Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Jean Racine

par Charactorium · Jean Racine (1639 — 1699) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans, en classe découverte, ont poussé la porte d'un vieux salon parisien. Là, dans la lumière d'une bougie, un homme en perruque les attend. C'est Jean Racine, et il a accepté de répondre à toutes leurs questions.

Vous aviez quel âge quand vous êtes arrivé chez les jansénistes ?

J'étais tout petit, mon enfant. Mes parents étaient morts, et on m'a confié aux maîtres de Port-Royal-des-Champs. C'était une abbaye austère, dans la campagne, loin du bruit de Paris. Imagine une grande maison froide où l'on prie beaucoup et où l'on rit peu. Mes maîtres étaient des jansénistes : ils pensaient que l'homme naît marqué par le péché, et qu'il faut toute une vie pour mériter la grâce de Dieu. Ils m'ont appris le grec, le latin, et une certaine tristesse. Cette idée que le destin nous écrase, vois-tu, je ne l'ai jamais oubliée. Plus tard, elle a coulé dans toutes mes tragédies.

Ils m'ont appris le grec, le latin, et une certaine tristesse.

Pourquoi vos maîtres étaient fâchés que vous fassiez du théâtre ?

Parce que pour eux, le théâtre était un péché, mon enfant. Un divertissement honteux qui réveille les passions. Et moi, leur élève si bien élevé, j'ai choisi justement ce métier-là ! Tu imagines le scandale. C'est comme si on t'avait appris à te taire, et que tu décidais de chanter sur la place publique. La rupture a été douloureuse. J'ai quitté Port-Royal le cœur lourd, fâché avec ceux qui m'avaient élevé. Pendant des années, on ne s'est plus parlé. Cela m'a fait souffrir, car au fond, je les aimais. On peut désobéir à ceux qu'on aime, vois-tu, sans cesser de les aimer.

On peut désobéir à ceux qu'on aime sans cesser de les aimer.

C'était comment, votre journée quand vous écriviez une tragédie ?

Je me levais tôt, à la lumière d'un chandelier. Le matin, je lisais les vieux poètes grecs, Euripide et Sophocle, dans leur langue d'origine. Je cherchais chez eux des histoires de passions terribles. Puis je prenais ma plume d'oie, et je pesais chaque mot. Tu sais, je n'écrivais pas vite. Une tragédie, c'est douze syllabes par vers, l'alexandrin, avec une petite pause au milieu, comme une respiration. Six syllabes, on souffle, six syllabes encore. Je relisais mes vers à voix haute, des dizaines de fois, jusqu'à ce qu'ils sonnent justes à l'oreille. C'était un travail de patience, presque de musicien.

Je ne cherchais pas le mot juste, je cherchais le mot qui chante.

Pourquoi on ne voyait jamais les morts sur votre scène ?

Bonne question ! À mon époque, on suivait une règle qu'on appelait la bienséance. Cela voulait dire qu'on ne montrait rien de violent ni de choquant devant le public. Pas de sang, pas de combat, pas de cadavre sur les planches. Alors comment fait-on, me diras-tu, pour une tragédie où tout le monde meurt ? Eh bien, un personnage arrivait en courant et racontait la mort terrible qui venait d'avoir lieu en coulisses. Le messager ! Imagine quelqu'un qui te raconte un orage avec tant de force que tu crois l'entendre tonner. Souvent, les mots font plus peur que les images. La terreur naît dans ta tête, pas sous tes yeux.

Souvent, les mots font plus peur que les images.

C'est quoi une cabale ? On vous a fait du mal avec ça ?

Ah, la cabale... C'est un complot, mon enfant. Des ennemis qui s'entendent en secret pour faire échouer ta pièce. En 1677, j'ai créé Phèdre, mon plus grand chef-d'œuvre, l'histoire d'une femme dévorée par un amour interdit. Et mes rivaux ont payé un certain Pradon pour écrire une Phèdre concurrente, jouée en même temps que la mienne ! Ils achetaient même des places pour applaudir la sienne et siffler la mienne. Sa pièce a fini par couler, c'est vrai. Mais le coup m'avait blessé au cœur. Imagine qu'on gâche exprès le plus beau jour de ton travail. J'en ai eu assez. J'ai décidé d'abandonner le théâtre.

