Imaginary interview

Imaginary dialogue between Kadashman-Enlil Ier de Babylone and Amenhotep III

by Charactorium · Amenhotep III (1399 av. J.-C. — 1350 av. J.-C.) · Politics · Visual Arts · Spirituality · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Amenhotep III
Wikimedia Commons, Public domain — Flinders Petrie

C'est sous les colonnades encore fraîches du temple de Louxor, au bord du lac de Malkata où miroite la barque Aton-brille, que Kadashman-Enlil Ier de Babylone est reçu par son « frère » d'Égypte, Amenhotep III, en l'an de grâce v. 1370 av. J.-C. L'air sent le kyphi et le limon du Nil ; des scarabées de faïence bleue brillent sur une table basse, offerts aux hôtes de marque. Les deux souverains s'écrivent depuis des années, se disputant l'or, les princesses et le prestige — et le roi de Babylone est venu, tablette en main, réclamer son dû et percer le mystère de ce voisin qui se dit dieu.

Mon frère, dans mes tablettes je t'ai demandé une de tes filles en mariage, et tu m'as éconduit. Pourquoi refuses-tu à un roi ce que tu prends chez les autres ?

Frère de Babylone, tu connais mieux que quiconque le prix de cet or que je t'envoie par convois entiers — il coule chez moi comme la poussière du désert. Mais une fille de pharaon, aucune n'a jamais quitté l'Égypte pour un lit étranger : telle est la règle de mes pères, et je ne suis pas celui qui la brisera. Je prends volontiers vos princesses du Mitanni et de l'Arzawa, car elles entrent dans ma Grande Maison et s'y fondent. Mais donner, c'est diminuer la maât dont je suis le gardien. Ne confonds pas mon refus avec du mépris : je t'offre l'or, les vases, les statues — tout, sauf mon propre sang.

L'or coule chez moi comme la poussière du désert ; mais une fille de pharaon, jamais.

Tu parles d'or, Nebmaâtrê. Quand mes messagers reviennent de ta cour, ils se plaignent que tu les retiens. Est-ce ainsi qu'on traite l'envoyé d'un frère ?

Tes messagers, je les reçois l'après-midi, quand j'ai fini les rituels d'Amon et que mes deux vizirs ont vidé les affaires du Nord et du Sud. Je ne les retiens pas par mauvaise foi, frère : je les fais asseoir aux banquets de Malkata, je les couvre de présents pour que tu voies, à leur retour, de quelle amitié je t'honore. Les routes entre nos deux royaumes sont longues, les déserts pleins de pillards ; il vaut mieux un envoyé bien traité qu'un convoi précipité. Écris-moi ce que tu veux — de l'or, encore de l'or, je le sais — et tu l'auras. Mais laisse-moi le temps de bien faire les choses, comme il sied entre grands rois.

Il vaut mieux un envoyé bien traité qu'un convoi précipité.

Ces petits scarabées bleus que tu poses sur ma table sont arrivés jusqu'à ma cour de Babylone. À quoi te servent-ils, ces jouets gravés que tu répands partout ?

Prends-en un, frère, et lis. Ce ne sont pas des jouets : ce sont mes hérauts de faïence. Quand j'ai épousé ma Grande Épouse Tiye, quand j'ai abattu cent-deux lions, quand j'ai fait creuser son lac, j'ai fait graver l'événement sur des centaines de ces scarabées et je les ai envoyés jusqu'en Syrie, jusqu'en Nubie — et jusque chez toi, tu le vois. Ainsi, du même geste, tous les rois de la terre apprennent ce que fait le maître des Deux Terres. Aucun souverain avant moi n'a parlé de sa propre voix à travers le monde entier. Ces petites bêtes de faïence sont mon journal officiel, distribué d'un bout à l'autre des nations.

Ces petites bêtes de faïence sont mon journal officiel, distribué d'un bout à l'autre des nations.

On m'a montré un de ces scarabées où tu te vantes d'avoir tué cent-deux lions en dix ans. Un roi doit-il vraiment courir ainsi derrière les fauves ?

Tu souris, frère, mais écoute bien : le lion n'est pas qu'une bête. Il est le chaos qui rôde aux marges du monde, celui que le dieu Rê terrasse chaque nuit pour que le soleil renaisse. Quand j'abats cent-deux lions de ma propre main, je ne chasse pas pour le plaisir — je répète le geste du dieu, je repousse le désordre loin de l'Égypte. Mon arc et mes flèches sont des instruments de la maât autant que mon sceptre. Un roi qui ne saurait plus terrasser le fauve serait un roi que le chaos dévore. Toi qui gardes tes frontières contre les nomades, tu comprends cela mieux que personne.

Le lion, c'est le chaos qui rôde aux marges du monde ; l'abattre, c'est répéter le geste du dieu.

Puisque tu refuses de marier tes filles, parlons de ton épouse. On dit que ta Tiye n'est pas de sang royal. Comment un pharaon élève-t-il une roturière à ses côtés ?

Tiye est fille de Youya et de Touya, nobles de province, non de rois — je ne l'ai jamais caché, je l'ai même fait graver sur le scarabée de nos noces, avec le nom de ses parents pour que nul n'en doute. On me l'a reproché à voix basse. Mais je te le dis, frère : je n'ai pas trouvé sous le ciel une femme plus digne de porter la double couronne à mes côtés. Pour elle j'ai fait creuser près de Malkata un lac de trois mille sept cents coudées, en quinze jours à peine, et j'ai navigué dessus dans la barque Aton-brille le jour de son ouverture. Un roi n'épouse pas seulement un sang : il épouse une force. Tiye règne dans mon conseil autant que dans mon cœur.

