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La pomme cuite de l'exilée
Pourquoi ce plat ? En 1943, malade et exilée à Londres, Simone Weil refuse de manger plus que les rations de la France occupée ; sa santé décline jusqu'à sa mort en août. La pomme cuite, douce et facile à avaler, est le genre de nourriture infime et réconfortante qu'on présente à un malade qui se refuse à tout le reste : un fruit, à peine transformé, qu'elle aurait pu accepter.
Une simple pomme cuite au four jusqu'à ce qu'elle s'effondre, tiède et fondante. Remède des malades et des enfants, presque rien, mais réconfortant comme une main posée sur le front.
On me pressait de manger, à Londres, et je ne le pouvais ni ne le voulais davantage que mes compatriotes affamés. Une pomme passée au four, pourtant, on la prend sans trahir personne : c'est le fruit de l'arbre, à peine attendri par la chaleur. Sa chair tiède et un peu acide se laisse avaler quand tout le reste répugne. Mangez-la lentement, à la cuiller, et songez que la moindre nourriture, reçue avec attention, est déjà une grâce.
- •Pomme à cuire (reinette) — 1 (fruit, base)
- •Eau — un fond (éviter qu'elle attache)
- •Miel — un peu (si toléré) (douceur)
La pomme cuite de l'exilée
Une simple pomme cuite au four jusqu'à ce qu'elle s'effondre, tiède et fondante. Remède des malades et des enfants, presque rien, mais réconfortant comme une main posée sur le front.
Pourquoi ce plat ? En 1943, malade et exilée à Londres, Simone Weil refuse de manger plus que les rations de la France occupée ; sa santé décline jusqu'à sa mort en août. La pomme cuite, douce et facile à avaler, est le genre de nourriture infime et réconfortante qu'on présente à un malade qui se refuse à tout le reste : un fruit, à peine transformé, qu'elle aurait pu accepter.
On me pressait de manger, à Londres, et je ne le pouvais ni ne le voulais davantage que mes compatriotes affamés. Une pomme passée au four, pourtant, on la prend sans trahir personne : c'est le fruit de l'arbre, à peine attendri par la chaleur. Sa chair tiède et un peu acide se laisse avaler quand tout le reste répugne. Mangez-la lentement, à la cuiller, et songez que la moindre nourriture, reçue avec attention, est déjà une grâce.
Ingrédients (version d’époque)
- Pomme à cuire (reinette) — 1 (fruit, base)
- Eau — un fond (éviter qu'elle attache)
- Miel — un peu (si toléré) (douceur)
Ingrédients
- Pomme reinette ou boskoop — 1 par personne (fruit, base)
- Miel — 1 c. à café (douceur)
- Une noisette de beurre — facultatif (fondant)
- Eau — 2 c. à soupe (cuisson)
Préparation
- Préchauffez le four à 180 °C. Évidez le cœur de la pomme sans la percer de part en part.
- Posez-la dans un petit plat, versez un fond d'eau, glissez le miel (et le beurre) dans le creux.
- Enfournez 30 à 40 minutes, jusqu'à ce que la chair soit fondante et la peau plissée.
- Laissez tiédir et mangez à la cuiller, en arrosant du jus de cuisson.
Comment on faisait : La pomme cuite au four ou sous la cendre était de longue date la nourriture des malades et des convalescents : douce, digeste, faite d'un seul fruit, elle se préparait sans recette dans toutes les cuisines.
Le twist contemporain : Une pincée de cannelle et la pomme servie dans sa peau plissée, comme un petit écrin doré — réconfort d'enfance intact.
Sources : Simone Pétrement, La Vie de Simone Weil (1973) · Usages culinaires pour convalescents, France, première moitié du XXe s.
Simone Weil · Charactorium





