Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Pierre Corneille

par Charactorium · Pierre Corneille (1606 — 1684) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs, en classe découverte, poussent la porte d'un vieux logis éclairé à la bougie. Un homme âgé les attend, un peu raide, une plume d'oie posée près d'un encrier. C'est Pierre Corneille, et il semble touché que des enfants viennent le voir.

C'était quoi votre métier, avant d'écrire des pièces de théâtre ?

Tu sais, mon enfant, j'étais avocat à Rouen, en Normandie. J'allais au tribunal défendre des affaires, avec mes gros livres de droit. Imagine un jeune homme sérieux, en habit sombre, qui passe ses journées dans les papiers. Et puis un jour, je suis allé voir des comédiens jouer une pièce. Mon cœur a fait un bond. J'ai compris que je voulais écrire pour la scène, pas plaider au palais. Mais mon métier d'avocat ne m'a pas quitté : il m'a appris à construire des disputes, des arguments. C'est pour ça que mes héros se débattent avec des choix impossibles, comme dans un vrai procès.

Un avocat plaide une cause ; moi, je fais plaider deux cœurs à la fois.

Votre toute première pièce, ça parlait de quoi ?

Ma première pièce s'appelait Mélite, en 1629. C'était une comédie, une histoire d'amour. Je te confie un secret : j'étais tombé amoureux d'une demoiselle que je n'ai pas pu épouser. Ça m'a fait beaucoup de peine. Alors j'ai pris cette peine et j'en ai fait des scènes drôles et tendres sur l'amour contrarié. Je l'ai portée à Paris, le cœur battant, sûr de rien du tout. Et le public a ri, a applaudi ! Imagine ta surprise si quelque chose que tu fais en cachette plaisait soudain à toute une salle. Ce jour-là, ma vraie vie a commencé.

J'ai pris un chagrin d'amour et j'en ai fait rire tout Paris.

C'est vrai qu'une de vos pièces a déclenché une grosse dispute ?

Oh oui, et quelle dispute ! En 1637, je présente Le Cid. C'est l'histoire d'un jeune homme déchiré entre son amour et son honneur. Le public l'adore, on se bat presque pour entrer dans la salle. Mais des savants très importants, à l'Académie française, n'étaient pas contents. Ils trouvaient que je ne respectais pas les règles du théâtre. Ils ont écrit un long texte pour me critiquer. Tout Paris en parlait, dans les rues, dans les salons ! Imagine que ton dessin soit affiché partout, et qu'on se chamaille pour dire s'il est bien ou mauvais. Au fond, cette querelle m'a rendu encore plus célèbre.

On me critiquait partout — et plus on me critiquait, plus on me lisait.

Ça vous a fait de la peine, qu'on vous critique comme ça ?

Bien sûr que ça pique, mon enfant. Quand on travaille fort sur quelque chose, et qu'on dit qu'on s'est trompé, ça serre le cœur. Les savants reprochaient à mon héroïne, Chimène, d'aimer encore celui qui avait tué son père. Ils disaient que ça choquait. Moi, je crois qu'un cœur peut être déchiré comme ça, justement. Plus tard, j'ai écrit que ma pièce avait tant de beauté qu'elle avait peu souffert de s'écarter des règles. Tu vois, j'ai tenu bon. Je voulais d'abord toucher les gens. Les règles, c'est utile, mais émouvoir une salle entière, c'est ça mon vrai métier.

Les règles servent la pièce ; ce n'est pas la pièce qui sert les règles.

Comment vous faisiez pour écrire vos vers ? C'était long ?

Très long, et c'est tant mieux ! Je travaillais avec ma plume d'oie trempée dans l'encrier, souvent le soir, à la lumière des bougies. J'écrivais en alexandrins : des vers de douze syllabes, coupés en deux moitiés bien égales, comme deux pas réguliers. Je les reprenais, je les raturais, je cherchais le mot qui frappe. Écoute celui-ci, de mon héros Rodrigue : « Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! » Tu sens comme ça gronde ? Imagine un forgeron qui tape sur le métal jusqu'à ce que la lame chante. Moi, je tapais sur mes mots jusqu'à ce qu'ils résonnent dans toute la salle.

Je frappais mes mots comme un forgeron, jusqu'à ce qu'ils chantent.
French:  Portrait de Pierre Corneille (1606-1684), poète dramatique title QS:P1476,fr:"Portrait de Pierre Corneille (1606-1684), poète dramatique "label QS:Lfr,"Portrait de Pierre Corneille (1606-168
French: Portrait de Pierre Corneille (1606-1684), poète dramatique title QS:P1476,fr:"Portrait de Pierre Corneille (1606-1684), poète dramatique "label QS:Lfr,"Portrait de Pierre Corneille (1606-168Wikimedia Commons, Public domain — François Sicre

C'est quoi un « dilemme cornélien » ? On dit que ça vient de vous.

