Imaginary interview

Imaginary dialogue between Simone de Beauvoir and Brigitte Bardot

by Charactorium · Brigitte Bardot (1934 — 2025) · Performing Arts · Literature · Music · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Brigitte Bardot
Wikimedia Commons, Public domain — Chistina Motta (São Paulo, 1944)

C'est sur la terrasse de La Madrague, face à la mer de Saint-Tropez, qu'une Simone de Beauvoir grisonnante retrouve Brigitte Bardot en ce printemps 1978. Les pins parasols craquent sous le vent, un chat sommeille sur la rambarde de bois, et l'on entend au loin les moteurs des vedettes de touristes. Presque vingt ans plus tôt, l'intellectuelle avait consacré à l'actrice un essai retentissant dans un magazine américain ; aujourd'hui, elle vient interroger celle qui a tout quitté. Entre la philosophe de la liberté et la femme la plus photographiée du monde, la conversation s'installe sans façon.

Brigitte, en 1959 j'ai écrit que vous disposiez de votre corps comme d'un bien qui vous appartenait. Vous êtes-vous jamais reconnue dans mon portrait ?

Vous savez, Simone, votre texte est l'un des rares qui m'ait touchée à l'époque, parce qu'il parlait de moi comme d'une personne et non d'une affiche. Vous m'avez vue libre, indépendante des hommes — et c'est vrai que je l'ai toujours été, sans même y penser, par instinct plus que par théorie. Mais permettez-moi de vous dire une chose : cette liberté que vous célébriez, elle m'a coûté cher. Chaque photographe croyait qu'elle lui donnait le droit de me traquer jusque dans mon lit. On m'a prise pour un symbole quand je voulais seulement vivre. Vous, vous pensiez la liberté ; moi, je la subissais en pleine lumière.

Vous, vous pensiez la liberté ; moi, je la subissais en pleine lumière.

Vous parlez de symbole. Comment vit-on quand des millions de gens croient vous connaître à travers une image qui n'est pas vous ?

C'est une chose atroce, Simone, et je crois que vous êtes l'une des seules à pouvoir le comprendre. Les gens ne voyaient plus la femme, ils voyaient l'image — cette BB en majuscules qui souriait sur les murs du monde entier. Quand Andy Warhol m'a mise sur ses sérigraphies, en 1970, aux côtés de Marilyn et de Mao, j'aurais dû être flattée. Au lieu de cela, j'ai eu le sentiment qu'on m'épinglait comme un papillon mort. On multipliait mon visage à l'infini pendant que la vraie Brigitte disparaissait. J'ai fini par détester ce miroir déformant. C'est peut-être pour cela que j'ai fui : pour redevenir quelqu'un derrière le mythe.

On m'épinglait comme un papillon mort ; la vraie Brigitte disparaissait.

Nous sommes assises à La Madrague. Vous souvenez-vous du village que vous avez découvert ici, avant que tout ne change ?

Comme si c'était hier. Quand je suis arrivée en 1956 pour tourner Et Dieu... créa la femme, Saint-Tropez n'était qu'un petit port de pêcheurs endormi, avec ses filets qui séchaient au soleil et ses vieux qui jouaient à la pétanque sur la place. J'y ai été si heureuse que j'ai acheté cette maison deux ans plus tard. Et puis le film a explosé, et le monde entier a débarqué. Des milliers de gens venaient pour m'apercevoir, et le village que j'aimais est devenu une foire. J'ai le sentiment terrible d'avoir tué ce que j'adorais rien qu'en l'aimant trop. Aujourd'hui je me barricade derrière ces pins pour retrouver un peu du silence d'avant.

J'ai tué ce que j'adorais rien qu'en l'aimant trop.

Les photographes vous ont suivie jusqu'ici. Comment avez-vous supporté cette meute qui campait devant votre porte, année après année ?

Ces hommes-là, ces paparazzi, ils ont été le cauchemar de ma vie. Le mot venait à peine d'être inventé, et j'ai été l'une de leurs premières proies. Ils escaladaient mes murs, louaient des barques pour me photographier au réveil, guettaient le moindre moment de faiblesse. Vous imaginez, Simone, ce que c'est de ne jamais pouvoir pleurer sans qu'un objectif vous vole vos larmes ? La liberté dont vous parliez, ils me la confisquaient chaque jour. La Madrague est devenue une forteresse plutôt qu'un refuge. J'ai compris qu'être célèbre, ce n'était pas être aimée : c'était être dévorée par des gens qui ne vous connaissaient pas.

Être célèbre, ce n'était pas être aimée : c'était être dévorée.

Vous fûtes d'abord un sex-symbol. Or Godard et Autant-Lara vous ont dirigée. Vous êtes-vous sentie enfin prise au sérieux comme actrice ?

Cela m'a fait du bien, je l'avoue. Face à Jean Gabin dans En cas de malheur, en 1958, j'ai senti pour la première fois qu'on me regardait jouer et non seulement exister. Et puis il y a eu Le Mépris, avec Godard, d'après le roman de Moravia. La Nouvelle Vague cassait tout, ces jeunes gens filmaient à leur guise, sans respecter les règles — cela me ressemblait. Godard m'a offert un rôle grave, une femme qui cesse d'aimer, et j'ai touché quelque chose de vrai. Mais soyons honnêtes, Simone : le public voulait mes robes et mon corps, pas mes états d'âme. On ne m'a jamais tout à fait pardonné d'avoir voulu être autre chose qu'un joli objet.

