La carte de Anansi
Fufu d'igname & soupe claire au poisson fumé
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Fufu ne nkwan (pâte-socle + soupe à tremper)

Fufu d'igname & soupe claire au poisson fumé

QuotidienReconstitution🍄 🫙moyen1 h
Fufu ne nkwan (pâte-socle + soupe à tremper)

Fufu d'igname & soupe claire au poisson fumé

Pourquoi ce plat ? Anansi est une araignée qui hante les cuisines des contes : il convoite la nourriture d'autrui et préfère mille ruses au travail honnête. Le fufu pilé au mortier est LE geste quotidien du pays ashanti, et les récits le montrent volontiers rôdant autour de la marmite de sa voisine pour s'inviter au repas qu'il n'a pas préparé.

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Fufu ne nkwan (pâte-socle + soupe à tremper)

Une boule d'igname blanche pilée jusqu'à devenir élastique, qu'on plonge dans une soupe limpide au poisson fumé, gombo et garden eggs (aubergine africaine), relevée d'une cuillère de néré fermenté. Le cœur de la table akan, mangé à la main midi et soir.

Approche, petit, et regarde comment moi, Kwaku Ananse, je me remplis le ventre sans suer une seule goutte. J'ai tendu ma toile au-dessus du mortier de ma voisine, et pendant qu'elle pilait l'igname jusqu'à la rendre lisse comme la lune, j'ai glissé dans sa marmite un peu de néré pour qu'elle me croie bon convive et m'invite. On pince la boule entre deux doigts, on l'avale sans mâcher, et la soupe au poisson fumé file derrière — voilà tout mon secret. Le travail aux gens honnêtes, le bouillon pour moi : c'est ainsi qu'une araillée maligne traverse la saison sèche le ventre plein.
Anansi
Ingrédients
  • Igname blanche (vraie igname africaine)plusieurs tubercules (amidon-socle, pilé en fufu)
  • Poisson de rivière fuméune poignée (umami, base de la soupe)
  • Graines de néré fermentées (dawadawa)un peu (umami profond, fermenté)
  • Gombo fraisquelques gousses (liant, texture)
  • Garden eggs (aubergine africaine)quelques-uns (légume amer doux)
  • Maniguette (graines de paradis)quelques grains (épice piquante africaine)
Comment on faisait : Avant 1492, les Akan n'avaient ni manioc, ni maïs, ni piment, ni tomate (tous arrivés d'Amérique). Le fufu se faisait alors d'igname vraie ou de plantain pilés, et les soupes tiraient leur profondeur du poisson fumé, du néré fermenté et de l'huile de palme. Le pilon au grand mortier, à deux personnes en rythme, reste un geste quotidien rythmé de chants.

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