Le tarichos — poisson salé pour la longue mer
Des filets de poisson gras (thon, maquereau) couverts de sel jusqu'à devenir fermes et savoureux. On les dessale, on les arrose d'huile et de vin, on les mange en lamelles avec la maza.
Des filets de poisson gras (thon, maquereau) couverts de sel jusqu'à devenir fermes et savoureux. On les dessale, on les arrose d'huile et de vin, on les mange en lamelles avec la maza.
Le sel, mortel, c'est ma plus vieille ruse. J'avale la mer et je la rends plus amère encore ; les hommes, eux, en tirent de quoi survivre à mon humeur. Vois ce thon couché sous le sel comme un noyé sous l'écume : des lunes durant il se garde, et nul tourbillon ne le corrompt. Quand ta nef glisse entre Scylla et moi, c'est cette chair-là, ferme et piquante, que tu déchires de tes dents en priant les dieux. Arrose-la d'huile, mouille-la d'un peu de vin — et remercie le sel, qui dérobe aux flots ce qu'ils croyaient garder.
- •Thon ou maquereau frais — autant que la prise le permet (chair à conserver)
- •Sel marin — en abondance, pour couvrir (agent de conservation)
- •Huile d'olive — pour le service (assouplir et parfumer)
- •Origan, graines de coriandre — selon le goût (parfum)
Le tarichos — poisson salé pour la longue mer
Des filets de poisson gras (thon, maquereau) couverts de sel jusqu'à devenir fermes et savoureux. On les dessale, on les arrose d'huile et de vin, on les mange en lamelles avec la maza.
Pourquoi ce plat ? Pour traverser des eaux gardées par un monstre qui avale les navires, on ne pêchait pas en chemin : on emportait du poisson déjà salé. Le tarichos, conservé dans le sel de la mer même que brasse Charybde, nourrissait l'équipage des semaines durant.
Le sel, mortel, c'est ma plus vieille ruse. J'avale la mer et je la rends plus amère encore ; les hommes, eux, en tirent de quoi survivre à mon humeur. Vois ce thon couché sous le sel comme un noyé sous l'écume : des lunes durant il se garde, et nul tourbillon ne le corrompt. Quand ta nef glisse entre Scylla et moi, c'est cette chair-là, ferme et piquante, que tu déchires de tes dents en priant les dieux. Arrose-la d'huile, mouille-la d'un peu de vin — et remercie le sel, qui dérobe aux flots ce qu'ils croyaient garder.
Ingrédients (version d’époque)
- Thon ou maquereau frais — autant que la prise le permet (chair à conserver)
- Sel marin — en abondance, pour couvrir (agent de conservation)
- Huile d'olive — pour le service (assouplir et parfumer)
- Origan, graines de coriandre — selon le goût (parfum)
Ingrédients
- Filet de thon ou de maquereau très frais — 400 g (pièce à saler)
- Gros sel marin — environ 1 kg (pour couvrir) (salaison)
- Huile d'olive vierge — 4 c. à soupe (service)
- Origan séché — 1 c. à café (parfum)
- Graines de coriandre concassées — 1 c. à café (parfum)
- Vinaigre de vin ou verjus — 1 c. à soupe (acidité)
Préparation
- Dans un plat, faire un lit de gros sel, poser le filet de poisson, le recouvrir entièrement de sel.
- Réfrigérer 24 à 36 h selon l'épaisseur : la chair doit devenir ferme.
- Rincer abondamment le poisson, puis le faire tremper 1 à 2 h dans l'eau froide changée une fois pour le dessaler.
- Éponger, trancher en fines lamelles.
- Disposer sur un plat, arroser d'huile d'olive, d'un trait de vinaigre, saupoudrer d'origan et de coriandre. Servir avec la maza.
Comment on faisait : Le tarichos (poisson salé) était un produit majeur du commerce méditerranéen antique, échangé d'un bout à l'autre du monde grec. La salaison permettait de conserver les grandes prises de thon et de maquereau bien au-delà de la saison, et constituait une protéine essentielle pour les marins et les pauvres.
Le twist contemporain : Servi en fines tranches translucides façon carpaccio, sur ardoise, avec quelques câpres au sel et un voile d'huile — l'ancêtre antique de la « bottarga ».
Charybdis · Charactorium