Imaginary interview

Imaginary interview with Ashoka

by Charactorium · Ashoka (303 av. J.-C. — 231 av. J.-C.) · Politics · Spirituality · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Ashoka
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Urga

Sous un dais de coton écru, dans un pavillon du palais de Pataliputra, l'empereur reçoit à l'heure où le fleuve Gange vire à l'ocre. Un pilier de grès poli attend, non loin, qu'on y grave ses paroles. Il parle bas, d'une voix d'homme qui a compté ses morts.

Comment gardez-vous le souvenir de la guerre du Kalinga ?

Je ne le garde pas : il me garde. Vers ma huitième année de règne, j'ai voulu soumettre le Kalinga, cette côte fière qui refusait mon sceau. La victoire fut totale, et c'est là ma honte. J'ai fait graver dans le roc les chiffres eux-mêmes, sans les adoucir : « Cent cinquante mille personnes furent déportées, cent mille furent tuées et plusieurs fois ce nombre périrent. » Un roi cache d'ordinaire ses charniers ; moi je les ai taillés dans la pierre pour que nul, moi le premier, ne les oublie. Le soir de la reddition, en marchant parmi les brancards, j'ai compris qu'un vainqueur peut être le plus vaincu de tous. Ce jour-là, le Bien-Aimé des Dieux — c'est le titre que je me donne — a cessé de croire au tambour de guerre.

Un vainqueur peut être le plus vaincu de tous.

Qu'est-ce qui, dans ce carnage, a fait basculer votre vie ?

Le silence d'après. Sur les rives de la Daya, les brahmanes pleuraient, les enfants cherchaient des mains qui n'existaient plus, et les vautours, eux, ne connaissaient pas le remords. J'ai fait inscrire cette phrase que je ne relis jamais sans trembler : « Aussitôt après l'annexion du Kalinga, le Bien-Aimé des Dieux ressentit un profond remords. » Un empereur qui avoue son regret sur la pierre de son empire, mes conseillers y voyaient une faiblesse. J'y ai vu ma seule victoire réelle. C'est de cette blessure qu'est né le Dharma — non comme une doctrine apprise dans un monastère, mais comme une dette contractée envers cent mille morts. Depuis, je ne conquiers plus que des cœurs, et cette conquête-là ne fait couler aucun sang.

Depuis, je ne conquiers plus que des cœurs.

Pourquoi avoir choisi la pierre plutôt que le parchemin pour porter votre parole ?

Parce que le parchemin flatte les scribes et meurt avec eux, tandis que le roc parle aux laboureurs pour mille ans. J'ai fait dresser des colonnes de grès hautes de douze coudées d'homme, polies comme un miroir, jusqu'aux confins où ma voix ne parvient plus. Sur l'une d'elles j'ai fait graver ma question la plus nue : « Le Dharma est bon. Mais qu'est-ce que le Dharma ? C'est avoir peu de fautes et beaucoup de bonnes actions, la compassion, la générosité, la véracité et la pureté. » Je n'écris pas pour les savants, mais pour le bouvier qui s'arrête à l'ombre du pilier et déchiffre en prâkrit, dans son propre parler, ce que son roi attend de lui. Une loi qu'on ne peut lire n'est qu'un caprice de palais.

Le roc parle aux laboureurs pour mille ans.

Vos édits parlent grec et araméen jusqu'aux marches du couchant. Pourquoi tant de langues ?

Parce qu'un empire n'a qu'un cœur mais mille bouches. À Kandahar, aux portes des royaumes que les héritiers d'Alexandre gouvernent encore, mes mots ne servaient à rien en brâhmî : là-bas on pense en grec, on prie en araméen. J'ai donc fait tailler la même piété en deux écritures sur un seul rocher. Les Grecs m'y nomment Piodassès, et l'inscription dit qu'après dix ans « il rendit les hommes plus pieux, et tout prospère sur la terre entière ». Voilà ma fierté : qu'un marchand de Bactriane et un pêcheur du Kalinga lisent, chacun dans sa langue, la même exigence de vertu. Le Dharma ne connaît pas de frontière de peau ni de gosier ; ce serait le trahir que de l'enfermer dans un seul alphabet.

Un empire n'a qu'un cœur mais mille bouches.

Que représente pour vous l'envoi de missions jusqu'au Sri Lanka et au-delà ?

L'aveu qu'un trésor gardé pourrit, et qu'un trésor donné se multiplie. J'ai envoyé au Sri Lanka ce que j'avais de plus cher : mes propres enfants, Mahinda et Sanghamitta. Elle a porté par-delà les flots un rejeton de l'arbre sous lequel le Bouddha connut l'éveil. Un père qui aime son fils le garde ; un roi qui aime le monde l'envoie au loin. J'ai dépêché d'autres messagers vers les rois grecs, non pour lever tribut, mais pour offrir une manière de vivre sans nuire. On me dira ambitieux ; je réponds que l'ambition d'un souverain ne devrait jamais viser plus haut que le bien des vivants. Ce que Chandragupta mon aïeul avait pris par l'éléphant de guerre, je le rendais par la parole douce.

