Kids interview Ashurbanipal
by Charactorium · Ashurbanipal (684 av. J.-C. — 630 av. J.-C.) · Politics · Military · Culture · 5 min read

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs poussent la porte d'une salle où sont exposées de vieilles tablettes d'argile couvertes de petits coins gravés. Un homme à la longue barbe bouclée les accueille : c'est Assurbanipal, roi d'Assyrie. Il s'assoit près d'eux et les invite à poser toutes leurs questions.
—C'est vrai qu'un roi comme vous savait lire et écrire ? On croyait que c'était le travail des autres.
Tu as raison de t'étonner, mon enfant. La plupart des rois, avant moi, laissaient l'écriture aux scribes — ces hommes formés à tracer les signes dans l'argile. Moi, j'ai appris moi-même. Sur mes annales, j'ai fait graver que je maîtrisais le savoir caché de tout l'art d'écrire. Imagine une écriture faite de petits coins pressés dans la terre molle avec un roseau taillé, le calame : c'est le cunéiforme. Je lisais les deux langues de mon pays, l'akkadien et même le vieux sumérien. Et je savais résoudre des problèmes de calcul difficiles. Un roi qui sait lire voit ce que ses ministres essaient de lui cacher.
Un roi qui sait lire voit ce que ses ministres essaient de lui cacher.
—Comment ça se passait, votre journée, quand vous étiez petit et qu'on vous apprenait tout ça ?
On me réveillait tôt, et avant tout on consultait les devins. Ils regardaient le foie d'un mouton qu'on venait de sacrifier, pour lire la volonté des dieux. Étrange, non ? Puis venait l'écriture. Je m'asseyais avec une tablette d'argile fraîche et mon roseau, et je recopiais encore et encore les mêmes signes, jusqu'à ce que ma main ne tremble plus. Imagine des centaines de petits coins à aligner sans se tromper. Quand l'argile séchait, le texte devenait dur comme la pierre. On me formait aussi au tir à l'arc, car un prince d'Assyrie doit être guerrier autant que lettré. Les deux, mon enfant, jamais l'un sans l'autre.
—On a entendu que vous envoyiez des gens voler des tablettes partout. C'était vrai, ça ?
Voler, c'est un grand mot ! Disons que j'envoyais mes scribes dans tout le sud du pays, à Babylone et dans ses temples, pour copier chaque tablette qu'ils trouvaient. Et quand une tablette était trop précieuse, oui, je la faisais rapporter à Ninive, ma capitale. Je voulais réunir tout le savoir du monde en un seul lieu : les récits, les prières, les remèdes, les présages. Imagine une maison entière remplie du sol au plafond de milliers de plaquettes d'argile rangées par sujet. C'était la première grande bibliothèque de l'histoire. Un empire finit toujours par tomber ; les mots, eux, peuvent survivre.
Un empire finit toujours par tomber ; les mots, eux, peuvent survivre.
—Et c'est grâce à ça qu'on a retrouvé la fameuse histoire de Gilgamesh ?
Exactement, mon enfant, et cela me touche que tu la connaisses. L'Épopée de Gilgamesh était déjà un poème très ancien de mon temps — l'histoire d'un roi qui part chercher la vie sans fin. Mes scribes en ont copié la version la plus complète, et ils l'ont rangée dans ma bibliothèque de Ninive. Bien après moi, la ville a brûlé et s'est effondrée. Mais l'argile cuite par le feu a durci, et les tablettes ont attendu sous la terre. Des milliers d'années plus tard, on les a déterrées. Si tu peux lire aujourd'hui ce poème, c'est parce qu'un roi têtu a voulu tout garder.
—C'est vrai que vous avez fait la guerre à votre propre frère ? Ça devait faire bizarre.
Oui... et cela reste ma blessure la plus lourde. Mon père avait partagé son royaume : à moi l'Assyrie, à mon frère Shamash-shum-ukin la ville de Babylone. Pendant des années, cela a tenu. Puis il s'est révolté contre moi. Imagine devoir lever une armée contre quelqu'un avec qui tu as grandi, mangé, joué enfant. La guerre a duré quatre ans. J'ai fait assiéger sa ville — cela veut dire l'entourer pour couper les vivres, jusqu'à la faim. En 648 av. J.-C., son palais a pris feu, et mon frère a péri dans les flammes. On croit qu'un roi ne pleure jamais. C'est faux.
On croit qu'un roi ne pleure jamais. C'est faux.
—Vous aviez peur de perdre pendant tout ce temps ? Quatre ans, c'est long.
