Tarichos, le poisson salé du port de Milet
Des filets de poisson conservés au sel, séchés puis dessalés avant de cuire, intensément savoureux. C'est la grande technique de conservation du monde grec, qui permettait de manger la pêche bien après le retour des barques.
Des filets de poisson conservés au sel, séchés puis dessalés avant de cuire, intensément savoureux. C'est la grande technique de conservation du monde grec, qui permettait de manger la pêche bien après le retour des barques.
La mer donne plus que le jour ne peut manger : alors nous emprisonnons le poisson dans le sel, comme on retient l'eau quand l'air se condense. Couche de sel, couche de chair, et le temps fait le reste — au bout de la lune, il se garde tout l'hiver. Avant de le cuire, je le baigne longtemps dans l'eau douce pour lui ôter l'excès de mer. Sur l'agora de Milet, le marchand de tarichos crie aussi fort que le philosophe, et nourrit autant de bouches.
- •Poisson frais (maquereau, thon ou sardine) — selon la pêche (socle)
- •Sel marin — en abondance (conservation)
- •Huile d'olive — un filet (finition)
- •Origan sauvage — quelques brins (aromate)
Tarichos, le poisson salé du port de Milet
Des filets de poisson conservés au sel, séchés puis dessalés avant de cuire, intensément savoureux. C'est la grande technique de conservation du monde grec, qui permettait de manger la pêche bien après le retour des barques.
Pourquoi ce plat ? Milet vit de la mer : le poisson est l'opson par excellence. Le tarichos — poisson salé pour durer — était la réserve de protéines des cités ioniennes, l'aliment qu'on garde et qu'on troque dans le port où Anaximène voyait passer les bateaux.
La mer donne plus que le jour ne peut manger : alors nous emprisonnons le poisson dans le sel, comme on retient l'eau quand l'air se condense. Couche de sel, couche de chair, et le temps fait le reste — au bout de la lune, il se garde tout l'hiver. Avant de le cuire, je le baigne longtemps dans l'eau douce pour lui ôter l'excès de mer. Sur l'agora de Milet, le marchand de tarichos crie aussi fort que le philosophe, et nourrit autant de bouches.
Ingrédients (version d’époque)
- Poisson frais (maquereau, thon ou sardine) — selon la pêche (socle)
- Sel marin — en abondance (conservation)
- Huile d'olive — un filet (finition)
- Origan sauvage — quelques brins (aromate)
Ingrédients
- Filets de maquereau (ou sardines) — 4 filets (socle)
- Gros sel marin — 500 g (couverture) (conservation)
- Huile d'olive vierge — 3 c. à soupe (finition)
- Origan séché — 1 c. à café (aromate)
- Vinaigre de vin (facultatif) — 1 c. à soupe (équilibre)
Préparation
- Disposer les filets de poisson dans un plat, les recouvrir entièrement de gros sel et réfrigérer 24 à 36 heures.
- Rincer abondamment, puis faire dessaler les filets dans l'eau froide 2 à 4 heures en changeant l'eau plusieurs fois.
- Éponger, puis détailler en morceaux.
- Faire revenir brièvement à la poêle dans l'huile d'olive, ou servir cru mariné à l'huile et au vinaigre.
- Parsemer d'origan et arroser d'huile ; déguster avec de la maza ou du pain levé.
Comment on faisait : Le tarichos était un pilier de l'alimentation et du commerce grec : le Pont-Euxin et les côtes ioniennes exportaient leur poisson salé dans toute la Méditerranée. Salaison et séchage étaient les seuls moyens de conserver les protéines marines sans froid. Les classes modestes en mangeaient de petits morceaux comme opson sur leur galette d'orge.
Le twist contemporain : Servi en « tartine ionienne » sur une fine maza grillée, avec un trait de vinaigre et de l'origan frais — une anchoïade des philosophes.
Sources : Robert I. Curtis, Garum and Salsamenta: Production and Commerce in Materia Medica, Brill, 1991 · Andrew Dalby, Siren Feasts, Routledge, 1996
Anaximène · Charactorium