataille où mon époux affronta Mouwatalli — vint enfin, vers 1258 av. J.-C., le grand traité de paix, le premier que deux empires aient jamais scellé par écrit. Une paix ne tient pas qu'entre les rois : elle se tisse aussi entre les maisons. C'est pourquoi j'ai fait porter ma parole jusqu'à la reine Puduhepa, du pays de Hatti, comme on tend la main à une sœur par-dessus les déserts. Je l'ai saluée en me réjouissant de sa bonne santé et en appelant sur elle la faveur des dieux d'Égypte et des dieux du Hatti. Une lettre de femme à femme, mais qui pesait le poids de deux empires.

Une paix ne tient pas qu'entre les rois : elle se tisse aussi entre les maisons.
Group Sculpture of Merymaat and his wife Nefertari
Group Sculpture of Merymaat and his wife NefertariWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — SpeakingArch

Que diriez-vous du rôle qu'une reine peut jouer dans les affaires du monde ?

On imagine la reine confinée aux chapelles et aux banquets. La vérité est plus vaste. Chaque après-midi, je reçois les dignitaires, je veille sur le domaine de la Grande Épouse Royale — ses terres, ses greniers, ses ateliers — et je prête ma voix à la correspondance qui circule entre les cours étrangères. Quand j'ai écrit à Puduhepa, je ne jouais pas un rôle d'ornement : je scellais une alliance. Nos scribes ont déposé cette lettre dans les archives de Boghazköy, en Anatolie, où elle demeure. Une reine d'Égypte n'est pas le silence à côté du trône ; elle en est l'une des colonnes, et le monde étranger le sait autant que nos propres sujets.

Une reine d'Égypte n'est pas le silence à côté du trône ; elle en est l'une des colonnes.

Dans votre demeure d'éternité, une scène vous montre jouant au senet. Pourquoi ce jeu ?

Le senet paraît un simple divertissement de cour, un plateau de cases où l'on pousse ses pions. Mais chaque case est une étape du voyage de l'âme vers l'éternité, et l'adversaire invisible que j'affronte, c'est le destin lui-même. Sur le mur de ma tombe, on m'a peinte seule devant le damier, la main tendue au-dessus des pions. Ce n'est pas une distraction que l'artiste a fixée là : c'est ma victoire. En gagnant la partie, je proclame que je franchis les épreuves de l'au-delà et que je prends place parmi les bienheureux. Chaque joueur d'Égypte le comprend : celui qui triomphe au senet triomphe de la mort.

Celui qui triomphe au senet triomphe de la mort.
Ahmesz Nefertari2005
Ahmesz Nefertari2005Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — The original uploader was Kingtut at Hungarian Wikipedia.

Que ressentez-vous à l'idée du passage vers l'au-delà que vos murs décrivent ?

Je ne l'attends pas dans la crainte, car tout, autour de moi, a été préparé. Les textes peints dans ma tombe le disent : j'entre dans l'au-delà en paix, accueillie par Osiris, maître de l'Occident éternel. Sur les parois, la déesse Isis en personne me prend la main pour me guider, et les dieux me tendent l'ankh, la croix de vie, comme on offre à boire à qui a soif. Mon nom est prononcé « justifiée » — j'ai passé la pesée, mon cœur a tenu bon. Ce n'est pas une fin que ces images racontent, mais une naissance : je quitte le fleuve des vivants pour rejoindre l'Occident où le soleil ne meurt jamais.

Ce ne sont pas des adieux que mes murs racontent, mais une naissance.

À quoi servent, au fond, ces peintures d'une beauté si rare qui couvrent votre tombeau ?

On admire leurs couleurs, mais on oublie leur fonction. Ces images ne sont pas là pour plaire : elles nourrissent mon ka, mon double spirituel, qui survit à ma mort et réclame offrandes et paroles pour subsister. Chaque scène du Livre des Morts peinte dans QV66 est une clé, une formule qui doit me transformer en akh, cette forme lumineuse et transfigurée qui prend place parmi les étoiles impérissables. Les artisans de la Vallée des Reines ont travaillé comme on grave un talisman, pas comme on orne un mur. Sans ces peintures, mon nom s'effacerait et mon ka s'éteindrait de faim. Elles sont ma nourriture pour l'éternité, non ma vanité.

Les artisans ont travaillé comme on grave un talisman, pas comme on orne un mur.

Si vous pouviez imaginer qu'on retrouve votre demeure d'éternité dans bien des siècles, que souhaiteriez-vous ?

Nous scellons nos tombes pour qu'aucun regard ne les trouble ; l'idée qu'on les rouvre un jour me serait presque insupportable. Et pourtant, si je m'autorise à rêver que des hommes lointains, dans un temps que je ne connaîtrai pas, poussent la porte de QV66, je forme un seul vœu : que mon nom soit encore prononcé. Car chez nous, dire le nom d'un défunt, c'est le faire vivre. Qu'ils ne prennent pas mes couleurs pour un simple trésor à contempler, mais qu'ils comprennent que chaque figure fut peinte pour maintenir mon ka en vie. S'ils prononcent « Néfertari » à voix haute, alors, même après mille ans, la déesse veillera encore sur moi.

Dire le nom d'un défunt, c'est le faire vivre.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Nefertari's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.