Un roi n'épouse pas seulement un sang : il épouse une force.
Sculpture du type réaliste duPharaon Amhotep III
Sculpture du type réaliste duPharaon Amhotep IIIWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — IGallic

Un lac creusé en quinze jours pour une femme ! Chez moi, on murmurerait qu'un roi se ruine ainsi. Que t'a rapporté cette dépense, mon frère ?

Ce qu'elle m'a rapporté ? Regarde autour de toi, frère : la paix, l'or, les temples qui montent, les rois qui m'écrivent en m'appelant leur frère. L'Égypte n'a jamais été aussi haute, et Tiye est à la proue de cette grandeur. Creuser un lac pour ma Grande Épouse, ce n'est pas me ruiner, c'est montrer à toute la terre que le maître des Deux Terres commande à l'eau comme au limon. Le jour où la barque a fendu ces flots nouveaux, tout mon peuple a vu que rien ne résiste à ma volonté — pas même le sol du désert. Une dépense qui fait trembler d'admiration vaut mieux qu'un trésor enterré.

Une dépense qui fait trembler d'admiration vaut mieux qu'un trésor enterré.

Depuis ma barque, sur le Nil, j'ai vu deux colosses de pierre plus hauts que dix hommes. Dis-moi, comment tes ouvriers ont-ils dressé pareilles montagnes ?

Ces deux géants de quartzite rouge, hauts de dix-huit coudées d'homme, gardent l'entrée de mon temple funéraire à Kom el-Hetan — le plus vaste jamais bâti sur cette terre. J'ai fait tirer ces blocs des carrières, remonter le fleuve sur des barges, dresser par des milliers de bras au chant des contremaîtres. Derrière eux se dressait une forêt de statues, de sphinx et de stèles. Et à Karnak, j'ai élevé le troisième pylône ; à Louxor, ces colonnades à chapiteaux de papyrus où nous sommes assis. Bâtir n'est pas vanité, frère : chaque pierre que je pose est une offrande aux dieux et un rempart contre l'oubli. Le pharaon qui ne construit pas laisse la maât s'effriter.

Chaque pierre que je pose est une offrande aux dieux et un rempart contre l'oubli.

Tu bâtis pour les dieux, dis-tu. Mais toute cette pierre, tout cet or de tes chantiers — d'où vient la richesse qui te permet de ne jamais t'arrêter ?

De la maât bien gardée, frère, et de rien d'autre. Mes pères ont étendu l'Égypte jusqu'à l'Euphrate et enchaîné la Nubie ; moi, je n'ai plus à guerroyer — je récolte. L'or de Nubie remonte le fleuve, les tributs des provinces emplissent mes greniers, les caravanes du Proche-Orient passent par Memphis. La paix que je maintiens vaut mille victoires : un royaume en guerre dépense, un royaume en paix accumule. C'est pourquoi je puis bâtir Louxor, Soleb et mon palais sans épuiser le trésor. Toi qui me réclames de l'or, tu sais que je le donne sans qu'il me manque : telle est la récompense d'un règne où le désordre n'a plus de prise.

Un royaume en guerre dépense, un royaume en paix accumule.

Voici ce qui me trouble le plus, Nebmaâtrê. À Soleb, en Nubie, on m'a dit que tu as bâti un temple non aux dieux, mais à toi-même. Un roi vivant peut-il être un dieu ?

Tu touches là au cœur du mystère, frère, et je ne m'en cacherai pas. À Soleb, j'ai consacré un temple à Amon-Rê — et à ma propre divinité, vivante. Les reliefs m'y montrent offrant l'encens devant ma propre effigie divinisée : Amenhotep, dieu de Nubie. Aucun pharaon avant moi n'a osé cela de son vivant. Mais comprends bien : le pharaon a toujours été fils des dieux, médiateur entre le ciel et les hommes. Je n'ai fait que rendre visible ce qui était déjà vrai. Mon nom même, Nebmaâtrê, dit que la maât de Rê habite en moi. Quand j'ouvre le naos à l'aube, ce n'est plus tout à fait un homme qui touche la statue.

Aucun pharaon avant moi n'a osé cela de son vivant ; j'ai rendu visible ce qui était déjà vrai.

Tu as célébré trois fois la fête Sed, m'a-t-on rapporté, quand un seul jubilé suffit après trente ans. Pourquoi renouveler tant de fois ta propre royauté ?

Le jubilé Heb-Sed régénère magiquement le pouvoir du roi ; on le célèbre après trente ans de règne, quand les forces d'un homme déclinent. Moi, frère, je l'ai célébré trois fois. Non par vanité, mais pour proclamer que ma vigueur divine ne faiblit pas malgré les années. Chaque fête Sed est une renaissance : je cours le parcours rituel, je reprends la double couronne, je montre à mon peuple et aux dieux que le maître des Deux Terres est aussi vert qu'au premier jour. Un dieu vivant ne vieillit pas comme les hommes — il se renouvelle. Toi qui me verras peut-être vieillir, souviens-toi : à Soleb, ma jeunesse est gravée dans la pierre pour l'éternité.

Un dieu vivant ne vieillit pas comme les hommes — il se renouvelle.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Amenhotep III's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.