Bien sûr que j'avais peur, même si un roi ne le montre pas. Chaque matin, je faisais examiner les présages avant de décider quoi que ce soit. Un siège, tu sais, c'est une guerre de patience : on attend, on attend, pendant que la ville s'affaiblit derrière ses murs. Pendant ce temps, un autre danger grandissait à l'est, du côté de l'Élam, le vieux rival de mon pays. J'avais l'impression de tenir deux incendies à la fois. Mais j'avais un empire à protéger, et un roi qui hésite trop longtemps perd tout. Alors j'ai serré les dents, et j'ai tenu jusqu'au bout.
—On a vu une image de vous en train de manger tranquille dans un jardin. Mais il y a une tête accrochée à un arbre ?!
Ah, tu as vu ce relief ! Oui, je l'ai fait sculpter sur les murs de mon palais. On m'y voit allongé dans mon jardin, avec la reine, écoutant de la musique près des arbres. Et là, dans les branches, pend la tête du roi de l'Élam, que j'avais vaincu. Cela te choque, et je le comprends. Mais mets-toi à ma place : je voulais que chaque ambassadeur qui traversait cette salle comprenne, sans un mot, ce qui arrivait à ceux qui me défiaient. Une image gravée dans la pierre parle plus fort qu'une menace. C'était ma manière de faire régner la peur — et donc la paix.
Une image gravée dans la pierre parle plus fort qu'une menace.
—Pourquoi montrer des choses aussi terribles sur les murs de chez vous ?
Parce que les murs de mon palais n'étaient pas de simples décorations, mon enfant : c'étaient des messages. J'avais détruit Suse, la grande ville de l'Élam, vers 646 av. J.-C., et je voulais qu'on s'en souvienne longtemps. Imagine que tu entres dans une immense salle, et que partout, de chaque côté, la pierre raconte mes victoires, mes ennemis vaincus, mes chasses. Tu comprends très vite qui commande ici. À mon époque, peu de gens savaient lire ; alors je racontais avec des images. La pierre ne ment pas et ne se fatigue jamais de répéter mon nom.
—Sur les images, vous tirez des flèches sur des lions. Vous chassiez pour de vrai des lions sauvages ?
Presque ! Écoute bien, car c'est plus rusé que ça en a l'air. On élevait des lions en captivité, puis on les lâchait dans un espace fermé, une sorte d'arène, devant la cour. Alors je les perçais de mon arc composite — un arc fait de bois, de corne et de tendon, capable d'envoyer une flèche très loin. Ce n'était pas seulement un jeu. Le lion, chez nous, c'était le chaos, la bête qui menace le troupeau et le village. En le tuant devant tous, je montrais une chose : votre roi vous protège du désordre. Chaque flèche disait : tant que je règne, vous êtes en sécurité.
Chaque flèche disait : tant que je règne, vous êtes en sécurité.
—Le soir, après tout ça, vous faisiez quoi pour vous détendre ?
Le soir, j'aimais me retirer dans les jardins de Ninive, arrosés par des canaux qui apportaient l'eau depuis les collines. On y donnait des banquets : du pain d'orge, du mouton rôti, du gibier de mes chasses, des dattes et des figues, du vin qui coulait pour fêter les victoires. Des musiciens jouaient dans la fraîcheur du soir. Mais souvent, je préférais autre chose : je me faisais apporter une tablette de ma bibliothèque, et je lisais. Imagine le silence, juste le bruit de l'eau et le grattement d'un roseau sur l'argile. Un roi guerrier le jour, un lecteur la nuit — voilà qui j'étais.
—Si on se souvient de vous aujourd'hui, vous préféreriez que ce soit pour vos guerres ou pour vos tablettes ?
Quelle belle question pour finir, mon enfant. De mon vivant, j'étais fier de mes conquêtes : l'Égypte, l'Élam, les tribus soumises. Je pensais que ma gloire tiendrait dans mes armées. Mais regarde : mon empire s'est effondré peu après ma mort, et Ninive a été rasée. Ce qui a traversé les siècles, ce ne sont pas mes flèches — ce sont mes tablettes d'argile, ma bibliothèque, et ce vieux poème de Gilgamesh que mes scribes ont sauvé. Alors si tu veux te souvenir de moi, souviens-toi du roi qui a voulu garder le savoir du monde. C'est cela, ma vraie victoire.
Ma vraie victoire, ce ne sont pas mes flèches, ce sont mes tablettes.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Ashurbanipal's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.

