La carte de Abu Yaqub Yusuf
Plat-socle de la māʾida quotidienne (pain trempé de bouillon)

Tharīd à l'agneau et au murrī

QuotidienDocumentée🧂 🍄 🫙facile1 h 45

Un bouillon d'agneau parfumé de coriandre et de safran, versé brûlant sur des morceaux de pain de blé rassis qui boivent tout le jus. Le murrī fermenté lui donne une profondeur presque carnée. Réconfortant, complet, simple.

Plat-socle de la māʾida quotidienne (pain trempé de bouillon)

Un bouillon d'agneau parfumé de coriandre et de safran, versé brûlant sur des morceaux de pain de blé rassis qui boivent tout le jus. Le murrī fermenté lui donne une profondeur presque carnée. Réconfortant, complet, simple.

Sache, lecteur, que nulle table ne saurait commencer sans le tharīd, ce mets que chérissait le Prophète — la paix soit sur lui. À Marrakech comme dans nos campements, je faisais rompre un pain de pur froment, et l'on versait par-dessus le bouillon de l'agneau, relevé de quelques gouttes de murrī et d'une pincée de ce safran qui fait l'or de nos jardins. Mange-le tant qu'il fume, car le pain refroidi a perdu son âme. Le simple en cela rejoint le grand : un calife et un berger y trouvent même contentement.
Abu Yaqub Yusuf
Ingrédients
  • Épaule d'agneauun beau morceau (base du bouillon)
  • Pain de froment rassisplusieurs galettes (socle qui boit le bouillon)
  • Murrī (saumure d'orge fermentée)quelques gouttes (umami, signature)
  • Safranune pincée (couleur et parfum)
  • Coriandre fraîche et grainesune poignée (herbe maîtresse)
  • Oignonun (fond aromatique)
  • Pois chichesune poignée trempée (consistance)
  • Huile d'oliveun filet (matière grasse)
Comment on faisait : Le tharīd figure dans tous les livres de cuisine arabo-andalous (comme le Kitāb al-ṭabīkh anonyme). Le pain n'était pas un accompagnement mais le cœur du plat : technique d'économie autant que de réconfort, héritée du désert et anoblie par les cours.
Sources : Anonyme andalou, Kitāb al-ṭabīkh fī l-Maghrib wa-l-Andalus (XIIIe s.) · Lucie Bolens, La cuisine andalouse, un art de vivre (XIe–XIIIe siècle), Albin Michel, 1990