On ne m'a jamais pardonné d'avoir voulu être autre chose qu'un joli objet.
Brigitte Bardot - 1962
Brigitte Bardot - 1962Wikimedia Commons, Public domain — MGM

Des millions de femmes vous ont copiée : le vichy, le chignon, les ballerines. Aviez-vous conscience de dicter ainsi la mode d'une époque ?

Pas le moins du monde ! Je m'habillais simplement parce que les corsets et les tailleurs stricts de l'après-guerre m'étouffaient. Je nouais une robe de vichy à carreaux, je laissais mon chignon se défaire au vent, je marchais pieds nus sur les galets — c'était ma manière d'être vivante, pas une stratégie. Et puis un beau matin, je me suis vue copiée dans tous les magazines du monde. Cette légèreté-là allait avec l'air du temps, les chansons yéyé, les décapotables, cette jeunesse qui voulait respirer après tant d'années grises. Je crois que les femmes ne copiaient pas mes vêtements : elles copiaient une envie de liberté. Le tissu n'était qu'un prétexte.

Les femmes ne copiaient pas mes vêtements : elles copiaient une envie de liberté.

Vous avez aussi chanté. Cette Madrague que vous fredonniez disait le bonheur simple au soleil — était-ce vraiment votre vie, ou déjà une nostalgie ?

Un peu des deux, sans doute. Quand j'ai enregistré La Madrague, en 1963, je chantais le lieu même où nous sommes, cette maison, ces oliviers, la mer qui recommence chaque matin. C'était mon bonheur réel — le soleil, mes bêtes, l'insouciance. Mais je crois que je chantais déjà pour me le rappeler, comme on garde une photographie de peur de perdre l'instant. Ma vie publique était un tourbillon, et cette chanson était une île où je me réfugiais en pensée. La musique, pour moi, n'a jamais été une carrière : c'était une respiration entre deux tempêtes. Aujourd'hui encore, quand je l'entends, j'ai la gorge serrée, car ce bonheur simple, il m'a fallu tout quitter pour le retrouver vraiment.

Cette chanson était une île où je me réfugiais en pensée.
Tradita - Brigitte Bardot
Tradita - Brigitte BardotWikimedia Commons, Public domain — Mario Bonnard

En 1973, à trente-neuf ans, vous avez tout abandonné. Qu'est-ce qui, chez ces bêtes, valait plus que la gloire du cinéma ?

Leur innocence, Simone. Les animaux ne mentent pas, ne trahissent pas, n'ont aucune ambition ; ils ne vous aiment pas pour votre nom ou votre visage. Après vingt ans passés sous les projecteurs, à être désirée par des inconnus et pillée par les photographes, cette droiture-là m'a bouleversée. J'ai regardé le monde du cinéma et je n'y ai vu que du mensonge, de la vanité, des sourires intéressés. Alors j'ai fermé la porte, sans regret, à l'âge où d'autres se battent pour rester en haut de l'affiche. Vous qui avez toujours défendu ceux qu'on n'écoute pas, vous me comprendrez : les bêtes n'ont pas de voix, et j'ai décidé de leur prêter la mienne. Ce fut la première décision vraiment libre de ma vie.

Les bêtes n'ont pas de voix, et j'ai décidé de leur prêter la mienne.

L'an dernier, vous êtes allée sur les glaces du Canada dénoncer le massacre des bébés phoques. D'où vous vient ce courage de militante ?

Du dégoût, tout simplement. Quand j'ai vu ces images de petits phoques blancs assommés sur la banquise pour leur fourrure, je n'ai pas pu me taire. En 1977, je suis partie là-bas, sur les glaces de Terre-Neuve, dans le froid, et je me suis couchée près d'un de ces bébés au regard immense. J'ai écrit au Premier ministre canadien que la France et le monde entier regardaient ce carnage. On m'a traitée de folle, de sentimentale, d'ancienne star en mal de publicité. Peu m'importe. J'avais passé ma vie à ce qu'on me regarde ; pour une fois, ce regard servait à quelque chose. Vous voyez, Simone, j'ai enfin trouvé une cause plus grande que moi — et c'est elle qui me tient debout.

J'avais passé ma vie à ce qu'on me regarde ; pour une fois, ce regard servait à quelque chose.

Vous et moi avons cherché, chacune à notre manière, à être libres. Regrettez-vous quoi que ce soit du chemin parcouru ?

Non, Simone, et cela vous surprendra peut-être. J'ai été blessée, trahie, dévorée par mon image — mais j'ai toujours refusé d'être ce qu'on voulait que je sois. Petite fille, on me destinait à la danse classique et aux salons bourgeois du seizième ; j'ai préféré la mer, le soleil et ma propre loi. On m'a voulue épouse docile, actrice éternelle, idole obéissante : j'ai chaque fois choisi de partir. Vous avez écrit vos livres ; moi je n'ai su écrire ma liberté qu'avec ma vie, en la vivant. Aujourd'hui, entourée de mes bêtes dans cette maison, je crois être enfin moi-même, sans caméra ni public. Et cela, voyez-vous, aucun rôle ne me l'aurait jamais donné.

Je n'ai su écrire ma liberté qu'avec ma vie, en la vivant.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Brigitte Bardot's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.