C'est vrai, on a donné mon nom à ça, j'en suis un peu fier. Un dilemme cornélien, c'est quand tu dois choisir entre deux choses que tu aimes autant l'une que l'autre, et que ça fait mal des deux côtés. Dans Le Cid, Rodrigue aime Chimène, mais il doit venger l'honneur de sa famille en se battant contre le père de celle qu'il aime. Quoi qu'il fasse, il perd quelque chose. Imagine qu'on te demande de choisir entre ton meilleur ami et ton frère : impossible, n'est-ce pas ? C'est ça que j'aimais mettre sur scène. Parce que ces moments-là, c'est là qu'on découvre qui on est vraiment.

C'est dans le choix impossible qu'on découvre qui l'on est.

Vous racontiez seulement des histoires d'amour ?

Oh non, j'aimais aussi les grandes histoires de courage et de patrie ! Dans Horace, en 1640, je raconte une vieille histoire romaine : trois frères doivent se battre pour défendre leur ville. C'est terrible, parce que de l'autre côté, il y a des amis, presque de la famille. Une de mes héroïnes, Camille, est si en colère qu'elle maudit sa propre cité, Rome. Tu vois, j'aimais ces moments où le devoir et le cœur se déchirent. Mes études de droit m'avaient appris à peser le pour et le contre. Sur scène, je transformais ce balancement en bataille de l'âme.

Le devoir d'un côté, le cœur de l'autre : voilà mon vrai champ de bataille.

On dit que vous étiez très timide. C'est vrai ?

C'est tout à fait vrai, et ça surprend les gens ! Mes héros parlent fort, avec des vers magnifiques. Mais moi, en vrai, j'étais maladroit pour parler. Devant les autres, je bafouillais, je rougissais. Et le pire, c'est que je récitais mes propres vers très mal ! Imagine un cuisinier qui prépare un plat délicieux mais n'arrive pas à le servir sans tout renverser. Mes admirateurs étaient parfois déçus de m'entendre. Mais ça ne fait rien. Ma force n'était pas dans ma voix, elle était dans ma plume. Le timide que j'étais devenait géant quand il écrivait, le soir, dans le silence.

J'étais petit quand je parlais, et géant quand j'écrivais.
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Pierre Corneille (1606–1684) title QS:P1476,en:"Pierre Corneille (1606–1684) "label QS:Len,"Pierre Corneille (1606–1684) "Wikimedia Commons, Public domain — anonymous

Vous pensiez quoi des règles du théâtre, au fond ?

Je vais être franc avec toi, mon enfant. Un jour, j'ai écrit dans une lettre que je n'avais jamais bien su les règles, et que je me méfiais de ma capacité à les suivre. Mais que j'avais toujours tâché de plaire au public. Tu vois, certains savants vivaient pour leurs règles compliquées : l'action doit durer un jour, se passer en un seul lieu... Moi, je regardais le parterre, ces spectateurs debout qui criaient leur joie ou leur ennui. C'est eux que je voulais toucher. Une règle qui empêche d'émouvoir un enfant ou un vieillard, à quoi sert-elle ? Le théâtre, c'est d'abord des battements de cœur.

Une règle qui empêche d'émouvoir ne sert à rien.

Qu'est-ce que ça fait quand un plus jeune devient plus célèbre que vous ?

Ah... tu touches là un endroit sensible, mon enfant. Vers la fin de ma vie, un jeune homme très doué est arrivé : Jean Racine. Le public s'est mis à l'adorer, et à m'oublier un peu. En 1677, sa pièce Phèdre a triomphé, et la mienne, Suréna, est passée presque inaperçue. J'ai connu moins d'argent, moins d'applaudissements. Ça fait mal, je ne vais pas te mentir. Imagine que tu aies couru en tête toute la course, et qu'on regarde soudain quelqu'un d'autre. Mais je me console : on joue encore mes pièces aujourd'hui. La gloire d'un soir s'éteint ; les vers, eux, traversent les siècles.

Les applaudissements d'un soir s'éteignent ; les vers, eux, durent des siècles.

Si on pouvait vous dire une dernière chose, qu'est-ce que vous aimeriez entendre ?

Quelle jolie question. Tu sais, j'ai fini ma vie un peu triste, à Paris, loin des grands succès de ma jeunesse. Alors savoir que des enfants comme toi, tant d'années après, lisent encore Rodrigue et Chimène... cela vaut tous les applaudissements du monde. Je voudrais entendre que mes héros vous parlent encore, que vous comprenez leurs choix déchirants. Quand tu hésiteras un jour entre deux choses qui comptent pour toi, pense à eux. Le théâtre n'est pas fait pour être admiré de loin, comme une statue. Il est fait pour t'aider à mieux sentir ton propre cœur. C'est ça, ma plus belle récompense.

Mes héros ne sont pas des statues : ils sont là pour t'aider à mieux sentir ton cœur.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Pierre Corneille. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.