Ils ont gâché exprès le plus beau jour de mon travail.
Jean Racine (1673) cropped
Jean Racine (1673) croppedWikimedia Commons, Public domain — Jean-Baptiste Santerre

Vous étiez triste d'arrêter d'écrire des pièces après Phèdre ?

Triste, oui et non. Sur le moment, j'étais surtout fatigué et amer. Phèdre était ce que j'avais fait de plus beau, et on l'avait sali. Je me suis dit : à quoi bon ? Mais tu sais, quand on referme une porte, parfois une fenêtre s'ouvre. J'ai retrouvé la paix, je me suis marié, j'ai eu des enfants. Je me suis même réconcilié avec mes vieux maîtres de Port-Royal, ceux que j'avais quittés fâché. Pendant douze ans, je n'ai plus écrit une seule tragédie pour le public. Douze ans de silence. Ce n'était pas un vide, c'était un repos. Parfois il faut se taire longtemps pour avoir de nouveau envie de parler.

Parfois il faut se taire longtemps pour avoir de nouveau envie de parler.

C'est vrai que le roi vous a donné un travail spécial ?

C'est vrai ! Le roi Louis XIV aimait beaucoup mes pièces. En 1677, il m'a nommé, avec mon ami Boileau, historiographe du roi. Un grand mot, n'est-ce pas ? Cela voulait dire que nous étions chargés d'écrire l'histoire de ses victoires, de raconter ses exploits pour les siècles à venir. C'était un immense honneur. Mais devine quoi : il fallait suivre le roi à la guerre ! Moi, l'homme des bibliothèques, je me suis retrouvé à cheval, dans la boue des camps militaires, à regarder des sièges de villes. Imagine un poète habitué au silence, soudain au milieu des canons. La vie réserve de drôles de surprises, vois-tu.

Imagine un poète habitué au silence, soudain au milieu des canons.
Jean Racine (1639-1699)
Jean Racine (1639-1699)Wikimedia Commons, Public domain — After Jean-Baptiste Santerre

Qu'est-ce qu'on aurait remarqué en premier en vous voyant à la cour ?

Ma perruque poudrée, sans doute ! À la cour de Versailles, on ne se montrait pas sans elle. C'était la mode du règne de Louis XIV, le signe qu'on était quelqu'un d'important. J'avais aussi un justaucorps de drap fin, des bas de soie, une cravate de dentelle. Pourtant, dans le fond, j'étais un homme sobre, sans goût pour le luxe. Mais à la cour, on s'habille comme les autres, sinon on est mal vu. Imagine un endroit où chacun te juge à ton habit avant même que tu parles. Voilà ce qu'était Versailles. Un théâtre, lui aussi, où chacun jouait son rôle.

Versailles aussi était un théâtre, où chacun jouait son rôle.

Pourquoi vous avez recommencé à écrire pour des filles à l'école ?

Parce qu'une grande dame me l'a demandé, mon enfant. Madame de Maintenon, très proche du roi, avait fondé une école pour des jeunes filles nobles mais pauvres : la Maison de Saint-Cyr. Elle voulait des pièces que les élèves pourraient jouer elles-mêmes. Alors, après douze ans de silence, j'ai repris ma plume. J'ai écrit Esther en 1689, puis Athalie. Mais cette fois, plus de passions interdites : des histoires tirées de la Bible, des récits sacrés. Et ce sont les élèves qui montaient sur scène ! Imagine des fillettes de ton âge récitant mes alexandrins. Cela m'a réconcilié avec le théâtre, et avec Dieu.

Laquelle de toutes vos pièces vous préférez, au fond ?

Quelle question difficile ! On aime tous ses enfants, vois-tu. Phèdre reste mon cœur déchiré, la plus intense. Mais beaucoup, plus tard, ont dit que ma dernière pièce, Athalie, écrite en 1691 pour les filles de Saint-Cyr, était la plus parfaite. Le curieux, c'est qu'on ne l'a presque pas jouée devant le public de mon vivant. Elle a vraiment brillé après ma mort. C'est étrange, n'est-ce pas ? On travaille toute une vie, et le plus beau fruit mûrit quand on n'est plus là pour le voir. Mais cela ne m'attriste pas. Un poète écrit pour ceux qui viendront. Et toi, justement, tu es venu.

Un poète écrit pour ceux qui viendront.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jean Racine. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.