Un trésor gardé pourrit, un trésor donné se multiplie.

On raconte que vous auriez rouvert les anciens tombeaux du Bouddha. Que cherchiez-vous ?

À rapprocher le sacré du peuple. La tradition dit que je fis ouvrir les premiers stupas pour partager les reliques du Bienheureux en d'innombrables stupas neufs — on parle de quatre-vingt-quatre mille, chiffre qui dit surtout l'immensité de mon désir. À Sânchî, j'ai fait élever un dôme de brique et de pierre où le pèlerin pauvre pouvait tourner autour de la relique comme la roue tourne autour de son moyeu. Certains y ont vu de la démesure ; j'y voyais une géographie de la paix. Que chaque province ait son point de recueillement, que nul n'ait à traverser l'empire pour s'incliner devant le calme. Bâtir des tombeaux qui apaisent plutôt que des forteresses qui menacent : voilà comment un roi rachète ses anciennes batailles.

Une géographie de la paix, non des forteresses qui menacent.

Comment gouverne-t-on, concrètement, un empire au nom de la non-violence ?

Par le puits plus que par la lance. J'ai fait inscrire ceci, et j'y tiens comme à un serment : « Partout le Bien-Aimé des Dieux a fait pratiquer deux sortes de soins : soins pour les hommes et soins pour les animaux. Il a fait planter des herbes médicinales et creuser des puits le long des routes. » Un empire ne se mesure pas à l'étendue de ses conquêtes mais à l'ombre de ses arbres et à la fraîcheur de ses citernes. J'ai fait planter des banians pour le voyageur, semer des plantes qui guérissent, dresser des abris pour la bête fourbue. L'ahimsa n'est pas une prière murmurée les yeux clos : c'est un puits creusé à la bonne distance, une route qui ne laisse mourir personne de soif. Voilà ma politique, tangible comme l'eau.

Un empire se mesure à l'ombre de ses arbres.

Vous avez institué des fonctionnaires d'un genre nouveau. Quel rôle leur avez-vous confié ?

J'ai nommé des mahamatras du Dharma, des inspecteurs non des impôts mais des consciences. Leur charge n'est pas de compter les sacs de riz, mais de veiller à ce qu'un vieillard soit assisté, qu'un prisonnier soit traité en homme, qu'aucune secte n'en écrase une autre. Moi-même, je me tiens disponible à toute heure : qu'on me porte les affaires du peuple pendant mon repas, dans mes appartements, jusque dans le jardin — l'urgence d'un sujet ne connaît pas mon horaire. J'ai aussi réduit les massacres de ma propre cuisine ; là où des milliers de bêtes tombaient chaque jour pour ma table, il n'en reste presque plus. Un roi qui exige la douceur de ses fonctionnaires sans l'imposer d'abord à sa propre assiette n'est qu'un hypocrite couronné.

Des inspecteurs non des impôts, mais des consciences.

Parlez-nous du pilier que vous avez dressé à Sârnâth, là où le Bouddha prêcha pour la première fois.

Sârnâth n'est pas un lieu que l'on choisit à la légère : c'est là que le Bienheureux, jadis, mit en branle la Roue du Dharma par son premier sermon. Il me fallait y planter un signe digne de cet éveil. J'ai fait couronner ma colonne de quatre lions adossés, tournés vers les quatre horizons, comme si la parole juste devait rugir vers tous les points du ciel. Sous eux, la roue — le Dharmachakra — rappelle que la vraie souveraineté n'écrase pas, elle roule et fait avancer. Un lion, chez les rois, symbolise la force qui dévore ; j'ai voulu que les miens rugissent une force qui protège. Le grès poli reflète le soleil de Sârnâth comme mon règne, je l'espère, reflétera un peu de la lumière du Bouddha.

La vraie souveraineté n'écrase pas, elle roule et fait avancer.

Si vous imaginiez qu'on vous lise dans un siècle, que voudriez-vous qu'il reste de vous ?

Non pas mes provinces, qui se disloqueront comme toute chose bâtie par des mains — déjà je pressens que ma dynastie maurya ne durera guère après moi. Ce que je voudrais laisser, c'est le rugissement muet de mes lions et le tour lent de la roue gravée sous eux. Que dans mille ans un peuple, quel qu'il soit, regarde ce chapiteau de Sârnâth et y lise non l'orgueil d'un conquérant, mais le repentir d'un homme qui a préféré le puits à la lance. Si un seul roi, en me lisant, renonce à une seule guerre, alors les cent mille morts du Kalinga n'auront pas hurlé en vain. Je ne demande pas qu'on m'admire ; je demande qu'on me suive sur ce chemin-là.

Que l'on y lise non l'orgueil d'un conquérant, mais le repentir d'un homme.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Ashoka's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.