Bucellatum, le pain deux fois cuit du marin
De petits pains plats d'épeautre, à peine salés, cuits une première fois puis longuement séchés au four jusqu'à devenir secs et croquants. On les trempe dans l'eau, le vin coupé (posca) ou le bouillon pour les ramollir. Sobre, rustique, conçu pour durer : la nourriture de l'endurance.
De petits pains plats d'épeautre, à peine salés, cuits une première fois puis longuement séchés au four jusqu'à devenir secs et croquants. On les trempe dans l'eau, le vin coupé (posca) ou le bouillon pour les ramollir. Sobre, rustique, conçu pour durer : la nourriture de l'endurance.
Sept hivers j'ai erré sur les flots avant de toucher l'Italie promise. En mer, on ne mange pas comme à la table d'un roi : prends l'épeautre, cuis-le, puis cuis-le encore jusqu'à ce qu'il soit dur comme la quille du navire. Trempe-le dans le vin coupé d'eau, et il te tiendra le ventre quand la tempête de Junon hurle dans les cordages. Un homme qui veut accomplir son destin doit d'abord savoir manger pauvrement.
- •Farine d'épeautre — à volonté (base)
- •Sel — une pincée (goût et conservation)
- •Eau — ce qu'il faut (pâte)
- •Levain — un peu (optionnel) (légère fermentation)
Bucellatum, le pain deux fois cuit du marin
De petits pains plats d'épeautre, à peine salés, cuits une première fois puis longuement séchés au four jusqu'à devenir secs et croquants. On les trempe dans l'eau, le vin coupé (posca) ou le bouillon pour les ramollir. Sobre, rustique, conçu pour durer : la nourriture de l'endurance.
Pourquoi ce plat ? Toute l'Énéide est une odyssée maritime : sept années d'errance de Troie à l'Italie, à travers les tempêtes envoyées par Junon. Pour nourrir un équipage en mer pendant des semaines, il fallait un pain qui ne moisisse pas : le bucellatum, biscuit d'épeautre deux fois cuit, dur comme la pierre mais inaltérable. C'est le vrai pain des flottes antiques, celui qui a porté Énée jusqu'au Latium.
Sept hivers j'ai erré sur les flots avant de toucher l'Italie promise. En mer, on ne mange pas comme à la table d'un roi : prends l'épeautre, cuis-le, puis cuis-le encore jusqu'à ce qu'il soit dur comme la quille du navire. Trempe-le dans le vin coupé d'eau, et il te tiendra le ventre quand la tempête de Junon hurle dans les cordages. Un homme qui veut accomplir son destin doit d'abord savoir manger pauvrement.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine d'épeautre — à volonté (base)
- Sel — une pincée (goût et conservation)
- Eau — ce qu'il faut (pâte)
- Levain — un peu (optionnel) (légère fermentation)
Ingrédients
- Farine d'épeautre complète — 300 g (structure)
- Eau tiède — 150 ml (hydratation)
- Sel — 5 g (assaisonnement)
- Levain ou levure — 1 c. à café (optionnel) (légèreté)
Préparation
- Mélanger farine, sel et eau (et le levain) pour former une pâte ferme ; pétrir 8 minutes.
- Laisser reposer 1 heure si l'on utilise un levain.
- Façonner de petits pains plats de 1,5 cm d'épaisseur.
- Cuire à 200 °C pendant 20 minutes jusqu'à coloration.
- Baisser le four à 110 °C et laisser sécher les pains 1 h 30 à 2 h, jusqu'à ce qu'ils soient totalement secs et durs.
- Conserver dans un linge sec ; servir trempés dans du bouillon ou du vin coupé d'eau.
Comment on faisait : Le bucellatum (de bucca, la bouchée) était la ration de pain séché des soldats et marins romains, ancêtre direct de la galette de mer et du biscuit de navigation. Deux fois cuit pour chasser toute humidité, il pouvait se garder des mois. Les légionnaires en recevaient une part de leur solde en grain qu'ils transformaient eux-mêmes.
Le twist contemporain : Recuit en fines lamelles avec un filet d'huile d'olive et des graines de fenouil, il devient un cracker apéritif « ration de légionnaire » à servir avec une trempette de fromage frais et miel.
Sources : Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre XVIII · Végèce, De re militari (rations militaires)
Énée · Charactorium